un roman

Discussion in 'Chapters' started by Sly, Jun 7, 2018.

  1. Sly

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    salut tous !

    il y en a ici qui aiment parler litterature (je ne retrouve pas le fil).
    a mon tour !

    jai lu recemment un roman qui je pense devrait toucher tout coureur pied nu
    il sagit de "l.homme qui parlait la langue des serpents" de l.Estonien Kivirhäk

    ca se passe en Estonie, a cette epoque ou les hommes commencent a quitter la foret et sorganiser en villages, a cultiver le ble pour manger le pain, et rever de civilisation, sous l.influence et l.evangelisation des moines et des chevaliers allemands.

    le heros du livre est l.un des derniers a parler la langue des serpents, il l.a recu de son oncle et de son grand-pere, guerrier increvable des temps anciens qui a encore des vrais crochets dans la bouche. la langue des serpents, cest celle qui permet de discuter avec l.animal le plus noble de la foret, mais aussi de commander a tous les animaux, ce qui rend la vie drolement facile quand il sagit de chasser le gibier ou traire les louves.

    le heros assiste impuissant a la lente et inexorable disparition de son monde, ses derniers amis de la foret partent petit a petit au village et il devient le dernier des hommes a maitriser un art ancien et majestueux, art devenu desormais inutile dans le monde moderne naissant...

    parler la langue des serpents, courir pieds nus, le parralele etait pour moi evident tout au long de la lecture (jouissive) du roman,

    jai adore !
    je recommande vivement !!!

    https://www.lemonde.fr/livres/article/2013/02/14/le-dernier-sifflement_1832309_3260.html
     
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  2. eric35

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    super, je commande le bouquin

    pour ceux qui ne connaissent pas, j'ai lu il y quelques temps "courir sur la faille" de Naomi Benaron (auteur qui est aussi triathlète), qui parle de la tragédie rwandaise des années 80-90 au travers des yeux d'un jeune tutsi qui pratique l'athlétisme; sympa et intéressant.
     
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  3. Gustaf

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    Merci pour ces partages qui ont l'air fort intéressant.

    En ce moment, je lis des grands classiques qui m'évade de notre vie de Papalagui, actuellement Robinson Crusoé ;-)
     
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  4. Florent85

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    Ca ne correspond pas tout à fait au titre de la discussion, mais ça me semble aller dans le même sens : en ce moment sur arte, ils diffusent quatre mini-épisodes de 7 min sur El Ouafi Bouguera, français d'origine algérienne qui remporta le marathon olympique de 1928 (au passage, on apprend que c'est lui le premier africain à avoir remporté l'or olympique, bien avant notre très cher Bikila qui gagna le marathon olympique, pieds nus en 1960, puis chaussé an 1964). En plus de l'intérêt sportif que je porte à cette histoire, j'aime beaucoup la didactique historique et sociologique dans ce genre de documentaire que propose arte : en partant d'une personnalité historique, d'une histoire vraie parfois méconnue ou peu partagée par le discours officiel de l'époque, on peut percevoir certaines choses du contexte historique et sociologique ; par exemple, avec l'excuse de ne pas dévoyer les valeurs olympiques par le professionnalisme sportif, les gens du Comité (et de la Fédération Française d'Athlétisme) ont snobé El Ouafi bien comme il faut ; parce qu'évidemment si seuls les amateurs sont acceptés aux JO, il parait évident que ceux qui n'ont pas à travailler pour vivre, c'est-à-dire les riches, ont plus de temps à consacrer pour l'entraînement :mad:. le lien : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-016873/el-ouafi-bouguera-le-marathonien-de-l-histoire/

    Dans la même veine, arte avait aussi fait un documentaire sur Primo Carnera, ce boxeur italien, d'origine très modeste, avec une naïveté dont de nombreuses personnes ont malheureusement profité tout au long de sa vie et de sa carrière, et en même temps avec un amour (je ne sais plus si ce terme était employé dans le documentaire mais c'est comme ça que je l'ai retenu) tellement pur que la rancoeur n'a jamais semblé l'avoir gagné (et ce n'est pas qu'il était bête, contrairement à ce que beaucoup croyaient, non il avait bien conscience d'avoir été floué à chaque fois). Je ne dis pas qu'il n'en a pas souffert (notamment il s'est laissé aller dans l'alcool à certains moments), mais selon le documentaire il a su in fine resté digne, comme s'il restait au-dessus de toute cette crasse humaine. Très touchant... malheureusement il n'est plus dispo sur le site d'arte...

    Vive El Ouafi, vive Primo, et vive Emil Zatopek et Alain Mimoun, cités dans le documentaire, et qui avait l'air, eux aussi d'être de très chic types... (pour Emil, c'est plutôt une confirmation, tant les quelques pages de Born to Run à son sujet sont élogieuses)
     
    #4 Florent85, Nov 10, 2018
    Last edited: Nov 17, 2018
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  5. Sly

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    salut tous,

    rien à voir,
    mais trouvé par hasard dans un livre pour les enfants sur l'enfance,
    une toute petite bio de Zola Budd

    SDC10611.JPG
     
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  6. c17

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    Hello !

    Je reviens avec une petite critique de trois bouquins, dans l'ordre dans lequel je les ai lus. Du coup plus c'est loin, moins mes souvenirs sont frais...

    Les deux premiers sont (encore) des bouquins d'alpinistes, mais le troisième devrait vous interesser un peu plus puisqu'il s'agit d'une biographie d'Emil Zátopek.

    Tant que j'y pense, le thread précédent parlant de littérature était ici. ;)

    ---

    [​IMG]

    "Beyond Limits: A Life Through Climbing" de Steve McClure (Vertebrate Publishing, 2014, relié, 288 pages)

    Il s'agit de la biographie de Steve McClure, un alpiniste anglais plutôt doué. Formé par ses parents au style "traditionnel", il se fera plutôt connaître pour ses ascensions de type "sportif" (certaines toujours non répétées à ce jour) même s'il continuera à pratiquer les deux disciplines.

    Comme attendu d'une biographie, vous y découvrirez donc sa vie, de ses débuts avec ses parents, sa découverte de l'alpinisme "sportif", ses premières couvertures de magazines, ses premières routes célèbres, mais aussi des moments de doute où il se cherche, ainsi que l'impact de se mettre en couple et de fonder une famille et comment le fait d'avoir des enfants influe sur sa vision des choses.

    L'activité se pratiquant principalement dans un cadre naturel, un regard est aussi porté sur l'évolution souvent négative que subissent certains lieux. Par exemple, au début du livre, l'auteur retrouve sa passion quelque peu perdue en Thaïlande, sur une falaise en bord de mer, sur une plage paradisiaque et inaccessible (traversée obligatoire d'une petite jungle pour y accéder), quasi exclusivement fréquentée par des alpinistes. Une décennie plus tard, le bétonnage intensif est passé par là et la jungle a disparu au profit d'hôtels.

    Encore une fois, on sent bien la difficulté extrême de l'alpinisme sportif, où des semaines voire des mois de travail sont nécessaires pour gravir des routes de parfois quelques mètres seulement.

    Le livre se lit très facilement, est très sympa et parfois vraiment amusant. En revanche, ce n'est pas le livre que je vous conseillerais si vous voulez commencer dans la littérature de montagne. Non pas qu'il soit mauvais, bien au contraire car c'est bien écrit, prenant, drôle, etc. Mais contrairement à pas mal d'autres bouquins, le narrateur utilise des termes techniques sans plus les détailler ("red pointing", "on sight"...) ainsi que des abréviations pour certains noms de lieux, bref, tout un ensemble de termes que j'étais content de déjà connaître.

    Avis perso : Très bon.

    ---

    [​IMG]

    "The Wild Within" de Simon Yates (Vertebrate Publishing, 2012, relié, 240 pages)

    Il s'agit du troisième livre de Simon Yates, un alpiniste britannique dont j'ai la première fois entendu parler dans "Touching the void" de Joe Simpson puisqu'il était le partenaire de ce dernier. J'avais beaucoup aimé son premier livre, "Against the Wall", qui racontait l'ascension de la "central tower of Paine" en Patagonie. Son second livre, "The Flame of Adventure", relatait diverses expéditions en Inde, au Pakistan, etc.

    Ce troisième livre raconte aussi plusieurs expéditions, en tant que guide ou en quête de nouvelles routes, et on y sent bien une passion pour les endroits isolés et sauvages, particulièrement pour la terre de feu où il revient fréquemment. Et effectivement, le simple fait d'aller jusqu'au pied d'une montagne dans la "cordillera Darwin" ressemble déjà à une sacré aventure ! Il faut d'abord aller jusqu'à Ushuaïa, trouver un yacht pour remonter le canal Beagle jusqu'à d'autres villages ou criques avec le passage de la frontière Argentine/Chili au milieu, parfois continuer à cheval, traverser des rivières et des glaciers... tout ça dans des environnements très isolés et parfois franchement hostiles, avec une météo souvent peu concilliante.

    Il est aussi question de rapports humains dans ce livre, que ce soit entre le narrateur et ses compagnons de cordée, sa famille ou les amis qu'il s'est fait dans les lieux les plus reculés. En parlant de famille, on y voit aussi comment le fait d'être en couple et surtout d'avoir des enfants change la vision de la vie. Interessant également de voir comment un montagnard à plein temps gagne sa vie, en étant guide et en faisait des lectures.

    Le narrateur constate aussi la disparition des endroits "isolés" du fait de l'avancée des moyens de communication. Ceci est bien sûr positif d'un côté, puisque des populations qui n'avaient auparavant pas accès au téléphone et encore moins à internet sont de plus en plus nombreuses à en bénéficier. Pratique également si jamais on doit faire appel à des secours, mais d'un autre côté on sent une certaine nostalgie de ce sentiment d'isolement, qui faisait partie de l'aventure.

    En conclusion, un livre qui se lit bien, dans la continuité des précédents. Néanmoins, je vous renvoie vers "Against the Wall" si vous n'avez rien lu de cet auteur.

    Avis perso : Pas mal, mais sans plus.

    ---

    [​IMG]

    "Today we die a little: The Rise and Fall of Emil Zátopek, Olympic Legend" de Richard Askwith (Yellow Jersey Press, 2017, broché, 474 pages (dont environ 80 de notes et références diverses à la fin))

    C'est un bon livre, lisez le ! :)
    Bon, d'accord, je vais quand même essayer de développer un peu plus.


    Comme je suis un ignare, j'avais déjà entendu le nom "Zátopek" mais j'avoue que ça ne me parlait pas plus que ça. Mon papa, évidemment plus agé, a tout de suite réagi quand il a vu la couverture : "Zátopek, quand il a gagné en 52, ça a été quelque chose !". Et effectivement, à la lecture du livre, ça a du être quelque chose.

    En gros, le livre est séparé en deux parties. Dans la première partie, on voit la phase ascendante de la carrière d'Emil (the rise) avec son apogée : le triplé d'Helsinki en 1952 avec l'or olympique sur 5.000, 10.000 et le marathon. Incroyable, d'autant plus qu'il d'agissait de son premier marathon !

    Dans la seconde partie, plus sombre, vous aurez compris qu'il est plutôt question de la chute d'Emil (the fall). Il n'est pas simplement question du niveau sportif, car bien entendu tout champion finit par décliner à un moment ou un autre, mais aussi de disgrace politique. Car le régime alors en place s'est acharné sur Emil autant que possible, en étant tout de même obligé de composer avec son statut de star internationale.


    Richard Askwith a à l'évidence fait énormément de recherches pour écrire son livre. Il a rencontré Dana, la veuve d'Emil, ainsi que beaucoup d'autres gens (athlètes, mais pas seulement) ayant cotoyé Emil de son vivant, de toutes nationalités. Il a epluché les archives restantes (une partie a été détruite) des services secrets de l'époque, le StB, visionné des films d'archive, lu des journaux d'époque, etc...

    Il ne tente pas de passer à côté des accusations post-mortem lancées sur Emil et explore aussi la crédibilité de celles-ci : Emil aurait-il été un espion du StB par exemple ? On trouve des mentions d'Emil dans les archives du StB, mais sous le régime en place tout le monde était surveillé, ce n'est donc pas étonnant. D'autant plus qu'Emil était soumis à un debrief auprès du StB après chaque participation à un meeting hors du pays.

    De même, il y a aussi la question d'écrits discutables signés de la main d'Emil. Mais là aussi, certaines sources disent qu'il signait parfois des feuilles blanches et que le contenu était écrit plus tard, par l'organe chargé de la propagande. Et Emil était un ambassadeur de choix pour la propagande ! Bref, difficile de déméler le vrai du faux après plusieurs décennies, d'autant plus que certaines archives ont été détruites.

    Une chose est cependant certaine : les amis qu'Emil s'était fait parmi les sportifs du monde entier lui sont toujours restés fidèles.


    Emil croyait au communisme, mais au communisme "idéal", celui qui dit que si tout le monde y met du sien il n'y aura pas de misère, pas au totalitarisme qu'il devient systématiquement. Ceci est replacé dans le contexte : Emil a vécu une partie de sa jeunesse sous l'occupation du troisième Reich qui considérait les Tchécoslovaques comme rien de plus que de la main d'oeuvre pour les usines allemandes. Puis le pays a été libéré par l'armée rouge.

    Malheureusement, c'est un régime assez peu sympathique qui se mettra ensuite en place. Le peuple percevra une lueur d'espoir lors du "printemps de Prague" en 1968, lueur d'espoir qui sera écrasée par l'invasion du pays par les troupes du pacte de Varsovie fin août 1968, commanditée par Moscou qui voyait tout ceci d'un très mauvais oeil, puis la mise en place progressive d'un régime encore pire que le précédent, avec un parti unique et une répression terrible.

    Emil prendra activement part à la contestation contre l'invasion de 1968 et se fera remarquer en ne prenant sa carte du parti communiste que très tard (probablement contraint et forcé), ce qui était du jamais vu pour un officier de l'armée (les officiers non membres étaient progressivement évincés et remplacés par de bons communistes).

    Après 68, il finira par être exclu de l'armée. Tous les contestataires de 68 verront au mieux leur vie transformée en enfer, au pire finiront en camp de travail (il est question de mines d'uranium, mais je ne me souviens plus si elles avaient déjà été arrêtées en 1968), certains ont même simplement "disparu". Isolé au niveau social (il ne faisait pas bon être vu auprès d'un contestataire), dans la quasi impossibilité de retrouver du travail (le régime exerçait des pressions sur de potentiels employeurs), Emil finira par retrouver un petit travail à forer des puits d'eau, exilé dans une partie désolée et très peu peuplée du pays, loin de sa compagne. Après des années de ce traitement, il finira par signer une renonciation officielle, à la grande joie du parti. Mais on sait que ce genre de régime totalitaire arrive généralement toujours à obtenir ce qu'il veut...


    Au niveau sportif, Emil tenta des expérimentations de tout type (@Florent85 : ;)). Comme tout le monde le sait (sauf moi !), Emil est considéré comme le père du fractionné "moderne". Le fractionné existait auparavant mais avec des temps de récupération très longs, où on attendait que le coeur revienne au repos. Emil, lui, tout seul, décida de courir le plus vite possible sur une distance fixe (souvent 400 mètres) et de ne se reposer que sur 100 ou 150 mètres, et de répéter ce pattern. Soit un exercice assez proche du fractionné qu'on connait aujourd'hui et qui donna des résultats extraordinaires. Il courait par ailleurs tous les jours, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige et parfois dans ses bottes de l'armée.

    Il tenta aussi beaucoup d'autres choses, au niveau alimentaire avec ce qu'il pouvait (il y avait un rationnement), de se réhydrater avec de la bière, de courir sans respirer, de courir en portant du poids, etc... Evidemment, certaines choses ne fonctionnèrent pas, mais tout était bon a essayer pour arriver à son but : aller plus vite ! (Son slogan était quelque chose comme "Si tu ne peux pas tenir le rythme, accélère !"). Il n'avait aucun secret sur ses méthodes d'entrainement, il les détaillait à qui voulait les entendre, athlètes (rivaux ou non), journalistes ou amateurs.

    Il obtiendra un palmarès plus qu'impressionnant : 18 records du monde, 4 médailles d'or olympiques, le premier homme sous 29 minutes sur 10.000 mètres, le record de la distance sur une heure (plus de 20 kms), 15 titres de champion de Tchécoslovaquie, etc...

    (Note perso : Il n'est pas question de technique dans le livre mais à l'époque les chaussures "maximalistes" n'existaient pas. On imagine donc qu'il courait "minimaliste" !)


    Et puis il y a le côté humain. On découvre un personnage extrêmement généreux et qui le restera même dans ses années de disgrace, qui parlait avec une certaine aisance neuf langues (apprises grace à de simples dictionnaires !), qui discutait dès que possible avec tout le monde, y compris ses rivaux, et ce même en course ! Il liera d'ailleurs un grand nombre d'amitiés qui resisteront aux années et au rideau de fer. Générosité aussi avec ses voisins, et globalement avec tous ceux qui l'approchaient. Vous découvrirez également sa vie sentimentale, sa rencontre avec Dana, leurs joies, mais aussi leur tristesse de ne pas pouvoir avoir d'enfants.


    En conclusion, le livre se lit vraiment facilement, un peu à la "Born to Run", même si le sujet est plus grave dans la seconde partie du livre. Je ne saurai que trop vous le conseiller. J'avais acheté un autre livre de Richard Askwith en même temps, un peu à l'aveugle, en me basant sur les critiques vues sur Amazon (très bonnes) et un prix assez modeste, j'avoue que j'ai hâte de le commencer !

    Avis perso : Très très bon. Un must read !

    Clément
     
    #6 c17, Jan 19, 2019
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    Merci beaucoup C17, ça donne envie :)

    du coup je ne peux m'empêcher d'évoquer Les Conquérants de l'Inutile, autobiographie de l'alpiniste Lionel Terray. Je n'ai lu que la première partie, qui raconte ses expéditions alpines dans les années 30 et 40. Très bon, très bien écrit, profond, humain, sincère.

    Et ce qui se vit dans ces expéditions où l'exploit sportif et la vulnérabilité se côtoient sans cesse, c'est pas rien...

    J'ai adoré, et vais sûrement lire prochainement la 2ème partie...

    3 citations trouvées sur le net :

    Juste avant d'entamer l'ascension de la face Nord de l'Eiger (qui avait une terrible réputation à l'époque - Terray et Lachenal tentait là la 2ème ascencion de l'Eiger, alors que la paroi comptait déjà de nombreux décès d'alpinistes pendant leur tentative d'ascension) :
    Face à nous, toute proche, la muraille nord de l'Eiger se dressait, sombre, farouche et majestueuse.
    L'ayant admirée tant de fois en photographie, je pensais qu'elle me semblerait familière. Pourtant je la reconnus à peine tant elle m'apparut plus formidable que je ne l'avais imaginée. Un instant, je sentis ma gorge se serrer. Scrutant avec passion ses parois gigantesques, nous échangeâmes nos impressions. Je ne sus que murmurer bêtement : "D'ici, cela semble impossible. Il faudra aller voir de plus près." Lachenal, qui avait déjà aperçu l'Eigerwand en hiver, semblait désagréablement impressionné par l'aspect lisse et dolomitique qu'il avait revêtu avec l'été. En se grattant le menton, dans un geste qu'il affectionnait, il gémissait d'une manière comique : "Méchant, méchant ! Ça a l'air lisse comme mes fesses ! Si ma mère voyait ça !"


    Une fois au sommet :
    Brusquement, nous débouchons sur l'arête de Mittelegi que le brouillard nous cachait. Cette fois-ci c'est vrai : nous avons vaincu l'Eigerwand.
    Nulle émotion violente ne m'étreint : ni l'orgueil d'avoir réalisé un exploit envié, ni la joie d'achever une tâche difficile. Sur cette arête perdue dans le brouillard, je ne suis plus qu'une bête fatiguée que la faim tenaille. J'éprouve seulement la satisfaction animale de sentir que je viens de "sauver ma peau".

    De fait, la descente fut aussi assez aventureuse...:matey:

    J'aime bien celle-ci aussi :
    Entre mes jambes j'aperçois le visage sévère de Gaston [Rébuffat] rendu presque pathétique par une intense concentration. Comme cela est étrange ! Nous sommes là suspendus entre ciel et terre sur deux pointes de crampons, la moindre faute de mon compagnon me précipiterait dans la mort ; pourtant je redoute plus ma maladresse que la sienne. C'est beau la confiance !...

    Ca donne envie non ?? ;)



     
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    "Les conquérants de l'inutile", ça fait un moment que je lorgne dessus et que je n'en entends que du bien. Ben voilà, à cause de toi Florent, maintenant je l'ai acheté ! ;)
     
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    Hello !

    Je viens de découvrir un site sur lequel un gars a écrit presque un livre, et qui semble plutôt intéressant. Le gars en question s'appelait Didier Rousset, et est décédé il y a quelques années. C'était apparement un sacré coureur et il a aussi été entraineur.

    Je n'ai pas encore tout lu en détail, mais je pense que sa philosophie de la CAP devrait vous parler. Il donne plein de conseils, d'avis, d'anecdotes, mais aussi des plans d'entrainement, etc...

    Quand au niveau du bonhomme, pour vous donner juste une valeur (il y a un aperçu de sa carrière sportive au tout début) c'est quelqu'un qui est passé sous 30 minutes au 10 kms ! :eek:

    Comme je le disais, je n'ai pas tout lu en détail (copié/collé sur un traitement de texte, il y a 270 pages), mais ça semble intéressant. Et sur le forum dont j'ai entendu parler du site, il ne tarissaient pas d'éloges. (Mon côté maître Capelo vous signale qu'il y a quelques fautes d'orthographe, mais ça n'enlève rien au texte. Par contre, certains scans sont vraiment en basse résolution, et j'ai bien peur que certains tableaux soient illisibles).

    Bref, je vous laisse jeter un oeil, ça se passe ici : http://courirautroman.unblog.fr/

    (Si ça se trouve je débarque et tout le monde connaît déjà. Ca aussi c'est possible ! :D)

    Clément
     
  10. Christian Barefooteur

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    Merci Clément !

    Me dit rien, ça mérite le détour, c'est sur...

    C
     
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  11. petit-pied

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    Hello !

    Je relance le thread avec une petite review d'un bouquin fraîchement terminé.

    [​IMG]

    "The Impossible Hero: A Biography of Gordon 'Puff Puff' Pirie" de Dick Booth (première publication en 1999 chez Corsica Press, 2015 pour ma version chez Amazon (???), Relié, 337 pages)

    Tout est dans le titre, il s'agit de la biographie de Gordon Pirie, grand champion Anglais des années 1950~60, contemporain d'Emil Zátopek et de Vladimir Kuts pour ne citer qu'eux.

    Contrairement à "Running Fast and Injury Free" (gratuit et disponible uniquement en téléchargement, pour ceux qui ne l'auraient pas encore) qui parle exclusivement de technique, cette biographie n'en parle absolument pas. Mais pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la vie de ce champion, c'est un complément parfait.

    Au niveau sportif, biographie oblige, le livre couvre l'intégralité de la carrière de Gordon Pirie, de ses débuts en cross country, ses runs dans les "farthing downs" près de chez lui à Coulsdon, son inscription au club des South London Harriers (SLH) et vous découvrirez au passage l'importance des clubs d'athlétisme anglais de l'époque, ses premières courses, sa carrière olympique, ses contre performances également, jusqu'à sa toute dernière course officielle, en relais. Tout ça est bien détaillé, mais je vais plutôt vous parler du reste.

    On découvre donc un Gordon Pirie très décidé, et parfois même trop. Il ne faisait jamais de concessions, au point que c'est ce qui lui coûtera son premier mariage. D'un autre côté, beaucoup de gens l'ayant cotoyé gardent un bon souvenir de lui.

    Gordon Pirie fut l'un des premiers à vouloir faire évoluer le sport "soit-disant" amateur où l'on ne pouvait pas accepter d'argent officiellement (y compris les prix en cas de victoire !), où les athlètes devaient s'entraîner et travailler pour gagner leur vie, vers un côté plus professionnel. Les autorités Anglaises étaient très à cheval la dessus, même s'il y avait des combines connues de tous. Gordon Pirie dénoncera ce système dans la presse et dans son premier livre "Running Wild", ce qui ne sera évidemment pas du goût de tout le monde.

    Après sa carrière de coureur, il se lança dans une carrière de coach et il entraînera plusieurs athlètes de niveau international (Anne Audain, Debbie Elsmore). Bien qu'obtenant certains résultats, il lui sera souvent reproché d'être très dur et inflexible. En revanche il animait aussi des groupes de course à pied auxquels tout le monde était bienvenu, débutants compris, et dont les coureurs y ayant pris part ont tous un bon souvenir.

    En parallèle il s'impliquera un temps dans les courses d'orientation et écrivit même un livre à ce sujet : "The Challenge of Orienteering". C'est d'ailleurs lui qui introduira le sport en Nouvelle-Zélande, où on lui demandera de monter une équipe pour une compétition en Australie.

    Gordon Pirie fut aussi un pionnier dans le domaine de la nutrition, il s'intéressera beaucoup aux valeurs nutritionnelles des aliments, aux super aliments (il présentera la spiruline à beaucoup de gens), et il fera pousser de l'herbe de blé (wheatgrass) partout où il séjournera. A voir son régime (basé sur du végétal, complémenté par des vitamines et des minéraux), il était plus ou moins vegan. Avant l'heure donc.

    Le livre aborde aussi d'autres facettes de la vie de Gordon Pirie, comme par exemple son installation pour plusieurs années en Nouvelle-Zélande ou les différents emplois qu'il exercera au cours de sa vie. Les derniers chapitres ne sont pas vraiment gais, Gordon Pirie mourra d'un cancer rare assez jeune (60 ans), et assez isolé.

    Pour nous autres pieds-nudistes, deux passages à noter : le premier où lors d'une course de cross country, Gordon perdra une de ses chaussures dans la boue. Plutôt que de la chercher, il retirera l'autre et finira pieds-nus. L'autre passage, en tant que coach à Davos lorsque son contrat ne sera pas renouvelé, un des griefs qui lui sera reproché sera que le centre de remise en forme était en partie financé par Adidas et que lui conseillait aux gens de courir pieds-nus. (On connaît son avis sur les chaussures "modernes", voir "Running Fast and Injury Free").

    Parlons maintenant de ce qui fâche, les fautes de typographie dans la bouquin. J'ai bien cherché, mais il n'y a aucune "marque" de presse nulle part, ni sur la couverture, ni dedans, juste un étrange "Printed in Great Britain by Amazon" sur la dernière page. Il y a dans ce livre un nombre incalculable de fautes de typographie : Des paragraphes mal coupés, parfois la première lettre d'un paragraphe qui manque, parfois des interlignes plus grands que d'autres dans un même paragraphe, des ponctuations mal placées, etc. La palme revenant pour ma part à une note en bas de page (la n°29) coupée en plein milieu d'une phrase sans que la fin n'apparaisse nulle part ! Sinon il y a beaucoup de photographies et d'illustrations, toutes en noir et blanc. La qualité des photos est plutôt honnête, celle des illustrations parfois moins.

    Pour conclure, même si l'impression pourrait être meilleure, nous avons là un bouquin incontournable pour ceux qui voudraient en savoir plus sur Gordon Pirie. Le livre se lit facilement, le style n'est pas lourd et l'auteur s'est clairement bien renseigné (il a interviewé pas mal de monde). En ce qui me concerne ce n'est clairement pas un achat que je regrette.

    Bonnes lectures à tous ! ;)
    Clément
     
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  13. Sly

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    Super, j'avais adoré le style de "running fast and injury free", on sentait bien qu'il y avait un type fascinant derrière
     
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  14. Sly

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  15. Hora

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    enjoy :)
     
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  16. Sly

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    donc, on apprend hier que Reagan en plaisantant avec Nixon en 1971 lui dit :
    "voir ces singes des pays africains… Maudits soient-ils, ils ne sont toujours pas à l’aise dans des chaussures !"

    encore une fois, la chaussure moderne, civilisée, et le pied nu sauvage, animal, attardé...

    l'occasion de relire ce chouette papier par Tim Ingold (en anglais, désolé) :
    https://www.nyu.edu/classes/bkg/tourist/feet.pdf
    "Le développement de la chaussure ne pourrait-il pas être compris, toujours dans une certaine mesure, comme une tentative de traduire la supposée supériorité des mains sur les pieds, qui correspondent respectivement à l’intelligence et à l’instinct, ou encore à la raison et à la nature, en une réalité de tous les jours. »

    et ces quelques mots de Ivan Illich dans son livre Énergie et Équité (gratuit sur internet) :
    "Dans toute l'Amérique latine, les chaussures sont rares et bien des gens n'en portent jamais. Ils marchent pieds nus ou mettent d'excellentes sandales fabriquées par les artisans les plus divers. Jamais le manque de chaussures n'a limité leur transit. Mais dans de nombreux pays sud-américains, les gens sont forcés de se chausser, dès lors que le libre accès à l'école, au travail et aux services publics est interdit aux va-nu-pieds. Les professeurs et les fonctionnaires du Parti interprètent l'absence de chaussures comme la marque d'une indifférence à l'égard du « progrès ». Sans que les promoteurs du développement national conspirent avec les industriels de la chaussure, un accord implicite bannit dans ces pays tout va-nu-pieds hors des services importants."

    ou encore ces quelques mots du livre Femmes qui courent avec les loups :
    une femme tribale un jour m'a dit qu'elle avait chaussé sa première paire de chaussure à l'age de 20 ans, et qu'elle n'était toujours pas habituée à marcher "con los ojos vendados", avec les "yeux bandés".
     
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  17. Gustaf

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    Merci pour ces belles citations ;)
     
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  18. c17

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    Hello !

    De nouveau un livre fraîchement terminé ! ;)

    [​IMG]

    "NORTH" de Scott et Jenny Jurek (arrow books, 2019, broché, 292 pages)

    Dans ce livre, on trouve un Scott Jurek dont la carrière en course est plus ou moins terminée, et qui se retrouve un peu sans but. Il décide donc de se lancer un dernier défi, battre le record de vitesse (le FKT, Fastest Known Time) de l'Appalachian Trail.

    Un mot sur l'Appalachian Trail : Il s'agit d'une piste de 2200 miles (3500 kms) qui traverse l'Est des Etats Unis du nord au sud. Au sud, la piste s'arrête sur la Springer Mountain en Georgie, au Nord, sur le mont Katahdin dans le Maine.

    Scott et Jenny Jurek préparent donc une expédition. Scott courra, Jenny conduira leur van et ira à sa rencontre aux endroits où la piste passe près de la route. Ils pensaient vivre une aventure à deux mais plein d'autres personnages viendront se greffer à l'épopée. De simples inconnus souhaitant courir quelques miles avec Scott, se faire dédicacer un livre ou prendre un selfie, aux amis qui passeront pour certains plusieurs semaines avec eux, notamment David "Horty" Horton, ex-détenteur du FKT, et Karl "Speedgoat" Meltzer, qui avait fait plusieurs essais (et deviendra détenteur du FKT un an plus tard).

    Initialement, Scott Jurek avait prévu de courir une cinquantaine de miles par jour. Tout ne se passera pas aussi bien, puisque Scott Jurek se blessera au bout de quelques jours, au genou sur une jambe, au quadriceps sur l'autre jambe. Le programme était aussi bien trop optimiste car comme le leur diront leurs amis Horty et Speedgoat, il est humainement impossible de couvrir 50 miles par jour sur certaines sections.

    De son côté, Jenny Jurek rencontrera aussi son lot de problèmes, entre routes compliquées à trouver, intendance, préparatifs pour Scott, personnages inquiétants sur les parkings, etc. La tâche se révelera bien plus exténuante qu'elle ne l'avait imaginée. Mais elle aussi recevra de l'aide extérieure au cours de la remontée vers le nord.

    C'est donc une sacrée aventure humaine qui nous est présentée là. Le livre est bien écrit et facile à lire, comme l'était "Eat & Run". Comme disent les anglais, "it's a real page-turner!". On alterne les passages écrits par Scott et ceux écrits par Jenny, on a donc la vue du coureur et la vue de l'equipe en support. Bref, si vous avez apprécié "Eat & Run", foncez !

    Par contre, je le signale à ceux qui comme moi ont la vue qui commence à baisser, c'est écrit en tout petit ! :oops:

    Clément
     
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  19. Gustaf

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    Merci pour ce résumé qui donne envie. En plus j'ai vu qu'il était dispo en français, je crois que je vais me laisser tenter.
     
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  20. c17

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    Hello !

    Je reprends la main pour un nouveau livre super sympa :

    [​IMG]

    "Running with the Kenyans" d'Adharanand Finn (Faber and Faber, 2012, broché, 301 pages)

    J'ai acheté ce livre "pour voir", suite à une recommandation du genre "vous avez aimé ce livre, vous aimerez aussi celui là", et que les commentaires sur le dit livre étaient élogieux. Je suis vraiment bien tombé.

    D'abord, je m'interrogeais sur l'auteur, avec son prénom assez peu commun. Je pensais qu'il devait être indien ou quelque chose dans le genre, mais pas du tout. L'auteur est un Anglais, et il est blanc (comme aurait dit Coluche, le mec normal quoi ! :D). L'origine de son prénom est expliquée dans le bouquin, c'est assez amusant et je vous laisse le découvrir. Et je précise qu'il est blanc car pour l'expérience entreprise, c'est important.

    Un mot sur le contexte : en 2011, on assiste à une domination Kenyanne sur à peu près toutes les courses "longues distances" du monde, hommes et femmes. Ce n'est pas inhabituel, car depuis la fin des années 80 les Kenyans ont remporté plus de 70% des podiums mondiaux. La majorité de ces athlètes Kenyans appartiennent à l'ethnie des Kalenjins, et les kalenjins représentent à peine 0,06% de la population mondiale. Soit une sacrée présence au niveau mondial !

    Donc Finn est Anglais, marié à une Kenyanne, mais une Kenyanne qui ne court pas. Sa femme a encore une partie de sa famille au Kenya. L'auteur est journaliste (ça vous rappelle un autre bouquin connu ? :p), et dans le but de découvrir et d'écrire un article sur les secrets des coureurs Kenyans, il décide de partir passer 6 mois avec femme et enfants au Kenya, dans la Rift Valley, la contrée la plus reconnue pour produire des champions, dans la petite ville d'Iten, "Home of the Champions".

    Je vous parlais d'un autre bouquin connu, car quelques semaines avant de partir, Finn découvre "Born to Run". Convaincu par le bouquin autant que par sa rencontre avec l'un des spécialistes cités dans le livre, il attaquera immédiatement une transition vers une foulée médio-pied. (Il vise de courir en minimalistes ("racing flats"), pas pieds-nus).

    Arrivé sur place, il se mèlera aux entrainements des locaux, passera quelques temps dans les "centres de formation", rencontrera des dizaines d'athlètes tous plus impressionnants les uns que les autres, champions Olympiques, du monde, recordmen sur toutes distances, etc... Il montera une équipe locale afin de participer au marathon de Lewa (regardez les images sur google images !), qui sera le point d'orgue de son voyage. Et je précisais au début qu'il était blanc parce que sur place, les "mzungus" ne sont pas monnaie courante et qu'il passe rarement inaperçu.

    Tout au long du livre, on apprend beaucoup de choses sur la vie des Kenyans en général, la vie simple et modeste des athlètes, comment ils s'entrainent, leurs motivations, etc. Il est aussi frappant de voir l'humilité des coureurs Kenyans même quand ils ont déjà un palmarès incroyable. Anecdote amusante pour nous autres barefooters, l'auteur remarque quand il assiste à des courses de juniors que les plus rapides sont pieds-nus. Et que plus ils ont des chaussures modernes, plus il finissent derrière, et ce systématiquement. Ironie du sort, le prix pour le gagnant est souvent une paire de runnings...

    Le livre est peut-être un peu moins exotique que "Born to Run". Ici, pas d'excursion rocambolesque au péril de sa vie à travers les territoires de trafiquants de drogue, par exemple. Pour autant, on n'a pas affaire à un livre ennuyeux, loin s'en faut ! RWTK est un livre très prenant dans lequel on retrouve un style d'écriture anglo-saxon vraiment facile à lire et qu'on a du mal à poser. Et encore une fois, c'est une lecture que je ne peux que vous recommander.

    Un regret, il n'y a pas de photos dans le livre. Et pour le coup, là, j'aurais bien aimé en avoir. (Du coup je suis allé voir Iten en street view ! :p (je vous préviens, la google car n'est passée que dans une rue)).

    Bonnes lectures ! ;)
    Clément
     
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