Coup de cœur, coup de sang périple à pieds + stop, en huaraches

Discussion in 'Chapters' started by Florent85, Nov 4, 2016.

  1. Florent85

    Florent85 Barefooters

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    Avec beaucoup de retard, merci Sly pour ce partage particulièrement sincère, bravo pour l'aventure.

    Et un certain Florian s'est lancé dans une bien belle aventure lui aussi : gagner la Mer Noire pieds nus, sans aucune réserve de nourriture et sans argent, avec même le vêtement qui va bien. Parti le 11 juin de Gibles (quarante km à l'ouest de Macon), il fait 45km/jour en moyenne et ne doit pas être loin d'avoir traversé l'Allemagne aujourd'hui. Impressionnant ! Chapeau Florian.


    https://floriangomet.com/jour-13-a-22-de-mulhouse-a-ulm/

    ...et évidemment ça donne des idées, même si je cours très peu en ce moment.

    Edit : oups j'ai posté à la va-vite sans voir que Rémi avait parlé de la même chose sur le fil "les sorties du jour".

    Bien à vous.
    Florent
     
    #61 Florent85, Jul 9, 2020
    Last edited: Jul 12, 2020
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  2. Sly

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    génial, impressionnant et passionnant à plein de niveaux, merci pour le partage
     
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  3. Florent85

    Florent85 Barefooters

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    Oui Sly, tu as raison de le mentionner : la démarche de Florian est particulièrement globale, et dépasse la simple aventure auto-centré que mon précédent message pouvait laisser supposer.

    Et toi ? tu as fini d'atterrir après ton périple, pas trop dur les mois qui on suivi ?? Pas de frustration à devoir à nouveau subir les mécanismes vicieux de la sédentarité ? ;-)

    Bien à toi en tous cas.
     
  4. Sly

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    jusqu'ici tout va bien, je n'ai pas encore repris un "vrai boulot" et je freine des deux pieds,

    je retape la baraque de mon amie, je fais la traduction d'un super bouquin, devrais faire les vendanges bientôt, me déplace beaucoup à vélo (mais devrais être propriétaire d'une voiture avant la fin de l'été malheureusement...)

    et essaye tant bien que mal de trouver un équilibre entre yoga et course à pied, deux pratiques pas facilement conciliables pour peu qu'on essaye de mettre le paquet (j'ai un corps encore drôlement raide et je veux vraiment retrouver de l'aisance dans certaines postures normalement triviales)
     
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  5. Florent85

    Florent85 Barefooters

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    Coucou les amis.

    Cet été j'ai fait quelques mini-périples itinérants, et comme dit ça et là j'avais envie d'expérimenter une "alimentation minimaliste". J'avais sur moi de quoi faire de l'iskiate (citron, miel, chia), je profitai des fois où la nature me proposait des fruits mures, mais rien d'autres sinon.
    A l'inverse comme j'ai troqué le hamac pour le matelas de sol (celui dont je vous avais parlé en conclusion du dernier périple https://www.conditionsextremes.com/..._qKDZ4DU9CqSVNRDNNoQe05Qp8GP6QOxoC1ZIQAvD_BwE ; je l'ai finalement acheté, ce sera l'occasion de le tester en situation réel), j'ai souhaité que les nuits soient + confortables (niveau ergonomie et température).
    J'étais chaussé en sandales (huaraches en kit) et parfois pieds nus.

    Le 1er périple devait me mener depuis mon petit village de Trosly-Breuil jusqu'à Nemours où le GR13 croise l'autoroute A6, avec accès à une aire de service, me permettant de facilement continuer la route vers le sud en stop.

    L'itinéraire est + ou - celui que j'avais emprunté sur mes 2 autres périples partagé sur ce fil, je prévoyais de le faire en 4 jours (sur le périple précédent, j'étais allé jusqu'à Fontainebleau en 4 jours, et Nemours est 20km +loin)

    Voilà le tracé de ce 1er périple :
    https://ignrando.fr/fr/parcours/fiche/details/id/1100286

    Périple 1, jour 1 :
    Je pars avec ce qu'il me reste de périssable chez moi, 1 demi-radis, 1 betterave, 3 pommes, et me voilà parti... à 13h30 oui je sais c'est la lose [​IMG]
    Comme la dernière fois, je comptais sur mon lavoir à la sortie de Senlis pour bivouaquer la 1ère nuit, je me suis mis en mode veille, et me voilà sur les chemins, sans forcer, mais sans trainer non plus (et oui il faut que j'assume mon retard ; maintenant que vous savez que je pratique le plogging, je me souviens l'avoir fait en ce 1er jour mais sans trop de zèle non plus pour ne pas trop perdre de temps, ce sera ainsi sur la suite de mon périple également). ça va j'arrive sans trop de mal à Senlis (50km pour cette 1ère (demi-)journée, peu de temps avant la nuit tombée et j'y retrouve mon lavoir (toujours en mauvais état : je préfère me coucher sous les saules pleureurs juste à côté) je suis un peu dérangé en début de nuit par 3 jeunes qui évoquent leur prochaine rentrée étudiante.

    Jour 2 :
    Je repars le lendemain, je connais assez bien l'itinéraire maintenant, c'est quand même confortable, si bien qu'arrivé à Monthyon (où j'avais bivouaqué lamentablement la dernière fois), il n'est encore que l'après-midi, je m'y ravitaille en eau, et en repartant je me souviens de mon lieu de bivouac, les quelques arbres qui s'y trouvaient (alors bien utiles pour mon hamac) faisaient penser à un verger (cette fois-ci bien utiles pour m'alimenter). J'y vais voir : Bingo, plein de fruits et surtout des reines-claudes chauffées au soleil, ce fut exquis [​IMG]. Je ne m'attarde pas, et continue ma route jusqu'à Meaux où je pensais éventuellement bivouaquer, mais là encore le jour ne tombe pas encore ; cependant comme la fatigue est là je cours pas bien vite pour rejoindre mon 2ème lieu de bivouac : Bouleurs (64km pour aujourd'hui : et oui ça m'a impressionné aussi, mais c'est bien ça :cool:).

    Jour 3 :
    Bivouac tranquille, je repars le lendemain, et comme la veille j'avance vite si bien qu'arrivé à la forêt de Crécy, je décide de ne pas faire le stop au rond-point comme les 2 derniers périples mais de poursuivre sur le GR1 malgré ses détours et ma méconnaissance de l'itinéraire. Je me sens bien, j'en profite, à un moment je me mets même pieds nus (parce que le revêtement herbeux m'y encourage mais aussi je crois parce que le laçage de mes sandales me fait un peu mal) ; je me souviens me mettre en garde intérieurement : "Florent tu cours bien vite pour du pied nu, alors que tu ne vois pas où tu mets les pieds (herbe oblige), tu risques la blessure". On a beau se le dire, rien n'y fait, et 2 minutes + tard voilà mon pied gauche qui frotte sacrément sur une tuile cassé, je suis bien écorché, et merde ! Je remets les sandales pour limiter le frottement et l'intrusion de saleté dans la plaie. j'arrive au village de Marles-en-Brie, et je profite du cimetière pour soigner ma plaie et me poser un peu sous la chaleur qui devient gênante. dur, dur, physiquement et moralement [​IMG] et je dois prendre la décision, elle aussi douloureuse, d'aller jusqu'à Melun en stop pour ne pas tenter le diable (ma blessure me gêne suffisamment pour que je change mes plans : si je fais du stop pour regagner Melun, il est envisageable pour moi de gagner Nemours en 3 jours, au lieu des 4 prévus initialement, et ça me parait sage). Tant bien que mal j'y parviens, et après avoir traverser Melun, je retrouve le GR 2, puis quittant Bois-le-Roi je gagne Fontainebleau efficacement, en me laissant guider par 2 sympathiques promeneuses sur le dernier km avant la ville. Je retrouve le resto buffet asiatique bien sympa aussi ; et oui pour me féliciter de mon aventure qui s'apprête à se terminer avec succès (et oui malgré ma blessure au pied, je considère que j'ai su la gérer et être efficace sur la globalité du parcours), je m'autorise à manger autre chose que du sauvage. Bon je trouve la cuisine bien grasse (c'est sûr que comparé aux quelques fruits que je cueillais jusque-là...), mais ça va le mode buffet me permet de finir par des rouleaux de printemps plus équilibrant. Je repars en courant avec pour objectif de joindre Grez-sur-Loing afin de profiter de la rivière pour y faire un semblant de toilette, notamment pour soigner ma blessure (et puis je serai alors à - de 10km de mon objectif final pour ce périple). Tant bien que mal, j'y parviens, à la nuit tombée. je procède à ma toilette, me couche, profite de l'animation d'une bande de jeune à quelques pas, et de la venue d'un hérisson en milieu de nuit. Pour aujourd'hui : 63km en courant et 24 en stop.

    Jour 4 :
    Je repars et assez rapidement et sans pression j'arrive à mon lieu de stop prévu, à Nemours. Ma journée de stop commence et ça marchera tellement bien qu'arrivé à Grenoble en début d'après-midi, je décide de finir la dernière quinzaine de km et 900mD+ en courant (plutôt qu'en stop, ce qui n'est jamais simple quand on entre dans une ville qu'on connait peu, ne serait-ce que pour en sortir du bon côté). Ce fut fatiguant mais je n'ai pas regretté ; et puis je savais que le prochain mini-périple prévu quelques jours + tard serait montagnard, cela ne pouvait qu'être utile en terme d'entraînement.

    Conclusion pour ce 1er mini-périple :
    Je me suis surpris moi-même, je ne pensais pas pouvoir être aussi à l'aise en m'alimentant aussi peu (et me farcir 60km par jour en plusieurs jours dans ces circonstances). Je pense que j'ai bien fait de me mettre en mode veille dès le tout début du périple. La blessure fut un peu frustrante, mais je l'ai bien gérée.
    Edit : concernant l'alimentation, j'ai vraiment pu réaliser dès ce 1er mini-périple que les arrêts resto, boulangerie, etc. (pour s'alimenter quoi) que j'effectuais lors de mes précédents périples relevaient plus du prétexte pour s'arrêter (s'extraire de l'aventure) que d'un réel besoin physiologique. Je n'ai jamais ressenti un réel besoin physique de prendre un vrai repas lors de ces 3 jours. Donc l'idée c'est de se mettre en mode veille (ce qui est d'autant + facile quand on connait bien l'itinéraire), et ça roule... en tous cas jusqu'à 3
    jours de périple (voire 4 si on compte la journée de stop où je ne me suis guère + alimenter et que j'ai terminé par un 15km, 900mD+)
     
    #65 Florent85, Oct 7, 2020
    Last edited: Oct 8, 2020
  6. Lambda

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    Toujours un régal de lire tes aventures, Florent :)
     
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  7. Rémi

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    @Florent85
    Il est passé où le Florent qui écrivait il n'y a pas si longtemps qu'il n'était pas prêt pour le 100 km de Camargue ? ;)
    À moins de vouloir absolument viser le podium, certes ! :D
     
  8. Florent85

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    Merci pour vos réactions Lambda et Rémi.

    Pour le 100km de Camargue, je me sentais prêt après avoir fait ces mini-périples au mois d'août, largement ; en revanche j'appréhendais et je regrettais la "platitude" de l'itinéraire, alors que, comme tu le verras par la suite Rémi, j'ai ensuite fait beaucoup de montagne, plus que jamais en fait. Bon finalement le Grand Raid de Camargue a été annulé, et je l'ai bien regretté quand même.

    Au passage je vous invite à aller voir sur la page d'accueil international du site, on y parle de Florian Gomet, et lui-même parle de son périple : hyper-intéressant. Respect Florian ! Une phrase qu'il a partagé à l'Equipe et à laquelle j'adhère complétement, à propos d'un régime essentiellement "vivant" : Avec ce régime, mon système digestif perd moins d'énergie et c'est une énergie que je peux mettre à contribution dans l'effort physique.
    En effet bien plus que lors du périple de l'été 2017, où je souffrais réellement de la digestion après les repas cuit et non vegan, cette fois j'ai vraiment senti que ce que je mangeais était utilisé efficacement par mon organisme dans le cadre de mon périple. C'est assez dingue, encore une fois j'en ai été le 1er surpris.
     
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  9. petit-pied

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    encore et tjs du rêve.

    merci Florent
     
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  10. Florent85

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    Me revoilà pour vous relater le 2ème mini-périple de mon mois d'août dernier. Ce coup-ci j'étais chez la famille du côté de Grenoble et je souhaitais rejoindre mon frère Sylvain (dont certains ici se souviennent peut-être), dans le massif du Jura. Je n'avais que 3 jours pour parcourir la distance, si j'avais pu je serais parti 1 jour + tôt pour en avoir 4. Et j'avais eu 4 jours de repos, et de ravitaillement, avec ma famille du côté de Grenoble, avant d'entamer ce nouveau mini-périple. Ma blessure au pied était alors quasiment cicatrisée. et donc toujours aucune alimentation hormis les fruits cueillis au fil du chemin et mon iskiate chia-citron-miel. En revanche cette fois, je ne connaitrai pas bien l'itinéraire, et le profil sera bien + montagnard, avec une distance a priori similaire au périple précédent. Enfin on annonce la canicule et les orages. A + d'1 titre ce sera un vrai défi.

    Voici l'itinéraire : https://ignrando.fr/fr/parcours/fiche/details/id/1104462

    Périple 2, jour 1 :
    Ce coup-ci je suis parti au lever du jour [​IMG]:cool:. Mais étant tenté pour un raccourci, au bout d'1km, j'aborde une descente "hors-chemin" très abrupte. Très vite je perds grandement le contrôle, je me mets à dévaler la pente en essayant de limiter la casse : mes sandales freinent, mes mains freinent, tout mon corps freine, ou plutôt dérape sur le revêtement terreux/poussiéreux de cette pente, sans parvenir à entraver le mouvement vers le bas ; à un moment un arbre m'arrête dans ma "chute", + ou - brutalement. Mais impossible de remonter, il va falloir terminer la descente de la même manière qu'elle a commencé, avec très peu de contrôle. Bon je parviens finalement en bas au torrent (ruisseau de Corbonne sur la carte de l'itinéraire) sans trop de douleurs, mais au fur et à mesure des minutes/heures de ce début de périple, je me rends compte que le bout de certains de mes doigts ont bien frottés/chauffés et que j'y ai chopé des ampoules, que je percerai régulièrement ensuite avec une feuille de houe, une épine (et en posant de la salive derrière pour éviter une infection), parce que la pression provoquée par le liquide était douloureuse et semblait aggraver le mal. Bon sinon ça monte bien en ce début de périple, je reconnais le chemin du km vertical de Trail de la Dent de Crolles ; je me trompe de chemin au km 8, et je poursuis la montée jusqu'à arriver sur le plateau de la Dent de Crolles à 1700m d'altitude. Ca fait 1300mD+ en 14 km, et je me souviens l'avoir fait à un rythme relativement élevé, ce coup-ci j'ai un temps imparti de 3 jours qui représente un défi, je suis beaucoup moins en mode veille en ce début de ce périple (l'idée était aussi que je gagne les hauteurs le + tôt possible pour pouvoir bénéficier le la fraîcheur liée à l'altitude). Toujours sur les hauteurs je casse ma sandale (pas le lacet, mais la semelle au niveau du passage du lacet côté extérieur : le terrain est technique, avec de nombreux rochers irréguliers), je dois bidouiller, en passant le lacet sous la semelle (ce qui n'est pas un laçage habituel mais l'ayant déjà testé je savais que ça pouvait le faire) : ça le fait. Et c'est ensuite pieds nus que je manque de me blesser en tapant fort une racine avec l'orteil (heureusement + de peur que de mal pour cette fois). En abordant la descente vers St-Pierre-d'Entremont je suis précédé de quelques mètres par un coureur qui adopte un rythme que je crois pouvoir tenir, je le rattrape donc et lui propose de faire route ensemble autant que possible (j'ai quitté le balisage et crains l'égarement) ; ce monsieur accepte (merci :)). Je parviens jusqu'à St-Pierre et la chaleur est impressionnante au village. (j'avais anticipé qu'effectivement l'altitude me permettrait de gagner de nombreux et précieux degrés) Je me trempe dans la rivière bien fraîche : ça fait du bien, ça parait surtout indispensable pour pouvoir tenir, d'autant + que la fatigue se fait déjà sentir après seulement 32km et 1500mD+ (et oui je ne suis décidément pas parti en mode veille). Je me souviens être tenté de me ravitailler mais je me contenterai de remplir mes bouteilles d'eau à la fontaine. Si je profite de points de vue sympathiques, je souffre de la chaleur et de la fatigue dans la côte qui mène au village mignon de Corbel où je reprends de l'eau, et où je retrouve le GR9. Je vais mieux après ça, à la fois parce que le profil s'aplanit mais aussi parce qu'il fait moins chaud. Dans la descente je quitte à nouveau le GR et passe par St-Jean-de-Couz, avant d'entrer dans la forêt sauvage du Mont Beauvoir, où l'itinéraire sera très difficile à trouver, je serai + guidé par la pente des chemins que par leurs directions (la météo nuageuse n'aide pas à m'orienter avec le soleil). En effet je sais qu'en gros je dois arriver en haut, alors que je ne parviens pas à suivre les chemins que je pensais trouver (je ne sais toujours pas vraiment par où je suis passé), en tous cas au crépuscule, entendant un pick-up sur les prairies sur le haut du Mont, j'appelle et cours vers lui avant qu'il ne passe son chemin et me laisse définitivement seul et perdu. Je demande mon chemin. Et malgré les effluves d'alcool, les infos seront plutôt bonnes (merci [​IMG]:)). Quelques centaines de mètres + loin, la nuit tombant franchement et profitant d'un pré rempli de framboisiers sauvages, je me dis qu'il serait opportun de camper là afin d'avoir un petit-déj pour le lendemain après cette journée éprouvante et 47km bien montagneux. Je me couche ainsi, craignant que l'orage qui gronde au loin ne vienne jusqu'à moi.

    Jour 2 :
    Heureusement l'orage n'a fait que gronder (ça aurait été coton sinon là-haut, seul au milieu de cette forêt sauvage). et je me lève aux aurores, profitant du petit-déj promis. Et ne sachant pas vraiment où je suis, je descends un peu au hasard et finis par retrouver le GR9 puis Attignat-Oncin. Je manque de me perdre 1 km + loin et peu avant la Bridoire je retrouve un exemple de Marmites de Géant en traversant le ruisseau de Grenant : toujours aussi somptueuses [​IMG]. Les kms qui suivent la Bridoire sont un peu pénibles : ça monte, pas mal de croisements, des circonvolutions, plusieurs passages sous le soleil. Heureusement à partir du col du Banchet, ça devient presque agréable (là encore j'avais anticipé que ça deviendrait + ombragé, et donc + agréable aux heures chaudes de la journée). Après un arrêt au cimetière de St-Maurice-de-Rotherens pour me rafraichir sous la chaleur écrasante, et prenant bien soin de tremper le maillot et de ne pas m'essuyer pour que ce rafraichissement perdure autant que possible, je parviens à regagner l'ombre forestière avant que la chaleur m'écrase à nouveau. A partir de là je peux presque dire que j'ai pris mon pied, façon de parler sous cette chaleur écrasante qu'il faut savoir gérer afin d'éviter le coup de chaleur, en tous cas je sentis que mon corps répondais présent, + que la veille où je l'avais peut-être trop sollicité. Le moral remonte donc, et je tente un raccourci qui est proposé par les panneaux pour redescendre sur Yenne (on va pas cracher dans la soupe). Je m'égarerai un peu en quittant le hameau de Chevru, mais le moral reste bon, et je continue de bien avancer : en effet le chemin qui longe le Rhône est royal et ce n'est qu'en arrivant à Petit Lagneux que je réalise ce qui m'attend, je pensais que c'était relativement plat sur de nombreux kms, et là devant moi un promontoire impressionnant par lequel je dois passer. Mais là encore le corps et le moral suivent, je parviens à Jongieux-le-Haut où après avoir demandé mon chemin, je trouve des poires et des noisettes exquises [​IMG]. Je poursuis mon petit bout de chemin, profite de quelques raisins picorés sur les vignes cultivées et m'arrête en bordure de chemin après 55km parcourus. Je me couche sous un couvert forestier assez dense, croit reconnaitre le grommellement d'un marcassin tout prêt, ce qui m'inquiète pas mal...

    Jour 3 :
    Finalement je réalise que ce n'est pas un marcassin mais un oiseau qui émet ce son strident. Donc la nuit se passa sans encombres. Et je reprends la course, redescend sur Chanaz, retrouve le Rhône que je vais longer jusqu'au pont qui me fera arriver à Culoz. Là encore, appréhendant la côte à venir (ce promontoire gigantesque qu'est le Grand Colombier, je l'ai vu arriver de loin, et ça avait de quoi impressionner) j'hésite à m'acheter une viennoiserie, mais la queue m'en dissuade, je me contente de me tremper dans le Jourdan malgré ses abords abruptes. et on y va pour cette montée qui paraitra bien longue, bien que le pourcentage ne sera pas hyper élevé. La gestion de l'effort est importante après ces 2 jours passés sur les chemins montagneux en m'alimentant si peu, je sens parfois le vertige poindre le bout de son nez, je ralentis alors légèrement la cadence, sans m'arrêter pour autant, on arrive à la fin de matinée et je sais qu'au fur et à mesure que je monte la température diminue. Arrivé sur le plateau herbeux j'en profite pour me mettre pieds nus (avec grand plaisir :joyful:). Et après avoir franchi le sommet je cherche à me ravitailler en eau auprès d'un camion itinérant venant à la journée pour vendre diverses boissons et viennoiseries. Malheureusement il n'est vendu que de l'eau en bouteille. Et comme j'ai du mal avec l'idée de faire payer cher le simple fait de mettre de l'eau dans un récipient en plastique, je négocie en proposant d'acheter un pain au chocolat afin qu'ils m'offrent la bouteille d'eau. Ils acceptèrent (in fine, les trouvant sympas, j'ai payé les 2), je remplis ma bouteille d'eau et leur laisse la leur, et du coup j'ai mangé un pain au chocolat dont à vrai dire j'aurais pu me passer. Et donc j'entame la descente. Et ayant repéré sur carte des raccourcis possibles, j'en tente un premier qui fut efficace du point de vue distance et temps gagnés, mais peut-être finalement très traître : en rédigeant ce CR je me rends compte qu'il y a un lieu de pique-nique avec source d'eau répertoriée sur l'itinéraire classique : probablement j'aurais pu trouver là cette eau potable si précieuse que je cherchai quelques km avant et surtout qui me manquera durement dans les kms qui vont suivre. En effet je cours bien, mais il fait chaud, le besoin en eau est grand. Il faut dire aussi que d'ores-et-déjà (depuis l'arrivée au Grand Colombier) je savais que je ne parviendrai pas chez mon frère le soir même comme souhaité, à moins de courir de nuit sur les derniers kms qui sont non balisés, avec donc un gros risque (ou plutôt la quasi-certitude) de se perdre bien comme il faut : je préférais jouer la sécurité aussi pour pouvoir profiter de cette 1ère soirée en famille posément, sans avoir à récupérer d'une aventure trop éprouvante. Et comme 2 de mes frères venaient en voiture de Grenoble et passaient tout près de mon itinéraire, je prévoyais d'arrêter mon périple à un endroit où je pourrais facilement rejoindre leur itinéraire à eux pour qu'ils me prennent au passage et qu'on aille ensemble en voiture jusqu'à chez Sylvain. J'avais 2 option : la 1ère était de m'arrêter au col de Richemond et d'atteindre en stop la D991 où mes frères passaient ; la 2ème, + audacieuse, me ferait arrêter au village de St-Germain-de-Joux par où là aussi mes frères devaient passer (le gros avantage de cette 2ème option c'est qu'en plus de me faire profiter d'une partie de l'itinéraire de l'ultra XT que j'aurais reconnu, ce qui est toujours un peu émouvant, je n'avais pas besoin de faire du stop pour retrouver mes frères, et que je profitais à fond de l'aventure sans pour autant sacrifier la sécurité). Mais mes bouteilles vides décidaient pour moi, peut-être aussi un peu la fatigue ; je crois quand même qu'avec des bouteilles pleines, le moral serait vite revenu et que j'aurais tenté la 2ème option. Mais là non ce sera la 1ère, et j'attendrai pas mal de temps mes frères à Billiat... souffrant de la chaleur bien + que si j'étais resté sur les hauteurs, même en courant. Et donc pour ce dernier jour, je m'arrête de courir vers 15h, après 37km.

    Après coup :
    Donc un peu frustré aujourd'hui en voyant que j'aurais probablement tenté la 2ème option si je m'étais contenté de suivre le balisage au niveau du vallon d'Arvière. Sinon pour la petite histoire, souffrant de la chaleur en attendant mes frères, et peut-être aussi parce que mon état faisait peine à voir, un couple de riverain s'était approché de moi en me disant qu'ils avaient fait un peu trop à manger, et ils me proposaient donc de partager avec moi l'excédent : même si j'ai refusé j'ai été très touché, et peut-être à cause de la fatigue consécutive à ces 2 jours et demi de périple éprouvant, je me suis entendu dire une phrase à teneur spirituelle que je n'aurais jamais dite dans d'autres circonstances : "Que Dieu vous garde", leur ai-je lancé en guise de salut, et c'était particulièrement sincère et profond comme parole. Sinon en prenant ma douche le soir-même, je me rendis compte que mon ventre déjà pas bien gros, s'était encore creusé pendant ce périple. Visiblement j'ai tapé dans les réserves, mais que ce soit pendant ou après l'effort, ce fut une expérience très positive, à plus d'un titre, sans pour autant que je souffre réellement du peu d'alimentation. A renouveler...
     
    #70 Florent85, Nov 12, 2020
    Last edited: Nov 13, 2020
  11. Lambda

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    J'ai encore lu tes aventures avec grand intérêt. Est-ce que c'est volontairement que tu ne repères pas les points d'eau à proximité de ton trajet avant de partir ? Ou est-ce que c'est plutôt par improvisation ?
    Faire avec la nourriture qu'on trouve, quitte à jeûner un moment, n'empêche pas d'avancer. Par contre manquer d'eau et ne pas en trouver, c'est plus problématique. La fameuse "règle des trois".
     
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  12. Florent85

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    Merci Lambda.
    J'avais du entendre parler de cette règle des 3 (ça me dit vaguement quelque chose) et à vrai dire j'avais oublié (petit rappel ici pour ceux qui ne connaissent pas : https://survivalisme-urbain.fr/guides/la-regle-des-trois-en-survie/).

    Alors jusque-là je ne me cassais pas le cul + que ça concernant la gestion de l'eau lors de mes périples, parce que ce point n'était jamais un point critique, les contrées traversées n'étaient jamais suffisamment sauvages, et je trouvais toujours un riverain pour demander de l'eau tous les 5 (au pire 10) kms (bon ça m'est déjà arrivé de boire à l'arrache dans des ruisseaux quand j'étais + jeune, au moment où je faisais mes périples à vélo - c'est con mais à vélo chargé, dans une côte exposée plein soleil, on peut vite faire exploser le besoin en eau, + qu'à pieds de fait).

    Ce coup-ci, sûrement parce que j'appréhendais les traversées de la Chartreuse et du Jura, j'avais pris avec moi un truc pour potabiliser l'eau que j'avais acheté il y a quelques années (ça prend pas beaucoup de place et ça pèse pas bien lourd). Je l'ai d'ailleurs utilisé lors de mon 1er mini-périple du mois d'août parce que j'avais quasiment + d'eau en me réveillant près de mon lavoir à Senlis, mais le goût terreux résiduel de l'eau de la Nonette donnait pas franchement envie/confiance, et j'ai finalement vite jeté cette eau lorsque j'en eus trouvé une autre moins suspecte. Peut-être l'ai-je aussi utilisé sur les hauteurs après la Dent de Crolles (je crois même pas...), je me souviens en tous cas avoir pris un bon 1/4 d'h pour remplir mes bouteilles avec l'eau dégoulinante du plafond du Trou du Glaz (grande grotte connue de la dent de Crolles) ; mais celle-là je savais qu'elle serait consommable telle quelle.

    Dans mon souvenir je n'ai pris que 2 bouteilles de 0,5L, ce qui objectivement était une réserve très faible pour un mois d'août qu'on annonçait caniculaire. Suis-je imprudent ?

    En tous cas, c'est vrai que pour revenir à la "règle des 3", que tu mentionnes Lambda, je crois que la solution que j'envisage (depuis toujours sur mes périples), c'est de privilégier le mouvement pour trouver l'abri, l'eau et ce coup-ci la nourriture (puisque je ne l'achetais pas). Plus on avance, plus on crée des opportunités pour trouver ce dont on a besoin... et ça permet de garder le moral, ce qui est loin d'être négligeable (ils en parlent pas dans la règle des 3 et pourtant ça me parait essentiel, le moral/mental). L'idée, c'est bien sûr de ne pas avancer comme un bourrin en s'épuisant et en augmentant ses besoins, mais justement d'avancer sereinement, en préservant ses forces. En tous cas il y a un équilibre à trouver, j'en suis revenu de l'idée de passer des minutes à me poser la question de savoir si je devais camper à tel endroit (qui est "pas mal du tout") alors qu'il reste 2-3 heures de jour, ou alors continuer en risquant de ne pas trouver aussi bien + tard, notamment sur mes périples à vélo ; aujourd'hui s'il me reste + d'1 heure de jour je continue à me déplacer, et quand je vois que j'arrive à la dernière heure de jour, et bien là je m'autorise à m'arrêter dès que je trouve une endroit correct pour bivouaquer. A ce sujet, j'ai effectivement pris un risque en me couchant près de mon pré de framboise à + de 1000m d'altitude la 1ère nuit du périple, alors que l'orage grondait fort au loin (et que dans la montée j'ai eu l'occasion de m'arrêter sous de gros rochers bien abritant) ; disons que j'étais prêt à vivre ce risque.

    Perso quand je fais un périple, j'ai toujours eu une destination précise (je n'ai jamais erré sans but), dès le début j'ai un objectif, de lieu à atteindre, et + ou - de temps (+ ou - parce que je ne veux pas non plus me mettre la pression, et mes hôtes à l'arrivée savent qu'il y a une incertitude quand à l'heure ou plutôt la date de mon arrivée), et cette disposition mentale fait que j'essaie d'être le + efficace possible pour joindre mon point d'arrivée, en bonne santé (mais en étant aussi conscient que le risque fait partie intégrante de mon aventure), et si possible pas trop tard pour pouvoir profiter du monde que je vais retrouver.

    Attention tout ça est très personnel et ça ne se veut en aucun cas critique à l'égard de ceux qui n'envisageraient pas le périple de la même façon : parce que j'ai déjà eu à supporter le discours d'une personne qui disait en gros que sa manière de vadrouiller était mieux que la mienne, comme s'il y avait une bible de la vadrouille :vomit: pardon, j'suis hyper content :D (désolé pour la référence pourrie à la Cité de la Peur).

    Donc pour revenir à nos mouton, est-ce que j'ai pris trop de risques concernant a gestion de l'eau, je dirais "non" et pour être honnête, le manque d'eau le dernier jour m'a sûrement permis de prendre la décision qui objectivement était celle qu'il fallait prendre au regard des éléments ; entre l'endroit où j'ai arrêté de courir et celui de la 2ème option, il y a quand même pas mal de bornes, pas dit du tout que j'aurais été à l'heure au RV avec mes frères si j'avais opté pour la 2ème option (je pense même que j'aurais été en retard), et je voulais prioriser le temps familial sur mon aventure personnelle. A vrai dire, j'ai rédigé les choses ainsi à la fin de mon CR parce que 3 mois se sont écoulés (et que les éléments sus-cités je l'ai ai un peu oubliés) et que je venais de réaliser que cette eau qui me manquait, elle était là sur la carte :arghh:, et que c'est sûr que ça aurait été sympa de tirer jusqu'à St Germain-de-Joux, mais au fond c'est très bien que ce soit fini ainsi. On essaiera juste de tirer + loin la prochaine fois ;)

    Edit : et bin quel pavé j'ai sorti là, encore une fois :oops:
     
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  13. Lambda

    Lambda Barefooters
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    En ce qui concerne la règle des trois, David Manise l'a étendue encore un peu par rapport à ce que cite l'article dans ton lien.
    L'idée c'est qu'on se met en danger au bout de...
    - trois secondes sans vigilance
    - trois minutes sans oxygène
    - trois heures sans régulation thermique
    - trois jours sans boire
    - trois semaines sans manger
    - trois mois sans hygiène
    - trois mois (aussi) sans relations sociales​
    Ce ne sont pas des vérités scientifiques mais un moyen mnémotechnique de déterminer nos priorités dans le bon ordre. Si on part en rando pour deux ou trois jours dans la nature, ce n'est pas la faim qui risquera de nous pousser à rejoindre le village le plus proche, mais plus probablement la météo ou bien le manque d'eau.

    Je ne dis pas et je ne crois pas que tu aies pris des risques ni que tu aies été imprudent. Ton expérience et ta condition physique te permettent ce genre de périple. Et je suis entièrement d'accord avec le fait que la mobilité est un facteur primordial. À tout moment tu peux changer tes plans en fonction de la situation, comme tu l'as fait en choisissant l'option 1, plus sage, plutôt que l'option 2, plus attractive.
    Je me demandais simplement comment tu appréhendes la préparation de tes périples. Pour le peu que je t'ai cotoyé je te vois plus intrépide que planificateur.
     
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  14. Florent85

    Florent85 Barefooters

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    Oui j'avais bien compris qu'il n'y avait rien de critique dans ton propos Lambda, et merci pour tes interventions toujours très ajustées.
    Si je m'emporte un peu quand j'aborde ce genre de sujet, c'est qu'on vit dans un monde aujourd'hui qui donne une place prépondérante à la notion de risque, risque qu'il faudrait bannir coûte que coûte, il faut tout maîtriser, tout anticiper. Et même dans le contexte d'un périple, où le but sous-jacent pour moi est de retrouver une liberté perdue, et de me retrouver face à moi-même (hors du regard de l'autre, et hors de cette façon de vivre que je définirais comme anxiogène) pendant un temps donné (je pourrais parler aussi de lâcher prise), il y a des gens pour te dire qu'il ne faudrait pas faire comme ça, parfois avec cette rhétorique culpabilisante (que justement je cherche à fuir en l'occurrence), genre "tu prends trop de risques, ce n'est pas toi qui paieras l'hélico qui viendra te chercher..." ; évidemment je ne me suis jamais exposé suffisamment pour qu'on me sorte ce genre de propos, mais ça se dit bel et bien pour certains aventureux qui prennent + de risques que moi. Donc la règle des 3 est sûrement une bonne règle à garder dans un coin de la tête, mais perso je la laisserais bien dans le coin.
    Globalement pour mes périples, je préfère l'adaptation à l'anticipation, et c'est vrai que je cherche à planifier au minimum (néanmoins pour être honnête la prochaine fois que je partirai en périple dans des coins aussi sauvages, je regarderai un peu plus concernant les possibles points d'eau, c'est vrai aussi que je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi sec - tous les cours d'eau étaient à sec, alors que la carte n'indiquait pas cette possibilité, ce qui fait que je n'ai pas pu profiter de mon "potabiliseur" comme je l'espérais).
    Le + grand risque n'est-il pas de s'imaginer qu'on le maitrise complétement ?? Il y a + de 10 ans, à un proche qui me reprochait de ne pas mettre le casque (quand je faisais mes périples à vélo), que je devenais une source d'inquiétude pour mon entourage, j'avais répondu : "je préfère mourir vivant que vivre mort". Ca résume assez bien la chose je crois.
     
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