Coup de cœur, coup de sang périple à pieds + stop, en huaraches

Discussion in 'Chapters' started by Florent85, Nov 4, 2016.

  1. Hora

    Hora
    Expand Collapse
    Barefooters

    Joined:
    Jul 23, 2018
    Messages:
    23
    Likes Received:
    36
    Y a une vidéo de toi FLorent, à l'arrivée d'une course :



    "Mon collègue ne pouvait pas dépasser le 30ème et j'avais pas pris de barre céréales, alors il a fait ce qu'il fallait, il s'est donné à moi !" :hilarious::hilarious::hilarious:

    Non en fait j'ai fait le parallèle avec toi mais c'est juste pour me trouver une excuse pour mettre la vidéo dans ton post, j'avais pas envie d'ouvrir un nouveau sujet juste pour ça... :sorry:
     
    Florent85 and petit-pied like this.
  2. Florent85

    Florent85
    Expand Collapse
    Barefooters

    Joined:
    May 29, 2016
    Messages:
    182
    Likes Received:
    465
    Merci pour ton post hors-sujet Hora, j'adore :playful: :hilarious:.

    Et pardon par avance : ça va être long... et aventureux...

    Comment s'est passée la première nuit de mon périple, sous "mon" lavoir ?
    Il a un peu plu et effectivement le toit du lavoir, bien qu'en très mauvais état, m'a globalement protégé.
    Une douleur ressentie au pied au milieu de la nuit, à l'inspection tactile je sens bien une petite ouverture dans la peau, la douleur type inflammation me fait donc penser à un corps étranger (écharde ou autre)... que je ne parviens pas à enlever ; je prends donc le parti de regarder une fois le jour levé. Malheureusement lorsque j'inspecte la zone au levé du jour, je ne trouve aucun corps étranger, et je mets plusieurs minutes à identifier la cause de la coupure et de la douleur, qui elle persiste : et oui la sensation de coupure ressentie la veille dans la côte boueuse menant au Mont Pagnotte a laissé une séquelle, et la douleur qui correspond ne me parait pas bon signe :nailbiting: : très probablement mon hygiène foireuse due aux flaques d'eau stagnante de la veille et au fait que je n'ai pas pris la précaution de me laver au savon avant de me coucher, ne serait-ce que les pieds à l'eau "courante" du ruisseau, a initié un début d'infection, dont l'inflammation douloureuse me semble être une conséquence. Aujourd'hui je ne comprends pas bien cette "non-précaution" du lavage au savon avant le coucher, d'autant plus que cette "non-précaution" se répéta le matin avant de repartir : est-ce que l'hygiène apparente de l'eau du ruisseau ne m'inspirait pas confiance, est-ce que les berges du ruisseau étaient trop peu abordables ? Ou déjà le manque de lucidité me gagnait ??
    Sinon sans surprise le froid dans le hamac "passe" très majoritairement par la zone où mon corps est en appui sur le hamac ; mais ça va j'ai quand même réussi à dormir un peu, malgré une installation non-idéale du hamac : en effet pour être le + possible abrité de la pluie en m'adaptant à la toiture trouée, j'avais placé mon hamac de manière décalé par rapport au centre du lavoir (en clair, la longueur de corde entre la poutre et mon hamac côté tête était + courte que ma longueur de corde entre la poutre opposée et mon hamac côté pieds, alors que les 2 poutres étaient à la même hauteur ; résultat : mon hamac avait la tendance à fournir une position + verticale qu'il n'était souhaité. Bon il fallut bien aussi me refaire la main pour les noeuds (heureusement je fis un test avant de m'y allonger de tout mon poids le soir, ça aurait pu faire mal sinon sur le sol en béton du lavoir :blackeye:).
    Et dernière chose je dus aussi évaluer la solidité réelle du lavoir, puisque des soutiens verticaux avait été ajoutés pour alléger la charge sur les poteaux d'origine, et que des barrières et rubalises de sécurité étaient là, sans pour autant empêcher le passage (peut-être déplacés par des gens avant moi). Bon j'eus l'impression que ce serait bon, ce le fut, peut-être ai-je été inconscient et chanceux...

    Après cette nuit non idéale, je repris donc la course sous la pluie, à un moment que je croyais propice du point de vue météorologique (j'aime observer le ciel pour inspecter les nuages et essayer de prévoir le temps qu'il va faire dans la demi-heure qui suit et dans les 15km à la ronde :lurking: - et je crois y arriver assez bien, ce coup-ci en tous cas mes "prévisions" se vérifièrent :D). Au passage cette croyance que c'était le bon moment pour partir a peut-être été un élément supplémentaire pour expliquer cette non-précaution du lavage de pieds avant de partir (dans ma tête c'était "c'est le bon moment, il faut y aller maintenant" et non "prenons la précaution de bien se laver le pied" alors que la pluie aurait continué de me tomber dessus)

    Comme la veille, les premiers km s'effectuent à l'aveugle puisque que j'ai quitté le GR12 et qu'il me faut rattraper le GR1, heureusement mes souvenirs furent bons et j'eus la chance de trouver un monsieur qui put me le confirmer au carrefour cruciale du léger mais nécessaire changement de cap. Sinon au bout de quelques hectomètres, je croise à nouveau des chasseurs, cette fois aux fusils ; je m'annonce aussi fort que possible mais visiblement pas suffisamment encore puisque le premier d'entre eux que je saluai ne m'avait pas entendu, il me demanda d'un air un peu réprobateur si je n'avais pas vu les panneaux indiquant la "chasse en cours", je lui répondis que "si" mais que "je suis un itinéraire sur plusieurs jours et je ne connais pas suffisamment les alentours et donc les alternatives pour me détourner ainsi de l'itinéraire prévu" (et oui en l'occurrence il est évident que c'est à lui de s'adapter à moi et non l'inverse, mon frère Helder ajouterait peut-être que c'est de toutes façons toujours au + dangereux de s'adapter au + vulnérable, et non l'inverse : il n'a sans doute pas tort fondamentalement...). Cela dit cet homme fut plutôt jovial et sympa et on put échanger un peu sur la course minimaliste, puisqu'il était surpris de me voir ainsi chaussé alors que ses enfants et sa femme n'avaient réussi à courir durablement qu'après de nombreux essais pour finalement trouver les chaussures (maximalistes) qui leur étaient adaptées. La question des blessures se posa, notamment sur le long terme : je répondis que je pourrais lui en dire + si je le croisais dans 10 ou 20 ans...

    Une fois le GR1 rattrapé au niveau de la Butte aux Gendarmes (qui fut le seul endroit que je reconnus de ma récente participation au Trail de Senlis), je continue le chemin à travers la très sympathique forêt d'Ermenonville, avec néanmoins quelques ennuis gastriques qui ne prédisent là encore rien de bon :nailbiting:. Je finis par retrouver ce large chemin en ligne droite d'où j'avais raté une bifurcation du GR il y a 2 ans ; du coup j'augmente ma vigilance et je le trouve ce fameux chemin, et bien je dois dire qu'il vaut sacrément le coup :joyful: (très sympatique, monotrace ondulant tel un serpent au milieu d'un mélange de feuillus, de conifères et de fougères, ce fut un de mes meilleurs ressentis sur ce périple - et en plus il n'allonge pas la distance), et comme la nature a repris ses droits sur les engins forestiers, je ne rate pas cette 2ème bifurcation (dont le balisage avait été "dilué" par le saccage des engins forestiers, il y a 2 ans) et je parviens donc, cette fois-ci, à le suivre jusqu'au bout ce petit chemin, m'évitant un hors piste jamais agréable sur des périples de plusieurs jours.

    Sur ces bonnes nouvelles je vous transmets mon trajet du jour : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=863901#map

    Peu avant d'arriver aux abords de Loisy, je croise 2 motos de cross à grande vitesse et en plein virage sans visibilité, sur chemin bien détrempé ; bon là aussi c'est pas génial en général puisque c'est souvent le + vulnérable qui se range pour laisser la place au + dangereux (il serait peut-être bon, pour rééquilibrer la chose, de stigmatiser quelque peu ces pratiques excessivement virilistes, non ?? o_O).

    Dans la foulée je profite d'un parterre d'herbe emplie d'humidité, pour laver/aseptiser ma coupure sous le pied ; je crois même avoir sorti mon savon à l'argile (et donc aux propriétés aseptisante), et passant ainsi mon pied sur l'herbe mouillée pour le rincer.
    Comme il y a 2 ans c'est sur Loisy que je dus refaire mon plein d'eau, moyennant un léger détour dans un quartier, un monsieur m'ouvrit gentiment sa porte et me remplit ma bouteille de 50cl.
    Malgré la forte bruine qui semble s'installer, je repars (en même temps je n'ai pas vraiment le choix). Finalement la bruine dura moins longtemps que je ne craignais mais la forte humidité sur le chemin menant à la voix ferrée le rendit pénible à parcourir. Arrivé au pont qui passe au dessus de la voie ferrée, je prends l'option aventureuse de longer le grillage et de monter la pente abrupte, broussailleuse et argileuse, plutôt que de suivre le chemin : ce fut bête, je n'ai gagné que des écorchures aux jambes.

    J'arrive donc à Beaumarchais où j'ai bien la confirmation que la pendule du clocher ne fonctionne pas : comme il y a 2 ans, elle affiche 6h alors que pour le coup fin décembre il serait censé faire nuit à cette heure-là : je comprends définitivement que l'erreur vient de la pendule et que je n'ai pas été victime d'une "hallucination" il y a 2 ans ;)
    Et tout comme il y a 2 ans, j'ai du mal à courir en sortant de Beaumarchais, mais pour d'autres raisons : le chemin est devenu très boueux par l'humidité et les cailloux parfois posés sur le chemin, et qui pourraient donc être une solution au pb d'humidité, sont trop gros et irréguliers pour permettre une course sereine dans ce contexte de périple au long cours. Ce n'est qu'une fois la côte montée et arrivé au "radar" (cf lien de la carte) que je pus me remettre à courir durablement. Sur cette sorte de route de crête je retrouve cette impression de grande précarité d'il y a 2 ans au vue des habitations sommaires qui longent cette route, cette impression s'estompant au fur et à mesure que j'approche de Dammartin : là j'achète des viennoiseries pour tenir un peu le coup et poursuivre le chemin. Je retrouve le GR en sortie du village, et ce chemin terriblement casse-gueule en conditions humides (avec mes huaraches particulièrement). Mais cette-fois encore je parviens à ne pas tomber :D. Je rejoins St-Mard et 1 km après la sortie, mes douleurs aux épaules sont trop fortes et je préfère m'arrêter de courir ; et de toutes façons au moment de retrouver le Bois de l'Homme Mort et mon lieu de Bivouac d'il y a 2 ans, le chemin devient trop boueux et cahotique pour pouvoir continuer la course, ce qui adoucit les remords dus au mal d'épaules. Je passe tout près d'un lieu-dit qui se nomme l'Enfer et effectivement la traversée de ce Bois de l'Homme Mort est usante, et l'humidité n'arrange rien, je me mets pieds nus (de toutes façons huaraches ou pieds nus, quand c'est très humide, au niveau hygiène, c'est kif-kif et je me dis que la terre grasse et argileuse peut peut-être me faire du bien pour ma coupure sous le pied), et je parviens à courir un peu malgré l'épreuve. Je finis par arriver à Montgé-en-Goële, où je reconnais "mon lierre pour le moins dense et proéminent" d'il y a 2 ans, mais cette fois-ci je ne m'y arrête pas, espérant pouvoir gagner le village de Monthyon 7 km + loin, avant la nuit. Je prends donc la grimpette en sortie de village et pour le coup les 4km de chemins forestiers qui suivent m'apparaitront beaucoup moins longs et fastidieux qu'il y a 2 ans : sûrement la nature qui a là encore repris ses droits (cf message correspondant) a aidé ; peut-être aussi le fait de savoir la fin de journée proche ou simplement ma + grande expérience de la CAP...
    Sauf qu'en sortie de forêt le chemin emprunté est là encore soit très humide (d'autant + que la bruine revient un peu), soit recouvert de cailloux non propices à la course. Mais le but est proche, juste avant d'entrer dans Monthyon, je me rince les pieds dans un fossé-caniveau, puis je demande à une habitante s'il y a des commerces ouverts : elle me répond que malheureusement elle est quasi-sûr que la boulangerie est fermée, et me propose très gentiment de revenir la voir et qu'elle me donnerait quelque chose pour moi, si ça se confirmait : bravo Madame !! :) Effectivement la boulangerie est fermée mais une supérette est ouverte jusqu'à 23h :eek: et on est un dimanche soir :eek::eek: (comme souvent je crois dans ces cas-là, avec ce genre d'horaire, le gérant était d'origine étrangère, nord-africaine visiblement ; je ne sais pas si c'est vérifié statistiquement parlant, mais ceux qui en France sont les + zélés au niveau de leur travail semblent être ceux qui sont d'origine étrangère, je ne sais pas si il y a des explications psycho-sociologiques à ça... En tous cas merci à lui !! :)). Je prends pas mal de choses (conserve de lentilles cuisinés, conserve de fayots, pain au lait, tablette de chocolat, 2 ou 3 bananes, 1 ou 2 oranges, twix ou snickers...) et je profite de ce repas dans un petit parc au centre du village ; et une fois rassasié je range le tout...

    Se pose maintenant la question du lieu de couchage, alors que la bruine reprend : tout près du parc se trouve bien une sorte de petit préau, mais au moment de passer devant précédemment j'avais remarqué la présence de jeunes dont je prévoyais un retour dans la soirée, c'est en plein centre du village, et enfin les poutres en bois de ce préau ne sont pas du tout positionnées idéalement pour la pose du hamac. Donc je prends l'option de reprendre le GR, espérant me trouver un spot convenable d'ici la sortie du village ; à un moment sur la droite de la route il y a un pré avec quelques arbres, j'en fais le tour, et il y a bien à un endroit en bordure du pré une haie d'arbre chez le voisin, (où je pourrais poser la 1ère corde de mon hamac) avec du lierre sur les branches au-dessus pour me protèger un peu de la pluie, et un arbre dans le pré pas mal placé pour servir de support à ma 2ème corde. je prends ce parti-là. Bon malheureusement le chien du voisin finit par sentir/entendre ma présence, et évidemment il se met à aboyer. A un moment le propriétaire sort de la maison et demande à son chien de se calmer, je me permets alors d'intervenir pour expliquer la situation et les raisons pour lesquelles son chien aboie ; bon évidemment il a du mal à comprendre ce qu'un mec peut bien foutre à dormir à la belle étoile et dans son hamac un 23 décembre ; il me glisse un "beh j'espère qu'il ne vous croquera pas pendant la nuit", et je me permets de lui faire comprendre gentiment que de mon côté "j'espère pour moi, pour les voisins et pour lui que son chien n'aboiera pas toute la nuit..." De fait son chien finit par rentrer ; probablement la météo ne permet pas de le laisser passer la nuit dehors, puisqu'effectivement la bruine, plutôt que de s'atténuer comme je l'espérais, redouble d'intensité. L'eau ruisselle maintenant le long des feuilles de lierres et le bénéfice de leur protection n'est plus valable. Mon hamac s'humidifie de + en +, mon duvet commence à prendre l'eau ; la galère !!! Mais où aller si je détends mon hamac ?? ne dois-je pas espérer encore une accalmie qui permettrait enfin à l'humidité de s'évacuer ?? ce qui me perturbe dans ma décision aussi, c'est,que j'ai beau tendre l'oreille, je n'ai pas l'impression qu'il pleut tant que ça, alors que "si" je dois bien me résourdre au fait que "la bruine, ça paye pas de mine, mais ça mouille sacrément". Donc je finis par la prendre cette décision de détendre le hamac, et de rebrousser chemin, en prenant tout mon couchage sur le dos sans prendre le temps de plier quoi que ce soit, jusqu'au seul lieu suffisamment abrité que j'ai en tête : le préau du centre du village. Arrivé là je constate que mes pressentiments étaient bons, le préau est maintenant occupé par 4 jeunes gens, que je sollicite pour me donner une solution pour être abrité dans ce village de Monthyon. Très vite ils évoquent les gradins du stade de foot, qui n'est pas tout près, mais bon... Chacun y va de sa version pour me donner l'itinéraire à suivre pour aller jusqu'au stade, et c'est finalement le dernier qui proposera la solution qui, en plus d'être la + simple, me fera passer devant 2 abris bus qui pourraient selon eux et après réflexion, aussi servir d'abri pour ma fin de nuit. J'y vais de ce pas, après 800m je trouve effectivement les 2 abris bus, le tendage du hamac est effectivement envisageable mais j'ai décidément pris la direction opposée à celle que je dois prendre demain, et j'ose imaginer que les gradins du stade seraient préférables (notamment les abris bus sont tout près d'un grand carrefour : pas génial) ; je continue donc mon chemin pour finalement me rendre compte que le stade est inaccessible, et alors que la bruine reprend de plus belle, je n'ai pas la foi d'escalader les clôtures au risque de déchirer mon hamac ou autres... Néanmoins, plutôt que d'aller retrouver mes abris bus bien près de la circulation, je préfère me diriger vers le GR, espérant trouver, sur le chemin, un lieu approprié, je retombe sur le GR sans avoir rien trouvé, je remonte un peu le GR et la rue qu'initialement j'avais descendu pour trouver mon pré : en vain, je me résigne, sous une bruine intensifiée, à regagner ces abris bus à l'autre bout du village. J'ai finalement parcouru 3 km (dont 2km dans le vent pourrait-on dire) sous la bruine et la nuit pour finir sous un abri bus près d'une route hyper passante (ces 3km je les ai inclus dans la distance du jour, si vous visionnez le lien du plan d'itinéraire avec les balises pour chaque km, mon 1er lieu de couchage, le pré se trouve au km 41, les abris bus au km 42, le stade près du km 44. Comme vous vous doutez, cette aventure nocturne n'est pas terminée : je suis maintenant bien trempé, tout comme l'ensemble de mon couchage, je vous dirai la prochaine fois comment ça s'est terminé.

    En tous cas profitez bien de votre prochaine nuit ;) ;) :hilarious: :hilarious:

    PS : la grande question : pourquoi, lorsque je me suis retrouvé errant sous la bruine au milieu de la nuit, ne suis-pas retourné voir la dame qui m'avait proposé de revenir la voir en cas de boulangerie fermée pour me donner de quoi manger ?? Très probablement, cette dame très gentille m'aurait accueilli sans trop de difficulté... est-ce que dans ma tête c'était trop sortir de l'aventure, je l'aurais peut-être pris cette option en fin de périple pour une avant-dernière ou dernière nuit dehors, mais là je commençais tout juste mon périple, pour le moral j'ai du croire qu'il fallait mieux s'y plonger complétement plutôt que faire le choix de la facilité qui aurait rendu la reprise du périple, le lendemain matin, particulièrement difficile au niveau mental. Y a pas à dire on devient très vite sauvage !!
     
    #42 Florent85, Feb 3, 2019
    Last edited: Feb 3, 2019
    petit-pied, Hora, GT179 and 3 others like this.
  3. c17

    c17
    Expand Collapse
    Barefooters
    1. France

    Joined:
    Nov 21, 2016
    Messages:
    290
    Likes Received:
    620
    Quel courage Florent ! :wideeyed: Surtout pour moi qui n'aime ni le froid, ni l'humidité, ni le camping !!! :p
    (Je suis toujours autant impressionné par les distances que tu arrives a parcourir quotidiennement, mais avec toi, un marathon par jour, ça devient banal. ;))

    La suite, la suite ! ;)
     
    petit-pied and Hora like this.
  4. Hora

    Hora
    Expand Collapse
    Barefooters

    Joined:
    Jul 23, 2018
    Messages:
    23
    Likes Received:
    36
    J'ai hâte de lire l'épisode suivant dans lequel tu t'arraches le doigt de pied avec les dents (car il était foutu, trop infecté) et tu cautérises la plaie avec une braise ! :joyful:
    Et tu repars de suite évidemment.

    ;)
     
    c17 and petit-pied like this.
  5. Florent85

    Florent85
    Expand Collapse
    Barefooters

    Joined:
    May 29, 2016
    Messages:
    182
    Likes Received:
    465
    Merci pour vos interventions c17 et Hora : ;)

    Alors, cette fin de nuit et la 3ème étape, en ce 24 décembre ?

    La fin de nuit, je dirais qu'elle fut moins éprouvante que ce à quoi je pouvais m'attendre. Bon ce fut particulier de ne pas se couvrir beaucoup, dans un premier temps, alors que j'avais froid ; et ce pour qu'en premier lieu l'humidité excessive s'échappe (en gros je me disais qu'en me couvrant moins j'allais accélérer le processus de séchage, et donc j'allais pouvoir être "confortable" + vite). Et j'ai l'impression que ça a plutôt fonctionné (pour être honnête, si mon hamac était effectivement bien mouillé, pour mon sac à viande et mon duvet, c'était surtout au niveau des pieds que c'était la cata, pour le reste du corps ça allait encore : heureusement, sans doute, que mon sac de couchage était déperlant). Et donc j'ai pu dormir un peu.
    Bien avant le lever du jour un premier bus s'est arrêté, puis juste avant l'arrivée du 2ème, j'entendis des bruits de pas s'approchant, dont la régularité stoppa net au moment où le monsieur en question arriva à l'abri bus : la vision de ce hamac tendu en travers de l'abribus l'a visiblement un peu décontenancé, j'ai tout de même passé la tête par-dessus la toile de mon hamac pour le saluer, et m'assurer que je ne "le dérangeais pas trop", avant de lui souhaiter une bonne journée puisque son bus arrivait déjà. Et oui c'est pas vraiment le spot idéal un abribus, d'autant + quand des usagers souhaitent effectivement l'utiliser pour sa fonction de base (abriter des gens qui attendent leur bus).
    Du coup dès que les premières lueurs naissent, je plie bagage ; en me dirigeant vers le bourg du village pour reprendre des forces après cette nuit + éprouvante que prévue, un véhicule de la mairie passe devant moi, s'arrête 100m + loin, fait marche arrière, le conducteur me demande :
    "C'était vous sous l'abri-bus ? (il avait du me voir lors d'un passage précédent)
    - Oui.
    - Vous êtes SDF ?
    - Non, je fais un périple et cette nuit j'ai du me réfugier sous l'abribus à cause de la pluie.
    - OK."
    Et il repart pour sa journée de travail. Je rejoins le magasin de la veille pour y reprendre bananes et orange, profite de l'ouverture de la boulangerie pour y acheter 2 ou 3 viennoiseries et du bar juste en face pour me réchauffer devant un thé et prendre un peu soin de ce corps un peu trop éprouvé par l'aventure nocturne.

    Une fois retapé un minimum (~1/2h), je reprends le GR. Bon l'humidité rend la côte de la Butte de Montassis glissante, mais j'arrive à Meaux assez rapidement et sans trop d'encombres. Longeant le canal, je rate la bifurcation du GR pour aller vers le centre-ville, j'improvise donc, et mon détour n'est pas "dégueu" du tout, donc ça va ; juste un petit aller-retour vers les commerces pour le 2ème ravitaillement de la journée : encore 1 fois, je profite de la proximité entre une boulangerie et un bar pour acheter à manger (pizzas, quiche, viennoiseries) dans la 1ère et prendre un thé et me tenir au chaud dans le second (où je n'hésite pas à verser un petit pourboire).

    Je profite de la halte pour vous transmettre mon itinéraire du jour : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=869541#map. Et oui seulement 30km pour aujourd'hui.

    Je repars et me souviens des petits détours du GR : je les évite en restant sur l'artère principale le temps de franchir les 2 canaux. Je reprends alors le GR, et m'arrête rapidement pour profiter de la pompe à eau disposée devant l'usine d'eau potable : je procéde à un lavage aseptisant de mon pied.
    Et je repars en direction de Nanteuil-les-Meaux que je rejoins là encore + rapidement que mon souvenir d'il y a 2 ans le laissait présager. En revanche, après avoir hésité à l'endroit de la séparation entre le GR1 (que je dois suivre) et le GR14, j'emprunte un chemin carrossable qui le devient de moins en moins, compte tenu de l'humidité : c'est usant.

    La terre me colle aux semelles, mais pas que...

    Après être passé au-dessus de l'A4, je prends la bifurcation où il y a 2 ans cet homme mystérieux m'avait dit "à bientôt". Au bout de 200m, 2 petits chiens se mettent à courir vers moi en aboyant, je me mets sur la défensive, ils sont pas gros ces chiens mais c'est le genre hargneux, qui peuvent facilement chiqué un mollet, je distingue rapidement le meneur entre les 2... Bon ça va je n'ai pas une peur bleue, mais c'est chiant ce genre de situation, si bien que je me mets à "gueuler" "oh, ils sont à qui ces putains de chiens !!?" en direction d'habitations de fortune d'où, probablement, ces chiens viennent ; je reconnais, ce n'est sûrement pas la bonne manière pour que le propriétaire fasse ce qu'il faut, mais c'est vrai que c'est chiant, ces chiens qui nous poursuivent, et semblent prêts à nous mordre dès qu'on leur tourne le dos, qui fuient dès qu'on leur fait face, avant de revenir de + belle quand on leur tourne le dos à nouveau pour repartir, et ainsi de suite... A croire que les humains leur ont appris à être chiants... (probablement c'est plutôt l'instinct naturel de chasse en meute qui leur revient ; si j'évoque la responsabilité des humains, c'est que je pense qu'il y a quand même infiniment + de chiens, que de bons "maîtres" sachant bien les "éduquer" ; en gros comme souvent, on s'engage dans quelque chose sans prendre conscience des risques et en faisant abstraction de nos responsabilités)
    Bon visiblement tous les jeux ont une fin, même pour les chiens, puisqu'ils finirent par me laisser tranquille (bon faut dire qu'entre 2 volte-face je n'attendais pas qu'ils reviennent pour reprendre la course, et au fur et à mesure, beh on s'écartait de leur niche, et visiblement ils n'étaient pas prêt à tout ces cabots...)
    Une fois sur la route qui mène à Bouleurs, je décide d'y rester plutôt que de prendre la bifurcation du GR, craignant que le chemin devienne aussi boueux que précédemment (j'en ai marre de cette terre humide instable et qui colle aux semelles). Avant de quitter Bouleurs je m'arrête un peu près du ru qui longe la route, et le bruit de l'eau qui coule avec force m'incite à m'arrêter (j'aime beaucoup ce bruit de l'eau qui coule, tout comme le bruit du vent dans les feuilles d'arbre), ce qui est plutôt une bonne chose de toutes façons puisque j'ai mal aux épaules encore une fois. J'aurais sûrement même fait une mini-sieste si la température avait était + estivale, mais là je ne peux rester sans bouger trop longtemps, et au moment de repartir je me trompe de chemin, mais ça va, mon intuition corrigera l'erreur et je retrouvai le GR au moment de descendre sur Crécy-la-Chapelle.

    Là j'y fais des courses, boulangeries pour des viennoiseries, mais aussi supermarché pour quelques fruits. Décidément ma dernière nuit a puisé dans mes réserves, semble-t-il. Je sens l'ambiance de Noël dans ce bourg de Crécy-la-Chapelle fort sympatique (notamment j'adore les nombreux cours d'eau qui parcourent la ville, notamment l'un dont les eaux étaient en furie après les pluies récentes ; très impressionnant... et captivant : je passe plusieurs minutes coi devant) ; ça ne me motive pas pour repartir (d'autant + que la fatigue est là) : je me force un peu, histoire d'avancer autant que possible avant la tombée de la nuit. Je monte en sortie de village avant de redescendre sur Serbonne ; et je dois dire qu'en considérant la technicité du terrain (encore augmentée par l'humidité), je trouve que je m'y suis plutôt bien pris dans cette descente. C'était pas gagné...
    A Serbonne, où j'avais bivouaqué il y a 2 ans, visiblement l'itinéraire du GR a changé, mais de toutes façons j'aurais traversé tout droit quoi qu'il en soit. En approchant le lieu-dit le Haut-Gravin, je sais que je peux commencer à guetter pour le lieu de bivouac. Et en quittant le lieu-dit, je remarque bien un espèce de préau au sein d'un jardin bien sympatique, mais il est cloturé. Juste après, une eau canalisée qui tombe en bord de chemin, avec une planche bien disposée, comme pour faciliter une toilette ou un remplissage de seau ; me disant que c'est pas mal pour se faire une petite toilette avant de se coucher (d'autant + avec ma blessure au pied dont la guérison n'est pas encore acquise), j'observe les alentours : juste avant la "sortie" d'eau, il y a bien en bordure de chemin, en remontant un peu la pente un endroit qui pourrait convenir, et mon regard se porte à nouveau sur le préau. Si celui-ci n'a pas l'air idéal (je crois que c'était au niveau des "prises" pour mes cordes du hamac que ça posait souci), et ne vaut pas le coup d'enfreindre une propriété et de faire des acrobaties en escaladant le portail, je me dis qu'il pourrait facilement servir de refuge en cas de pluie (je ne veux surtout pas revivre la même nuit que la dernière - disons que ce préau sera ma solution de secours). Je pose donc mon hamac, vais faire ma toilette de pied aussi consciencieusement que possible, ai sûrement du grignoter 2,3 trucs, et me couche.

    En ce soir de Noël, je me dis que le spot est plutôt sympa (bien naturel mais avec une solution de secours au cas où)... J'ai bien mis mes souliers au pied de l'arbre, je suis prêt pour les cadeaux. Joyeux Noël !! ;)
     
    brosteo, c17, petit-pied and 2 others like this.
  6. petit-pied

    petit-pied
    Expand Collapse
    Chapter Presidents
    1. Belgium-Wall...
    2. Belgium-Vlaa...

    Joined:
    Nov 15, 2012
    Messages:
    1,850
    Likes Received:
    2,243
    quel périple tu nous tiens bien en haleine !;)
    bon j'avoue être soulagé de t'entendre parler de fruits vers la fin car je commence à m'inquiéter pour ton équilibre alimentaire :D
     
    Collapse Signature Expand Signature
    c17 likes this.
  7. Hora

    Hora
    Expand Collapse
    Barefooters

    Joined:
    Jul 23, 2018
    Messages:
    23
    Likes Received:
    36
    Et pour les protéines il court la bouche ouverte pour gober les insectes. :wacky:
    Bon doit pas y avoir grand-chose en hiver...
     

Share This Page