Coup de cœur, coup de sang périple à pieds + stop, en huaraches

Discussion in 'Chapters' started by Florent85, Nov 4, 2016.

  1. Hora

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    Y a une vidéo de toi FLorent, à l'arrivée d'une course :



    "Mon collègue ne pouvait pas dépasser le 30ème et j'avais pas pris de barre céréales, alors il a fait ce qu'il fallait, il s'est donné à moi !" :hilarious::hilarious::hilarious:

    Non en fait j'ai fait le parallèle avec toi mais c'est juste pour me trouver une excuse pour mettre la vidéo dans ton post, j'avais pas envie d'ouvrir un nouveau sujet juste pour ça... :sorry:
     
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  2. Florent85

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    Merci pour ton post hors-sujet Hora, j'adore :playful: :hilarious:.

    Et pardon par avance : ça va être long... et aventureux...

    Comment s'est passée la première nuit de mon périple, sous "mon" lavoir ?
    Il a un peu plu et effectivement le toit du lavoir, bien qu'en très mauvais état, m'a globalement protégé.
    Une douleur ressentie au pied au milieu de la nuit, à l'inspection tactile je sens bien une petite ouverture dans la peau, la douleur type inflammation me fait donc penser à un corps étranger (écharde ou autre)... que je ne parviens pas à enlever ; je prends donc le parti de regarder une fois le jour levé. Malheureusement lorsque j'inspecte la zone au levé du jour, je ne trouve aucun corps étranger, et je mets plusieurs minutes à identifier la cause de la coupure et de la douleur, qui elle persiste : et oui la sensation de coupure ressentie la veille dans la côte boueuse menant au Mont Pagnotte a laissé une séquelle, et la douleur qui correspond ne me parait pas bon signe :nailbiting: : très probablement mon hygiène foireuse due aux flaques d'eau stagnante de la veille et au fait que je n'ai pas pris la précaution de me laver au savon avant de me coucher, ne serait-ce que les pieds à l'eau "courante" du ruisseau, a initié un début d'infection, dont l'inflammation douloureuse me semble être une conséquence. Aujourd'hui je ne comprends pas bien cette "non-précaution" du lavage au savon avant le coucher, d'autant plus que cette "non-précaution" se répéta le matin avant de repartir : est-ce que l'hygiène apparente de l'eau du ruisseau ne m'inspirait pas confiance, est-ce que les berges du ruisseau étaient trop peu abordables ? Ou déjà le manque de lucidité me gagnait ??
    Sinon sans surprise le froid dans le hamac "passe" très majoritairement par la zone où mon corps est en appui sur le hamac ; mais ça va j'ai quand même réussi à dormir un peu, malgré une installation non-idéale du hamac : en effet pour être le + possible abrité de la pluie en m'adaptant à la toiture trouée, j'avais placé mon hamac de manière décalé par rapport au centre du lavoir (en clair, la longueur de corde entre la poutre et mon hamac côté tête était + courte que ma longueur de corde entre la poutre opposée et mon hamac côté pieds, alors que les 2 poutres étaient à la même hauteur ; résultat : mon hamac avait la tendance à fournir une position + verticale qu'il n'était souhaité. Bon il fallut bien aussi me refaire la main pour les noeuds (heureusement je fis un test avant de m'y allonger de tout mon poids le soir, ça aurait pu faire mal sinon sur le sol en béton du lavoir :blackeye:).
    Et dernière chose je dus aussi évaluer la solidité réelle du lavoir, puisque des soutiens verticaux avait été ajoutés pour alléger la charge sur les poteaux d'origine, et que des barrières et rubalises de sécurité étaient là, sans pour autant empêcher le passage (peut-être déplacés par des gens avant moi). Bon j'eus l'impression que ce serait bon, ce le fut, peut-être ai-je été inconscient et chanceux...

    Après cette nuit non idéale, je repris donc la course sous la pluie, à un moment que je croyais propice du point de vue météorologique (j'aime observer le ciel pour inspecter les nuages et essayer de prévoir le temps qu'il va faire dans la demi-heure qui suit et dans les 15km à la ronde :lurking: - et je crois y arriver assez bien, ce coup-ci en tous cas mes "prévisions" se vérifièrent :D). Au passage cette croyance que c'était le bon moment pour partir a peut-être été un élément supplémentaire pour expliquer cette non-précaution du lavage de pieds avant de partir (dans ma tête c'était "c'est le bon moment, il faut y aller maintenant" et non "prenons la précaution de bien se laver le pied" alors que la pluie aurait continué de me tomber dessus)

    Comme la veille, les premiers km s'effectuent à l'aveugle puisque que j'ai quitté le GR12 et qu'il me faut rattraper le GR1, heureusement mes souvenirs furent bons et j'eus la chance de trouver un monsieur qui put me le confirmer au carrefour cruciale du léger mais nécessaire changement de cap. Sinon au bout de quelques hectomètres, je croise à nouveau des chasseurs, cette fois aux fusils ; je m'annonce aussi fort que possible mais visiblement pas suffisamment encore puisque le premier d'entre eux que je saluai ne m'avait pas entendu, il me demanda d'un air un peu réprobateur si je n'avais pas vu les panneaux indiquant la "chasse en cours", je lui répondis que "si" mais que "je suis un itinéraire sur plusieurs jours et je ne connais pas suffisamment les alentours et donc les alternatives pour me détourner ainsi de l'itinéraire prévu" (et oui en l'occurrence il est évident que c'est à lui de s'adapter à moi et non l'inverse, mon frère Helder ajouterait peut-être que c'est de toutes façons toujours au + dangereux de s'adapter au + vulnérable, et non l'inverse : il n'a sans doute pas tort fondamentalement...). Cela dit cet homme fut plutôt jovial et sympa et on put échanger un peu sur la course minimaliste, puisqu'il était surpris de me voir ainsi chaussé alors que ses enfants et sa femme n'avaient réussi à courir durablement qu'après de nombreux essais pour finalement trouver les chaussures (maximalistes) qui leur étaient adaptées. La question des blessures se posa, notamment sur le long terme : je répondis que je pourrais lui en dire + si je le croisais dans 10 ou 20 ans...

    Une fois le GR1 rattrapé au niveau de la Butte aux Gendarmes (qui fut le seul endroit que je reconnus de ma récente participation au Trail de Senlis), je continue le chemin à travers la très sympathique forêt d'Ermenonville, avec néanmoins quelques ennuis gastriques qui ne prédisent là encore rien de bon :nailbiting:. Je finis par retrouver ce large chemin en ligne droite d'où j'avais raté une bifurcation du GR il y a 2 ans ; du coup j'augmente ma vigilance et je le trouve ce fameux chemin, et bien je dois dire qu'il vaut sacrément le coup :joyful: (très sympatique, monotrace ondulant tel un serpent au milieu d'un mélange de feuillus, de conifères et de fougères, ce fut un de mes meilleurs ressentis sur ce périple - et en plus il n'allonge pas la distance), et comme la nature a repris ses droits sur les engins forestiers, je ne rate pas cette 2ème bifurcation (dont le balisage avait été "dilué" par le saccage des engins forestiers, il y a 2 ans) et je parviens donc, cette fois-ci, à le suivre jusqu'au bout ce petit chemin, m'évitant un hors piste jamais agréable sur des périples de plusieurs jours.

    Sur ces bonnes nouvelles je vous transmets mon trajet du jour : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=863901#map

    Peu avant d'arriver aux abords de Loisy, je croise 2 motos de cross à grande vitesse et en plein virage sans visibilité, sur chemin bien détrempé ; bon là aussi c'est pas génial en général puisque c'est souvent le + vulnérable qui se range pour laisser la place au + dangereux (il serait peut-être bon, pour rééquilibrer la chose, de stigmatiser quelque peu ces pratiques excessivement virilistes, non ?? o_O).

    Dans la foulée je profite d'un parterre d'herbe emplie d'humidité, pour laver/aseptiser ma coupure sous le pied ; je crois même avoir sorti mon savon à l'argile (et donc aux propriétés aseptisante), et passant ainsi mon pied sur l'herbe mouillée pour le rincer.
    Comme il y a 2 ans c'est sur Loisy que je dus refaire mon plein d'eau, moyennant un léger détour dans un quartier, un monsieur m'ouvrit gentiment sa porte et me remplit ma bouteille de 50cl.
    Malgré la forte bruine qui semble s'installer, je repars (en même temps je n'ai pas vraiment le choix). Finalement la bruine dura moins longtemps que je ne craignais mais la forte humidité sur le chemin menant à la voix ferrée le rendit pénible à parcourir. Arrivé au pont qui passe au dessus de la voie ferrée, je prends l'option aventureuse de longer le grillage et de monter la pente abrupte, broussailleuse et argileuse, plutôt que de suivre le chemin : ce fut bête, je n'ai gagné que des écorchures aux jambes.

    J'arrive donc à Beaumarchais où j'ai bien la confirmation que la pendule du clocher ne fonctionne pas : comme il y a 2 ans, elle affiche 6h alors que pour le coup fin décembre il serait censé faire nuit à cette heure-là : je comprends définitivement que l'erreur vient de la pendule et que je n'ai pas été victime d'une "hallucination" il y a 2 ans ;)
    Et tout comme il y a 2 ans, j'ai du mal à courir en sortant de Beaumarchais, mais pour d'autres raisons : le chemin est devenu très boueux par l'humidité et les cailloux parfois posés sur le chemin, et qui pourraient donc être une solution au pb d'humidité, sont trop gros et irréguliers pour permettre une course sereine dans ce contexte de périple au long cours. Ce n'est qu'une fois la côte montée et arrivé au "radar" (cf lien de la carte) que je pus me remettre à courir durablement. Sur cette sorte de route de crête je retrouve cette impression de grande précarité d'il y a 2 ans au vue des habitations sommaires qui longent cette route, cette impression s'estompant au fur et à mesure que j'approche de Dammartin : là j'achète des viennoiseries pour tenir un peu le coup et poursuivre le chemin. Je retrouve le GR en sortie du village, et ce chemin terriblement casse-gueule en conditions humides (avec mes huaraches particulièrement). Mais cette-fois encore je parviens à ne pas tomber :D. Je rejoins St-Mard et 1 km après la sortie, mes douleurs aux épaules sont trop fortes et je préfère m'arrêter de courir ; et de toutes façons au moment de retrouver le Bois de l'Homme Mort et mon lieu de Bivouac d'il y a 2 ans, le chemin devient trop boueux et cahotique pour pouvoir continuer la course, ce qui adoucit les remords dus au mal d'épaules. Je passe tout près d'un lieu-dit qui se nomme l'Enfer et effectivement la traversée de ce Bois de l'Homme Mort est usante, et l'humidité n'arrange rien, je me mets pieds nus (de toutes façons huaraches ou pieds nus, quand c'est très humide, au niveau hygiène, c'est kif-kif et je me dis que la terre grasse et argileuse peut peut-être me faire du bien pour ma coupure sous le pied), et je parviens à courir un peu malgré l'épreuve. Je finis par arriver à Montgé-en-Goële, où je reconnais "mon lierre pour le moins dense et proéminent" d'il y a 2 ans, mais cette fois-ci je ne m'y arrête pas, espérant pouvoir gagner le village de Monthyon 7 km + loin, avant la nuit. Je prends donc la grimpette en sortie de village et pour le coup les 4km de chemins forestiers qui suivent m'apparaitront beaucoup moins longs et fastidieux qu'il y a 2 ans : sûrement la nature qui a là encore repris ses droits (cf message correspondant) a aidé ; peut-être aussi le fait de savoir la fin de journée proche ou simplement ma + grande expérience de la CAP...
    Sauf qu'en sortie de forêt le chemin emprunté est là encore soit très humide (d'autant + que la bruine revient un peu), soit recouvert de cailloux non propices à la course. Mais le but est proche, juste avant d'entrer dans Monthyon, je me rince les pieds dans un fossé-caniveau, puis je demande à une habitante s'il y a des commerces ouverts : elle me répond que malheureusement elle est quasi-sûr que la boulangerie est fermée, et me propose très gentiment de revenir la voir et qu'elle me donnerait quelque chose pour moi, si ça se confirmait : bravo Madame !! :) Effectivement la boulangerie est fermée mais une supérette est ouverte jusqu'à 23h :eek: et on est un dimanche soir :eek::eek: (comme souvent je crois dans ces cas-là, avec ce genre d'horaire, le gérant était d'origine étrangère, nord-africaine visiblement ; je ne sais pas si c'est vérifié statistiquement parlant, mais ceux qui en France sont les + zélés au niveau de leur travail semblent être ceux qui sont d'origine étrangère, je ne sais pas si il y a des explications psycho-sociologiques à ça... En tous cas merci à lui !! :)). Je prends pas mal de choses (conserve de lentilles cuisinés, conserve de fayots, pain au lait, tablette de chocolat, 2 ou 3 bananes, 1 ou 2 oranges, twix ou snickers...) et je profite de ce repas dans un petit parc au centre du village ; et une fois rassasié je range le tout...

    Se pose maintenant la question du lieu de couchage, alors que la bruine reprend : tout près du parc se trouve bien une sorte de petit préau, mais au moment de passer devant précédemment j'avais remarqué la présence de jeunes dont je prévoyais un retour dans la soirée, c'est en plein centre du village, et enfin les poutres en bois de ce préau ne sont pas du tout positionnées idéalement pour la pose du hamac. Donc je prends l'option de reprendre le GR, espérant me trouver un spot convenable d'ici la sortie du village ; à un moment sur la droite de la route il y a un pré avec quelques arbres, j'en fais le tour, et il y a bien à un endroit en bordure du pré une haie d'arbre chez le voisin, (où je pourrais poser la 1ère corde de mon hamac) avec du lierre sur les branches au-dessus pour me protèger un peu de la pluie, et un arbre dans le pré pas mal placé pour servir de support à ma 2ème corde. je prends ce parti-là. Bon malheureusement le chien du voisin finit par sentir/entendre ma présence, et évidemment il se met à aboyer. A un moment le propriétaire sort de la maison et demande à son chien de se calmer, je me permets alors d'intervenir pour expliquer la situation et les raisons pour lesquelles son chien aboie ; bon évidemment il a du mal à comprendre ce qu'un mec peut bien foutre à dormir à la belle étoile et dans son hamac un 23 décembre ; il me glisse un "beh j'espère qu'il ne vous croquera pas pendant la nuit", et je me permets de lui faire comprendre gentiment que de mon côté "j'espère pour moi, pour les voisins et pour lui que son chien n'aboiera pas toute la nuit..." De fait son chien finit par rentrer ; probablement la météo ne permet pas de le laisser passer la nuit dehors, puisqu'effectivement la bruine, plutôt que de s'atténuer comme je l'espérais, redouble d'intensité. L'eau ruisselle maintenant le long des feuilles de lierres et le bénéfice de leur protection n'est plus valable. Mon hamac s'humidifie de + en +, mon duvet commence à prendre l'eau ; la galère !!! Mais où aller si je détends mon hamac ?? ne dois-je pas espérer encore une accalmie qui permettrait enfin à l'humidité de s'évacuer ?? ce qui me perturbe dans ma décision aussi, c'est,que j'ai beau tendre l'oreille, je n'ai pas l'impression qu'il pleut tant que ça, alors que "si" je dois bien me résourdre au fait que "la bruine, ça paye pas de mine, mais ça mouille sacrément". Donc je finis par la prendre cette décision de détendre le hamac, et de rebrousser chemin, en prenant tout mon couchage sur le dos sans prendre le temps de plier quoi que ce soit, jusqu'au seul lieu suffisamment abrité que j'ai en tête : le préau du centre du village. Arrivé là je constate que mes pressentiments étaient bons, le préau est maintenant occupé par 4 jeunes gens, que je sollicite pour me donner une solution pour être abrité dans ce village de Monthyon. Très vite ils évoquent les gradins du stade de foot, qui n'est pas tout près, mais bon... Chacun y va de sa version pour me donner l'itinéraire à suivre pour aller jusqu'au stade, et c'est finalement le dernier qui proposera la solution qui, en plus d'être la + simple, me fera passer devant 2 abris bus qui pourraient selon eux et après réflexion, aussi servir d'abri pour ma fin de nuit. J'y vais de ce pas, après 800m je trouve effectivement les 2 abris bus, le tendage du hamac est effectivement envisageable mais j'ai décidément pris la direction opposée à celle que je dois prendre demain, et j'ose imaginer que les gradins du stade seraient préférables (notamment les abris bus sont tout près d'un grand carrefour : pas génial) ; je continue donc mon chemin pour finalement me rendre compte que le stade est inaccessible, et alors que la bruine reprend de plus belle, je n'ai pas la foi d'escalader les clôtures au risque de déchirer mon hamac ou autres... Néanmoins, plutôt que d'aller retrouver mes abris bus bien près de la circulation, je préfère me diriger vers le GR, espérant trouver, sur le chemin, un lieu approprié, je retombe sur le GR sans avoir rien trouvé, je remonte un peu le GR et la rue qu'initialement j'avais descendu pour trouver mon pré : en vain, je me résigne, sous une bruine intensifiée, à regagner ces abris bus à l'autre bout du village. J'ai finalement parcouru 3 km (dont 2km dans le vent pourrait-on dire) sous la bruine et la nuit pour finir sous un abri bus près d'une route hyper passante (ces 3km je les ai inclus dans la distance du jour, si vous visionnez le lien du plan d'itinéraire avec les balises pour chaque km, mon 1er lieu de couchage, le pré se trouve au km 41, les abris bus au km 42, le stade près du km 44. Comme vous vous doutez, cette aventure nocturne n'est pas terminée : je suis maintenant bien trempé, tout comme l'ensemble de mon couchage, je vous dirai la prochaine fois comment ça s'est terminé.

    En tous cas profitez bien de votre prochaine nuit ;) ;) :hilarious: :hilarious:

    PS : la grande question : pourquoi, lorsque je me suis retrouvé errant sous la bruine au milieu de la nuit, ne suis-pas retourné voir la dame qui m'avait proposé de revenir la voir en cas de boulangerie fermée pour me donner de quoi manger ?? Très probablement, cette dame très gentille m'aurait accueilli sans trop de difficulté... est-ce que dans ma tête c'était trop sortir de l'aventure, je l'aurais peut-être pris cette option en fin de périple pour une avant-dernière ou dernière nuit dehors, mais là je commençais tout juste mon périple, pour le moral j'ai du croire qu'il fallait mieux s'y plonger complétement plutôt que faire le choix de la facilité qui aurait rendu la reprise du périple, le lendemain matin, particulièrement difficile au niveau mental. Y a pas à dire on devient très vite sauvage !!
     
    #42 Florent85, Feb 3, 2019
    Last edited: Feb 3, 2019
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  3. c17

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    Quel courage Florent ! :wideeyed: Surtout pour moi qui n'aime ni le froid, ni l'humidité, ni le camping !!! :p
    (Je suis toujours autant impressionné par les distances que tu arrives a parcourir quotidiennement, mais avec toi, un marathon par jour, ça devient banal. ;))

    La suite, la suite ! ;)
     
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  4. Hora

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    J'ai hâte de lire l'épisode suivant dans lequel tu t'arraches le doigt de pied avec les dents (car il était foutu, trop infecté) et tu cautérises la plaie avec une braise ! :joyful:
    Et tu repars de suite évidemment.

    ;)
     
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  5. Florent85

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    Merci pour vos interventions c17 et Hora : ;)

    Alors, cette fin de nuit et la 3ème étape, en ce 24 décembre ?

    La fin de nuit, je dirais qu'elle fut moins éprouvante que ce à quoi je pouvais m'attendre. Bon ce fut particulier de ne pas se couvrir beaucoup, dans un premier temps, alors que j'avais froid ; et ce pour qu'en premier lieu l'humidité excessive s'échappe (en gros je me disais qu'en me couvrant moins j'allais accélérer le processus de séchage, et donc j'allais pouvoir être "confortable" + vite). Et j'ai l'impression que ça a plutôt fonctionné (pour être honnête, si mon hamac était effectivement bien mouillé, pour mon sac à viande et mon duvet, c'était surtout au niveau des pieds que c'était la cata, pour le reste du corps ça allait encore : heureusement, sans doute, que mon sac de couchage était déperlant). Et donc j'ai pu dormir un peu.
    Bien avant le lever du jour un premier bus s'est arrêté, puis juste avant l'arrivée du 2ème, j'entendis des bruits de pas s'approchant, dont la régularité stoppa net au moment où le monsieur en question arriva à l'abri bus : la vision de ce hamac tendu en travers de l'abribus l'a visiblement un peu décontenancé, j'ai tout de même passé la tête par-dessus la toile de mon hamac pour le saluer, et m'assurer que je ne "le dérangeais pas trop", avant de lui souhaiter une bonne journée puisque son bus arrivait déjà. Et oui c'est pas vraiment le spot idéal un abribus, d'autant + quand des usagers souhaitent effectivement l'utiliser pour sa fonction de base (abriter des gens qui attendent leur bus).
    Du coup dès que les premières lueurs naissent, je plie bagage ; en me dirigeant vers le bourg du village pour reprendre des forces après cette nuit + éprouvante que prévue, un véhicule de la mairie passe devant moi, s'arrête 100m + loin, fait marche arrière, le conducteur me demande :
    "C'était vous sous l'abri-bus ? (il avait du me voir lors d'un passage précédent)
    - Oui.
    - Vous êtes SDF ?
    - Non, je fais un périple et cette nuit j'ai du me réfugier sous l'abribus à cause de la pluie.
    - OK."
    Et il repart pour sa journée de travail. Je rejoins le magasin de la veille pour y reprendre bananes et orange, profite de l'ouverture de la boulangerie pour y acheter 2 ou 3 viennoiseries et du bar juste en face pour me réchauffer devant un thé et prendre un peu soin de ce corps un peu trop éprouvé par l'aventure nocturne.

    Une fois retapé un minimum (~1/2h), je reprends le GR. Bon l'humidité rend la côte de la Butte de Montassis glissante, mais j'arrive à Meaux assez rapidement et sans trop d'encombres. Longeant le canal, je rate la bifurcation du GR pour aller vers le centre-ville, j'improvise donc, et mon détour n'est pas "dégueu" du tout, donc ça va ; juste un petit aller-retour vers les commerces pour le 2ème ravitaillement de la journée : encore 1 fois, je profite de la proximité entre une boulangerie et un bar pour acheter à manger (pizzas, quiche, viennoiseries) dans la 1ère et prendre un thé et me tenir au chaud dans le second (où je n'hésite pas à verser un petit pourboire).

    Je profite de la halte pour vous transmettre mon itinéraire du jour : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=869541#map. Et oui seulement 30km pour aujourd'hui.

    Je repars et me souviens des petits détours du GR : je les évite en restant sur l'artère principale le temps de franchir les 2 canaux. Je reprends alors le GR, et m'arrête rapidement pour profiter de la pompe à eau disposée devant l'usine d'eau potable : je procéde à un lavage aseptisant de mon pied.
    Et je repars en direction de Nanteuil-les-Meaux que je rejoins là encore + rapidement que mon souvenir d'il y a 2 ans le laissait présager. En revanche, après avoir hésité à l'endroit de la séparation entre le GR1 (que je dois suivre) et le GR14, j'emprunte un chemin carrossable qui le devient de moins en moins, compte tenu de l'humidité : c'est usant.

    La terre me colle aux semelles, mais pas que...

    Après être passé au-dessus de l'A4, je prends la bifurcation où il y a 2 ans cet homme mystérieux m'avait dit "à bientôt". Au bout de 200m, 2 petits chiens se mettent à courir vers moi en aboyant, je me mets sur la défensive, ils sont pas gros ces chiens mais c'est le genre hargneux, qui peuvent facilement chiqué un mollet, je distingue rapidement le meneur entre les 2... Bon ça va je n'ai pas une peur bleue, mais c'est chiant ce genre de situation, si bien que je me mets à "gueuler" "oh, ils sont à qui ces putains de chiens !!?" en direction d'habitations de fortune d'où, probablement, ces chiens viennent ; je reconnais, ce n'est sûrement pas la bonne manière pour que le propriétaire fasse ce qu'il faut, mais c'est vrai que c'est chiant, ces chiens qui nous poursuivent, et semblent prêts à nous mordre dès qu'on leur tourne le dos, qui fuient dès qu'on leur fait face, avant de revenir de + belle quand on leur tourne le dos à nouveau pour repartir, et ainsi de suite... A croire que les humains leur ont appris à être chiants... (probablement c'est plutôt l'instinct naturel de chasse en meute qui leur revient ; si j'évoque la responsabilité des humains, c'est que je pense qu'il y a quand même infiniment + de chiens, que de bons "maîtres" sachant bien les "éduquer" ; en gros comme souvent, on s'engage dans quelque chose sans prendre conscience des risques et en faisant abstraction de nos responsabilités)
    Bon visiblement tous les jeux ont une fin, même pour les chiens, puisqu'ils finirent par me laisser tranquille (bon faut dire qu'entre 2 volte-face je n'attendais pas qu'ils reviennent pour reprendre la course, et au fur et à mesure, beh on s'écartait de leur niche, et visiblement ils n'étaient pas prêt à tout ces cabots...)
    Une fois sur la route qui mène à Bouleurs, je décide d'y rester plutôt que de prendre la bifurcation du GR, craignant que le chemin devienne aussi boueux que précédemment (j'en ai marre de cette terre humide instable et qui colle aux semelles). Avant de quitter Bouleurs je m'arrête un peu près du ru qui longe la route, et le bruit de l'eau qui coule avec force m'incite à m'arrêter (j'aime beaucoup ce bruit de l'eau qui coule, tout comme le bruit du vent dans les feuilles d'arbre), ce qui est plutôt une bonne chose de toutes façons puisque j'ai mal aux épaules encore une fois. J'aurais sûrement même fait une mini-sieste si la température avait était + estivale, mais là je ne peux rester sans bouger trop longtemps, et au moment de repartir je me trompe de chemin, mais ça va, mon intuition corrigera l'erreur et je retrouvai le GR au moment de descendre sur Crécy-la-Chapelle.

    Là j'y fais des courses, boulangeries pour des viennoiseries, mais aussi supermarché pour quelques fruits. Décidément ma dernière nuit a puisé dans mes réserves, semble-t-il. Je sens l'ambiance de Noël dans ce bourg de Crécy-la-Chapelle fort sympatique (notamment j'adore les nombreux cours d'eau qui parcourent la ville, notamment l'un dont les eaux étaient en furie après les pluies récentes ; très impressionnant... et captivant : je passe plusieurs minutes coi devant) ; ça ne me motive pas pour repartir (d'autant + que la fatigue est là) : je me force un peu, histoire d'avancer autant que possible avant la tombée de la nuit. Je monte en sortie de village avant de redescendre sur Serbonne ; et je dois dire qu'en considérant la technicité du terrain (encore augmentée par l'humidité), je trouve que je m'y suis plutôt bien pris dans cette descente. C'était pas gagné...
    A Serbonne, où j'avais bivouaqué il y a 2 ans, visiblement l'itinéraire du GR a changé, mais de toutes façons j'aurais traversé tout droit quoi qu'il en soit. En approchant le lieu-dit le Haut-Gravin, je sais que je peux commencer à guetter pour le lieu de bivouac. Et en quittant le lieu-dit, je remarque bien un espèce de préau au sein d'un jardin bien sympatique, mais il est cloturé. Juste après, une eau canalisée qui tombe en bord de chemin, avec une planche bien disposée, comme pour faciliter une toilette ou un remplissage de seau ; me disant que c'est pas mal pour se faire une petite toilette avant de se coucher (d'autant + avec ma blessure au pied dont la guérison n'est pas encore acquise), j'observe les alentours : juste avant la "sortie" d'eau, il y a bien en bordure de chemin, en remontant un peu la pente un endroit qui pourrait convenir, et mon regard se porte à nouveau sur le préau. Si celui-ci n'a pas l'air idéal (je crois que c'était au niveau des "prises" pour mes cordes du hamac que ça posait souci), et ne vaut pas le coup d'enfreindre une propriété et de faire des acrobaties en escaladant le portail, je me dis qu'il pourrait facilement servir de refuge en cas de pluie (je ne veux surtout pas revivre la même nuit que la dernière - disons que ce préau sera ma solution de secours). Je pose donc mon hamac, vais faire ma toilette de pied aussi consciencieusement que possible, ai sûrement du grignoter 2,3 trucs, et me couche.

    En ce soir de Noël, je me dis que le spot est plutôt sympa (bien naturel mais avec une solution de secours au cas où)... J'ai bien mis mes souliers au pied de l'arbre, je suis prêt pour les cadeaux. Joyeux Noël !! ;)
     
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  6. petit-pied

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    quel périple tu nous tiens bien en haleine !;)
    bon j'avoue être soulagé de t'entendre parler de fruits vers la fin car je commence à m'inquiéter pour ton équilibre alimentaire :D
     
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  7. Hora

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    Et pour les protéines il court la bouche ouverte pour gober les insectes. :wacky:
    Bon doit pas y avoir grand-chose en hiver...
     
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  8. Florent85

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    Merci Hora et Petit-pied :)

    Concernant mon régime alimentaire, j'en parle pas mais je suis parti avec pas mal de fruits secs (noisettes, amandes, noix de cajoux, noix du Brésil, raisins secs, dattes) et quelques pommes ; et aussi mon iskiate à base graine de chia, citrons pressés, miel. Cela dit c'est vrai que j'ai vraiment ressenti ce besoin de manger des fruits frais au bout de 2 ou 3 jours de périple et ce jusqu'à la fin (et donc pour l'essentiel j'achetai alors bananes, oranges, clémentines...)

    Vif le froid... (oui pardon, mes blagues sont toujours aussi pourries...)
    Bon je pressentais le froid arriver en me couchant (et c'est vrai qu'il était annoncé donc pas de surprise), et je sens donc bien le froid en cours de nuit, notamment aux pieds, j'enfile mes chaussettes de foot mais elles étaient encore un peu humide de la dernière nuit (ça c'était le gros défaut de ces chaussettes ; elles séchaient beaucoup trop lentement, j'avais beau les "étendre" toute la journée à mon sac...), du coup pas très efficace, la sensation de froid persiste... Je repense alors à cette idée qui m'avait été transmise par un oncle avec qui je partage le goût de l'aventure : pisser dans une bouteille et s'en servir comme d'une bouillotte ; malheureusement, je n'ai pas de bouteille dispo, je me risque à le faire à l'aide du sachet qui contenait les pains au lait de la veille : c'était risqué, je le savais, et je dois vous l'avouer pudiquement, celui-ci n'était effectivement pas suffisamment étanche, du coup j'ai légèrement souillé mes chaussettes (heureusement je m'en suis aperçu assez vite :eek: - bon désolé de vous partager tout ça mais bon en même temps si on parle d'aventure il faut bien évoquer aussi les "mais"-aventures). Je me dis qu'un des objectifs de la prochaine journée est de trouver une bouteille qui sera appropriée pour cet usage tout particulier. Et je me repose comme je peux alors que les températures deviennent négatives, les extrémités givrées de mon hamac en ont témoigné, et j'ai la joie de découvrir, au moment de plier bagage à l'aube le lendemain, la sensation que procure le fait de prendre à pleines mains (déjà engourdies), ce tissu givré (du hamac) pour le replier dans sa poche. Et pas le temps de se morfondre ni d'hésiter puisque la stratégie qui me parait la + efficiente consiste à se grouiller vu que je ressens moins le froid après quelques minutes de course à pieds, je pars donc le + vite possible sur ce sol gelé. Evidemment je ne peux profiter autant qu'il y a 2 ans de l'aspect pittoresque de cette portion de GR, d'autant + que la tuile arrive au bout de 3km : comme je le craignais, mon lacet casse, à un endroit/moment où sans exagérer il devait faire au mieux -3 ou -4°C. Et là ce fameux combat entre le corps et l'esprit : mes mains qui supplient mon cerveau d'arrêter d'essayer quoi que ce soit, qu'elles sont bien trop engourdies pour parvenir à renouer ces p..... de lacets, que c'est peine perdue ; et mon cerveau de répondre : "peupeupeup tu arrêtes tes conneries, tu te bouges, tu fais ce que tu as à faire et tu fermes ta gueule, sinon on y reste tous !! et tu te grouilles !!!" vous voyez le truc ?? et pour tout dire in fine, j'ai rarement fait une réparation aussi efficace et rapide (en général il y a toujours un réglage de tension à peaufiner, mais là non : parfait du 1er coup ; bravo mes mains :D). Bon je repars vite et quelques hectomètres + loin c'est la "loose", le chemin est beaucoup trop boueux, j'essaie de le contourner, mais le champ d'à côté n'est guère mieux, la galère, en bas, avant de passer sous la voie ferrée, je me trempe les pieds et lave mes sandales dans le ruisseau à l'eau glacée. Pour mes pieds sollicités par la course ça alla, pour mes mains, ce fut + dure... :cold: de l'autre côté de la voie ferrée, les flaques d'eau "sévèrement" gelées me confirment que les températures sont franchement négatives. Et en remontant ce faux-plat qui mène tout droit à travers la forêt à ce fameux rond-point où j'avais fait du stop il y a 2 ans, tout en louvoyant entre les boues débordantes du chemin, la chose déjà prévue se confirme définitivement, l'autostop vers Melun s'impose cette fois-ci encore. Bon l'espèce de snack-bar près du rond point est fermé, je commence le stop illico ; après de longues minutes à refroidir "diaboliquement" :cold:, une voiture finit par s'arrêter, et à part mes mains bien douloureuses parce que la chaleur revient beaucoup trop vite une fois dans la voiture (du coup je lève mes mains autant que je peux pour limiter la casse, mais discrétement quand même pour pas passer pour un con auprès de mon chauffeur...), je garde un bon souvenir de ce stop comme du suivant (un prof de physique assez philosophe, ouvert à l'aventure, et un couple de sportifs qui avait un ami qui faisait de l'ultra si je me souviens bien...).


    En 2 voitures, j'arrive donc au sud de Melun peu avant midi, où je commence par profiter d'un resto indien pour me refaire une santé… en commençant par m'aseptiser les pieds dans les toilettes. Ensuite je me régale bien comme il faut : je me dis que l'exigence de la matinée le justifie, d'ailleurs je suis tellement claqué que je me souviens m'endormir littéralement sous l'effet du repas et de la « chaleur » de ce resto. Je repars quand même, je me rallonge un peu en suivant le balisage d'une variante du GR2 qui fait passer par la gare, mais ça va mon intuition et ma vigilance me préservent d'une véritable erreur. Je rejoins donc le GR2 sur la rive gauche de la Seine, très vite je trouve ma fameuse bouteille qui devra me servir de bouillotte les nuits prochaines : une bouteille de coca-cola de 50cl, en parfaite état, et très vite je trouve ça très chouette l'idée de recycler une bouteille de cette marque au consumérisme et au marketing tellement assumés pour finalement en faire un « récipient à pisse » :D (bon cette bouteille de coca était très chouette, le seul hic, constaté après usage, était que le goulot n'était pas assez élargi pour y passer ma [bip] et que cela demandait une précaution particulière à l'usage ; peut-être il faudrait que je leur envoie un mail à coca pour leur demander d'élargir leur goulot de bouteille pour pouvoir y pisser + facilement dedans, non ?? :hilarious:).
    Bon sur ces belles pensées tout en courant, je rejoins Bois-le-Roi bien plus rapidement qu'il y a 2 ans (et oui c'est bien le GR2 qu'il faut suivre et non le GR1 si on veut aller vite) ; y arrivant vers 15h, je constate le givre sur le talus resté à l'ombre : et oui il n'aura pas véritablement dégelé de la journée... Avant de continuer le chemin, je prends le temps de solliciter 2 jeunes gens en bordure de Seine pour leur emprunter leur smartphone et accès internet afin de récupérer mon code PUK sur mes mails (puisque précédemment mon téléphone s'était allumé tout seul au fond de mon sac, les 3 essais de code PIN effectués à tort, toujours au fond de mon sac, et donc heureusement grâce à la générosité et la patience de ces 2 jeunes gens, je pus récupérer l'usage de mon portable, merci les gars ;)). Comme il n'y a pas vraiment de commerce sur mon chemin à Bois-le-Roi, je décide de pousser jusqu'à Fontainebleau pour pouvoir m'y ravitailler avant la nuit (et puis j'ai encore de l'énergie malgré le froid, profitons-en). Pour pouvoir gagner du temps et de l'énergie, je prends le risque de quitter le GR et ses circonvolutions en entrant dans la forêt de Fontainebleau, et de me laisser guider par l'intuition.

    Pour vous donner une idée de la chose, voici l'itinéraire du jour : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=871942#map (il faut retirer les 33km effectués en stop, ça fait en théorie 30km seulement encore aujourd'hui, même si c'est vrai que mon itinéraire intuitif ne m'a finalement guère épargné en terme de circonvolutions, et que celles-ci ne peuvent être pleinement intégrées dans ce calcul d'itinéraire qui reste approximatif).

    Donc comme vous pouvez le constatez, après avoir laissé le GR1 principal sur la droite en restant sur le GR1E, j'aurais été inspiré de rester sur cette variante encore 2 croisements (bien que le petit chemin serpentant, noté en bleu sur le fond de carte IGN, fut fort sympatique). Et ensuite 1 fois la grosse route traversée en direction de l'hippodrome, j'aurais pu là aussi persister, mais bon j'ai quand même du gagner du temps, sans pour autant que ce soit désagréable comme parcours, donc cool :D. J'ai même croisé 2 jeunes étrangers (hollandais ??) en train de plier leur matelas qui leur servait de protection au sol en cas de chute pendant leur séance d'escalade sur rocher, pas mal de VTT aussi, en fait beaucoup de monde croisés dans cette forêt pourtant immense.
    A Fontainebleau, en + de me ravitailler en divers produits conservables dans une supérette et dans une boulangerie, je me prends un vrai repas dans un resto rapide japonais (et oui, j'aime bien les restos exotiques, et encore une fois ça permet aussi d'être à l'abri du froid, puisque le problème à venir n'est pas que la nuit sera courte, mais bien qu'elle sera, à n'en pas douter, froide :cold: ; en gros je préfère rester au chaud jusque 19 ou 20h, plutôt que l'optique de se reposer dans mon hamac gelé :eek:).
    Mais il faut bien finir par y aller, et je quitte Fontainebleau en direction du sud, là encore je ne compte pas suivre le GR et ses détours le lendemain, mais + faire fonctionner mon intuition et ma mémoire jusqu'à Grez-sur-Loing (oui, parce que je l'avais un peu anticipé avant de partir : sachant que pour cet avant et après Fontainebleau, il valait le coup de ne pas suivre le GR principal, j'avais regardé sommairement le chemin qu'il m'était envisageable de suivre à l'intuition...).
    Ayant quitté Fontainebleau et m'étant écarté quelque peu du bruit des routes, tout en m'étant plongé un peu + dans cette forêt pour y gagner quelques précieux degrés pour la nuit, je finis par me choisir 2 gros feuillus pour tendre mon hamac, préparé à passer une nuit bien froide :matey:.

    Bonne nuit, à bientôt ;)
     
    #48 Florent85, Feb 25, 2019
    Last edited: Feb 25, 2019
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  9. Florent85

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    Coucou à tous.

    Le 5ème jour :
    Comment fut la nuit ? Comme prévu, froide ! J'ai essayé ma nouvelle bouillote coca-pipi :D, pas mal ;). Sinon sentant le froid traverser bien comme il faut à travers le hamac au niveau du haut du corps, j'ajoutai un maillot de corps sans y croire vraiment, et bien je fus agréablement surpris par le gain de chaleur (ou peut-être + la réduction de perte de chaleur ;)), je crois que la solution avec le hamac pour perdre le - possible de chaleur, c'est bien la succession de nombreuses couches fines, plutôt que peu de couches réputées isolantes (surtout qu'en général ces "couches réputées isolantes" ont le principe d'emprisonner de l'air, ce qui devient inefficace quand on s'appuie dessus). Sinon ayant une nouvelle fois froid aux pieds, je sortis mes chaussettes, je les humai : aïe, ça sentait trop la pisse pour que je les utilise telle quelle (encore une fois désolé, mais c'était bel et bien une aventure ;)), je pris donc la décision de terminer le déchirement déjà bien entamé au niveau des chevilles, faisant de ces chaussettes 2 entités distinctes, une partie "chausson", une partie "guêtre" (je rappelle que c'était des chaussettes de foot, particulièrement longues). Et je laissai pour l'instant la partie chausson puante de côté et enfilai les guêtres aux pieds : pas mal non plus ; et oui d'autant plus que comme je me levais souvent pour pisser (et en même temps renouveler ma bouillotte coca-pipi - au passage je pus vérifier qu'effectivement + il fait froid, + on fait pipi ; heureusement grâce à ma bouillote coca-pipi :hilarious: le cercle vicieux devient vertueux :)), c'était plutôt pratique, juste à relever mes guêtre, libérant ainsi mes orteils pour glisser mes pieds dans mes sandales, m'évitant le contact très froid et humide du sol en ces températures négatives. En définitive, en ces nuits froides , je portais un caleçon, mon short de course, mon pantalon en velours côtelé plutôt léger et usé (pour changer :p), 2 tee-shirts de course techniques ("technique" pour la course, pas pour protéger du froid :meh:), 1 veste légère et coupe-vent, 1 veste MP+ 3 couches, mes guêtres improvisées, mon sac à viande en soie, mon duvet, mon hamac.

    Sinon en plein milieu de nuit, j'entends un bruit d'animaux s'approchant, bruit que j'assimile assez vite à la réalité : un troupeau de sangliers se dirige droit vers moi en fouillant le sol en quête de nourriture. Je passe la tête hors du hamac pour vérifier, c'est bien ça, et alors qu'à une trentaine de mètres je distingue un mâle diablement imposant (pourtant j'en ai déjà vu des sangliers, dans "ma" forêt, et aussi dans des vidéos, mais jamais des comme ça, avec une avant-garde musculeuse et imposante façon bison, très impressionnant). N'ayant guère envie de me retrouver au milieu de cette harde d'une bonne vingtaine d'individus pour le moins intimidants, je chuinte une 1ère fois, ça les stoppe net ; mais quelques temps après ils reprennent leur recherche et leur mouvement implacable vers moi, je chuinte une 2ème fois, c'est alors que la réaction se fait + vive, et je crois reconnaitre le mâle imposant qui fait probablement office de chef sonner la retraite tout en rameutant et orientant les + jeunes loin de moi. Ouf !!

    Voilà l'itinéraire du jour à venir : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=876809#map

    Bon le jour finit par se lever, ce n'est pas que je sois très reposé, mais aucune raison de rester immobile dans mon hamac, je réitère le calvaire du rangement du hamac givré à mains nues, et pars dès que je peux. Bon le début d'itinéraire se fait à l'intuition, ce ne fut pas parfait, mais ça aurait pu être pire, ce matin encore le givre bien dru qui s'accroche aux fougères et autre végétation me confirme que les températures sont franchement négatives. Sans trop de mal j'arrive donc à Bourron-Marlotte, où je file à la Boulangerie pour me revigorer (bon ma bouche visiblement un peu engourdie par le froid ne parvient pas à articuler suffisamment pour me faire comprendre par la boulangère, qui, en réponse, a l'air de me prendre pour un con :mad: (ce qui m'énerve d'autant + c'est qu'elle refusa de prendre mes sachets préservés d'un précédent achat pour ensacher ses produits, sous prétexte hygièniste :wtf: ; si c'est pas elle, la conne dans tout ça ?!! Bon j'ai du prendre tarte à la poire, crumble à je sais plus quoi, pain au chocolat, et d'autres choses encore... et prendre tout ça sous le bras pour me "réfugier" dans le bar juste à côté, pour me poser au chaud et y prendre un thé. Là encore je commence par visiter les toilettes, y faire mon lavage aseptisant de pieds, d'autant + qu'à ma coupure qui se porte pas trop mal, s'est ajoutée une mycose sous les 2 orteils externes de mon pied droit (l'humidité a évidemment joué, le froid vif n'a pas du aider, mais mon alimentation relativement lactée a du aussi sacrément aggraver...). Aussi dans ces toilettes j'en profite pour laver mes "chaussettes-chaussons qui puent" avec mon savon omnirôle (non sérieusement j'avais déjà pu constater qu'il était bien efficace comme lessive ; si vous voulez je vous donnerez la marque ). Et je me restaure et me revigore. En quittant le lieu, je poursuis l'accumulation d'énergie en m'arrêtant dans la supérette et y prenant quelques fruits. Un local m'indique le chemin le + court pour gagner le prochain village Grez-sur-Loing : merci à lui, ce fut judicieux :). Ayant rejoint le GR13, je poursuis ensuite jusqu'à Montcourt-Fromenville, à travers un chemin boisé bien sympa. Puis Nemours où, traversant d'abord la rivière comme le préconise le balisage, puis préférant me renseigner auprès de locaux sur les possibilités de l'autre côté de la rivière puisque le GR13 s'écarte visiblement du Loing, je finis par rebrousser chemin, et alors en gagnant la rive du canal, je me rends compte que je n'ai qu'à la suivre sur de longs km puisque la Scandibérique (itinéraire cyclable qui relie la Suède à Compostelle en Espagne) longe ce fameux canal. Bon cool, surtout que je sature des chemins boueux qui m'empêchent de courir. Résultat : près de 50km parcouru aujourd'hui. Je guette les rares fois où les rayons de soleil parviennent à percer les nuages, j'en profite à fond quand ça arrive (l'impression que j'en ai un réél besoin) ; lorsque j'arrive au niveau d'un bourg (Dordives puis Fontenay sur Loing), je me pose la question d'un éventuel détour pour me ravitailler, c'est ainsi que je sollicite l'avis régulièrement à des gens que je croise : suis-je sûr de trouver de quoi me ravitailler sur Cépoy où je passe de toute façons, où dois-je jouer la sécurité, quitte à faire un détour de l'autre côté de la rivière ? Finalement j'opte pour avancer autant que possible en faisant confiance. Peu avant Cépoy je croise un coureur que j'avais sollicité pour la question du ravitaillement 1h auparavant, et nous nous arrêtons pour discuter franchement. Lui me parle de sa profession de danseur contemporain qui le motive à entretenir son corps, à travers la course à pieds, les fêtes de fin d'année chez la belle-famille et moi qui lui parle de mon périple aventureux : contact bien sympatique, si bien que nous échangeons quelques infos pour essayer d'avoir des nouvelles l'un de l'autre via internet (je lui parle de la BRS, lui de son groupe de danse ; malheureusement comme souvent quand je prends contact lors de mes périples et alors que j'avais vraiment apprécier discuter avec cet homme , je ne parviens pas à me souvenir suffisamment des infos pour pouvoir donner suite ensuite ; je crois qu'inconsciemment la parenthèse aventureuse doit pour moi rester une parenthèse, un peu comme hors du temps)

    J'arrive finalement à Cépoy à la nuit tombée, pas de boulangerie ouverte mais un traiteur, une supérette et un bar qui feront bien l'affaire : je prends un peu de fromage chez le traiteur, et des flageolets bio, des chips, des sortes de pains grillés, quelques fruits, chocolat en tablette, une barre balisto dans la supérette, et j'entre donc dans le bar pour profiter de tout ça après cette bonne journée de course à pieds. J'en profite tellement que, étant aux toilettes pour vidanger, m'aseptiser les pieds et me couvrir en prévision de la nuit (qui là encore s'annonce bien froide), le patron du bar doit me rappeler que c'est bientôt l'heure de fermeture (19h30), je regroupe vite mes affaires, et demande avant de partir où je pourrais trouver une poubelle à verre pour y déposer le bocal qui contenait les flageolets ; son indication parait précise, donc je le remercie et quitte le lieu, sans profiter de sa proposition que je lui laisse le bocal pour qu'il le dépose ultérieurement. Finalement il m'a bien eu, puisque je l'ai cherché longtemps son conteneur à verre ; ayant finalement toqué à une porte, le résident m'apprit que le conteneur naguère présent avait été supprimé :mad: rageant, surtout quand pendant tout ce temps à chercher on se pèle les miches (oui parce qu'en tant qu'écolo du quotidien, je mettais un point d'honneur à destiner ce bocal au recyclage, d'autant + que je sais que le verre est le matériau pour lequel ça vaut vraiment le coup de recycler ; et puis au passage autant le dire franco, le recyclage c'est pour se donner bonne conscience, au final ya que le "0 déchet" qui vaille :p).

    Bon je reprends donc mon chemin vers la forêt de Montargis où j'ai prévu de passer la nuit (oui cette fois encore je pense que me réfugier en pleine forêt me fera sans doute gagner quelques précieux degrés). Pour y accéder j'avais vu qu'il semblait possible de passer par une sorte de parc de château/terrain de foot. Je passe par la grille ouest peu de temps avant l'heure de fermeture annoncée, mais arrivé à la grille est, je me rend compte qu'elle est fermée, je cherche la faille sur le flanc est, en vain, je me résigne à revenir sur mes pas, espérant, soit que la grille ouest soit encore ouverte malgré l'horaire de fermeture dépassé, soit, encore mieux, de trouver une ouverture/brêche miraculeuse sur le mur d'enceinte sud que je longe. Et bien le miracle eut lieu : je passe par la porte qui donne sur un fond de jardin que je traverse en priant pour qu'il n'y ait pas un chien ou un humain qui considère que j'empiète sur son territoire ; non le miracle a lieu jusqu'au bout :). Ayant rejoint la route qui longe la voie ferrée, je souhaite définitivement trouver une destination cohérente à mon bocal de verre avant de quitter la "terre des hommes" et d'entrer dans le "royaume animé". Une voiture se présente devant une propriété, je m'approche pour exprimer mon souci qui a l'air d'étonner mon interlocuteur qui me propose simplement de glisser mon bocal dans la poubelle recyclage (jaune) qui se trouve sur le trottoir ; je lui obéis bêtement tout en lui partageant mes doutes, sans non plus trop en faire parce que j'avoue je suis usé de dépenser autant d'énergie pour ce p..... de bocal que j'aurais définitivement du laisser au barman :rage:.

    Bon ça y est me voilà enfin dans la forêt, et suffisamment éloigné de la route : je tend mon hamac près du chemin, au ras du sol, profitant d'une sorte de dépression du terrain, un léger trou, que je crois propice pour me faire gagner là encore 1 ou 2 degré.

    A bientôt et bonne nuit...
     
    #49 Florent85, Mar 6, 2019
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    Toujours aussi sympa cas récits !
    Il faudra que t'en fasse un livre ! Avec des illustration style gravure et des carte des lieux style ancien (genre care du seigneur des anneaux) ^^
     
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  11. Florent85

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    Merci Hans, c'est vrai que moi-même j'aime assez partager sur ces périples à pieds que j'ai fait.

    Et après quelques semaines, me revoilà pour le récit du 6ème jour :

    La nuit : toujours aussi froide ; l'épreuve du pliage du hamac givré dans sa poche le matin avant de partir : toujours aussi éprouvante...
    Mais visiblement j'ai bien choisi mon lieu de couchage, une fois prêt à partir, je me dirige vers le chemin qui est à - de 10m, et je remarque la différence de température notable entre mon lieu de bivouac et le chemin non abrité : du coup ça pique pour reprendre la course, et là encore il me faut me forcer, malgré mes muscles froids ; aussi pour éviter d'avoir vraiment trop froid aux mains, j'enfile "mes guêtres" aux mains pour en faire un semblant de gants (il fait vraiment froid, autour de -5°C je pense :cold:).

    Me voilà parti et je file tout droit jusqu'à tomber sur une route et apercevoir les premières maisons du village de Paucourt, ce qui m'indique que je ne suis pas à l'endroit que j'imaginais, heureusement mon intuition corrigera efficacement, et je finis par retrouver le GR13, et en ce début de journée je m'en sors pas trop mal, je m'égare peu alors que le balisage est light, j'ai bien laissé tombé mon mouchoir à un moment mais je m'en suis vite rendu compte et l'ai récupéré après un aller-retour de quelques centaines de mètres. Sinon au moment d'arriver à Moulin-Plateau sur la grande route, je m'arrête au bar-resto qui est là et prend un thé, me réchauffe, refait mon iskiate, discute au bar avec un ami proche de la patronne, tous 2 très sympatique, et tous 2 d'origine étrangère, elle Espagne ou Portugal, lui du Maghreb je crois ; j'ai aimé leur sollicitude sans pour autant m'exclure de la discussion. Cependant, je ne prolonge pas l'arrêt pour prendre de quoi manger.

    (En revanche j'ai sûrement du consulté mon itinéraire à venir, que voici : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=878965#map ; noté 38km et quelques, c'est sûrement plutôt 40km+ parcourus aujourd'hui, puisque je me rends compte que j'ai omis plusieurs détours effectués : chemin sinueux dans la forêt de Montargis, aller-retour du mouchoir, et détour à Châtillon-Coligny pour me ravitailler).

    Je repars donc et à la sortie du village, comme il y a 2 ans je tente de couper à travers la forêt et son dédale de cours d'eau : cette fois-ci, il y avait moins d'ortie, je pus donc pousser + loin mes "investigations", mais ça ne m'a pas empêché de faire un bon détour pour chercher une passerelle sur le cours d'eau, en vain. Je dus donc me résigner à passer à gué. j'ai bien repéré un endroit où quelques branches d'arbres tombées à travers le cours d'eau pourraient m'aider, mais cela ne me dispensa de plonger mes pieds jusqu'au genou dans l'eau bien froide :coldfeet:, mais encore une fois, je n'en souffris pas tant que ça.
    Et une fois la rivière passée je pus regagner le GR sans trop de mal (peut-être escaladé quand même 1 portail, je sais plus...). Je n'ai sûrement pas gagner de temps, mais pour mon prochain périple, je connais maintenant le chemin ;).
    Et là encore, comme il y a 2 ans, je quittai le GR pour gagner le bord du canal le + tôt possible, en passant devant 1 maison et à travers ce qui avait tout l'air d'une propriété privée habitée (bien qu'il n'y ait, là, pas de portail pour le notifier), et j'avoue, pour le coup, j'essaierai d'éviter la prochaine fois, je suis pas méchant (et le monsieur non plus puisque l'on s'est salué après que son chien vigilant m'ait repéré) mais ça doit pas toujours être cool de voir des gens passer devant chez soi, dans ce qui ressemble à un jardin...

    Bref, j'arrive à Montcresson, et après un petit détour en centre-ville pour regarder si je peux me ravitailler, en vain, je reprends le chemin vers Montbouy, puis, ayant laissé le GR13 pour le GRP du Gâtinais, vers Châtillon-Coligny, où cette fois-ci, enfin, je peux me ravitailler correctement, toujours pâtisseries, quelques fruits et on trouve un bar pour se poser à l'abri du froid. D'ailleurs le patron m'expliquera que le froid important de ces derniers jours est plutôt inhabituel pour la région (c'est ce qui me semblait aussi : avant de partir, lorsque je regardais la météo, entre le 3ème et le 6ème jour de périple, la température minimale en plaine sur la France, était atteinte par là où je devais passer, alors que cette région traversée n'est pourtant pas réputée froide ; c'est comme ça, pas de bol).

    Bon j'avoue que je sens la fatigue, mais je dois pas non plus m'éterniser, d'autant + que je crains la pluie pour la nuit et que je me dis que + j'avance, + j'ai de chance de trouver un lieu convenable pour m'abriter. Je repars donc, et reprend la direction du Sud sur le GRP. Je retrouve "mon" lieu de bivouac d'il y a 2 ans, mais décide de continuer, puisque le jour est encore là et que ce lieu de bivouac est trop peu abritant en cas de pluie.
    En revanche, 2 km + loin, à proximité d'un croisement, je repère une bâtisse, qui a l'air abandonnée, j'inspecte, je repère un endroit correct pour mon hamac (les poutres, dans ce qui devait être une étable avec ses mangeoires, ont l'air suffisamment solides), bien que la nuit ne soit pas encore tombée, je décide d'en rester là pour aujourd'hui et je vais donc dormir dans du dur cette nuit ; enfin faut pas s'imaginer le confort non plus, c'était vraiment poussiéreux, abandonné, à part quelques pas de rongeur (peut-être assez gros vu le bruit) au-dessus ma tête :walkingdead:, en tous cas pas un habitat régulier pour un être humain depuis longtemps.

    Je reprends un dîner sommaire, puis me couche, content de ne pas avoir à craindre la pluie, et de gagner pour la nuit, quelques degrés toujours aussi précieux, dans cette étable.

    Bonne nuit, à bientôt ;)
     
    #51 Florent85, Apr 21, 2019
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  12. Florent85

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    Et le 7ème jour de périple... il y aura de la féérie

    D'abord la nuit : j'ai effectivement eu moins froid que les autres nuits, sûrement que la protection de cette bâtisse abandonnée y a contribué, mais aussi le temps s'est radoucit visiblement, dans mon souvenir il ne gèle pas à l'aube, et je ne me souviens pas avoir excessivement souffert du froid en reprenant la course, en tous cas pas autant que les matins précédents.

    Et de fait ça se passe plutôt bien ce matin, je cours efficacement, ce qui me permet de gagner Ouzouer-sur-Trézée avant midi (et avec, là encore + de facilité qu'il y a 2 ans, où notamment le chemin de halage juste avant ce village m'avait alors semblé long ; cette fois-ci beaucoup moins). Arrivé au village, je me ravitaille en viennoiseries et en produits conservables et artisanaux (notamment pain d'épices), puis en redescendant la rue, je m'arrête à la pizzeria qui accepte de me servir malgré mon avance sur l'horaire d'ouverture (en fait le gérant venait de s'installer et je ne peux que recommander cette pizzeria d'Ouzouer-sur-Trézée : le service est rapide et attentionné, et le rapport qualité/prix plutôt bon). Après m'être copieusement alimenté, avoir fait ma toilette minimaliste, étudié mon itinéraire à venir, je repars non sans difficulté.

    En parlant d'itinéraire, voici celui du jour : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=898562#map : ça fera 44km pour aujourd'hui.

    Heureusement, après 2,3 km ce fut acceptable ; et juste avant de gagner les berges de la Cheuille, rivière qui longe la Loire sur 5 km avant de s'y jeter, je me souviens d'un raccourci envisageable en coupant à travers un pré de vigne. je tentai, ça passa (bon je ne gagnai que 300m mais c'est toujours ça). Arrivé sur la route qui mène à Bonny-sur-Loire, je profite d'un véritable mini zoo ornithologique particulier (visiblement un fan de canards qui positionna ses enclos en bord de route tout en fixant sur le grillage des fiches explicatives pour chaque espèce, partageant ainsi sa passion et sa science aux passants curieux : sympathique je trouve :)). Je parviens ensuite à Bonny, tout en sentant la fatigue pointer son nez. Je me ravitaille donc en viennoiseries, fruits et autres aliments, et là encore je profite du bar pour me réchauffer, prendre un thé et me restaurer confortablement. Notamment le pain d'épices avec le thé et les mandarines délicieuses que je venais d'acheter, ce fut un délice, simple mais efficace :hungry:. Malgré la fatigue il faut me résigner à reprendre le chemin.

    Je repars donc pour tenter de gagner le prochain village, Neuvy-sur-Loire, avant la nuit.
    Et justement au moment où la luminosité commençait à décliner, advint un événement que je qualifierais de féérique. J'aperçus un oiseau (un faisan sans doute) courir 50m devant moi, sur le même chemin que moi, dans le même sens que moi, comme s'il me fuyait... mais en fait pas tout à fait, puisqu'au fur et à mesure que je le rattrapais, cet oiseau restait sur le chemin, et de fait au moment où j'arrivai à sa hauteur, je m'arrêtai et vis ce qui semblait être un congénère s'envoler dans le sous-bois voisin, mais "mon" oiseau lui restait là à portée de main : incompréhensible ! Je voulus reprendre ma course, l'oiseau commença à me suivre : ?!?!?!?! Pensant qu'il était blessé et qu'il avait peut-être faim, je sortis un peu de pain dont je lançai quelques miettes, il en fut indifférent. J'étais je dois dire touché par cet oiseau et cette situation à laquelle je ne comprenais pas tout, mais je me devais de repartir. Au moment de reprendre la course, là encore l'oiseau me suivit et se mit à courir à côté de moi, vous savez c'était ce genre de chemin rural où le passage régulier de véhicule à 4 roues lisse 2 bandes de terre et laisse une langue de verdure au milieu, moi je courrais sur la bande de gauche, mon acolyte aviaire sur la bande de droite, au même niveau que moi. et nous courûmes ainsi tous 2 ensemble sur 2 ou 3 centaines de mètres, après quoi mon acolyte, non spécialiste de ce genre de sport, ne put tenir la cadence. Non sans émotion, je lui dis "au revoir" et continuai ma course. Proprement hallucinant comme situation je trouve. Si certains parmi vous ont des explications rationnelles je suis preneur.

    Après quoi j'arrivai à Neuvy à la nuit tombée et je me souvenais qu'à la sortie de ce village, au hameau des Pelus pour être précis, se trouvait un abri-bus qui pourrait servir de bivouac ou au moins de solution de secours en cas de pluie. J'y arrivai. Je commençais par inspecter un peu l'endroit, profitai du ruisseau qui coulait là pour me faire ma toilette pré-nocturne, ça a fait froid mais bon il le faut bien quand même ; ensuite je retrouvai mon abri-bus qui avait plusieurs défauts quand même : tout près d'une route assez grosse et passante, juste à la verticalité du ruisseau qui passait en-dessous, ce qui me faisait craindre une humidité refroidissante pour la nuit (et je pensais ne pas avoir besoin de ça ;)), le positionnement des poutres n'était pas non plus idéal pour mon hamac, et puis ça restait un abri-bus, jamais très confortable si on se fait "déranger" par quelqu'un qui le convoite légitimement pour son usage premier. Je me décide finalement à chercher + loin un lieu + sauvage et + adapté à mon besoin, et si possibe pas trop loin quand même (on sait jamais en cas de forte pluie, l'abri-bus peut rester une très bonne solution de secours).

    Je monte la côte du GR et au bout de 200m je vois un chemin sur la gauche, je finis par distinguer une sorte de chalet, peut-être même un 2ème, ils n'ont pas l'air habités, il y a de nombreux arbres (des bouleaux sans doute) qui ont l'air bien appropriés pour poser mon hamac. je me risque donc à installer mon hamac dans ce qui pourrait être un jardin privé, bien que je n'ai aucunement aperçu de boîte aux lettres ni de portail, ni de clôtures. je me couche, et mon esprit enfin posé, un peu comme une révélation je prends la décision pour le lendemain de gagner en courant la prochaine ville (Cosne-Cours-sur-Loire) à une quinzaine de km, assez rapidement pour de là entamer l'auto-stop le + tôt possible sur l'A77, espérant pouvoir arriver à ma destination finale (près de Grenoble) le soir même. En effet ayant eu des contacts avec mes frères durant la journée, je sais qu'une bonne partie de la famille sera là-bas dès demain soir, et c'est vrai que je sens mon corps éprouvé par l'aventure, et mon moral aussi d'ailleurs, je commence à saturer des nuits inconfortables dans le froid, je sens que je profite moins de l'aventure, et qu'il se pourrait bien que rapidement ce soit l'aventure qui profite de moi, et ce n'est pas le but... Et de fait une fois la décision prise, je sentis bien qu'à travers l'apaisement consécutif ressenti, ce fut la bonne. Donc pour demain, une dernière demi-journée de course, et j'espère arriver à Grenoble le soir... Y arriverai-je ??

    A bientôt ;)
     
    #52 Florent85, May 1, 2019
    Last edited: May 1, 2019
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  13. Florent85

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    Et la 8ème et dernière journée...

    La nuit s'est pas trop mal passée, même si le froid s'est fait sentir. Et la reprise de la course fut éprouvante. Si vous relisez mon CR du jour précédent, vous vous aperceverez que mes reprises de course sont de + en + questionnantes. Et ce dernier matin de course, j'ai régulièrement des douleurs au genou droit, je me souviens se courts auto-massages rapides pour essayer d'enrayer le mal, + ou - efficaces... Je finis quand même par arriver à Cosne-Cours-sur-Loire et je reste sur le GR qui longe la Loire le + longtemps possible, un peu trop sans doute puisqu'après avoir bifurquer sur la gauche, je dus revenir en arrière (puisqu'une voie de chemin de fer me bloquait le passage et que des locaux me répondirent qu'il valait mieux revenir en arrière - aujourd'hui après consultation de la carte, je pense que ce n'était pas la bon choix), et j'optai même pour l'option risquée d'enjamber le grillage du chemin de fer, et de traverser la voie ferrée, de la longer dans le sens inverse et enfin d'escalader une dernière clôture pour me retrouver enfin sur un terrain autorisé, me permettant de poursuivre ma route, sans crainte de l'interpellation ou du mur infranchissable qui contraint au demi-tout forcé (et à la pensée "tout ça pour rien" :p, donc on est mine de rien heureux quand on retrouve in fine l'espace publique dans ces cas-là ;)). Bon la suite n'est pas très glamour puisque je dus me "taper" 1,5 km sur des trottoirs de zone commerciale (pas chouette :vomit:) pour pouvoir enfin commencer un stop efficace sur la bretelle d'accès de l'A77 au sud de Cosne-Cours-sur-Loire (après réflexion et étude de la carte, si c'était à refaire, je continuerais 1km de + sur le GR avant de prendre la route qui traverse la voie ferré via un passage à niveaux, puis le petit chemin qui coupe à travers champs pour rattraper mon spot de stop au + vite : + agréable, - bitumé, pas + long, + légal :D).

    Voilà l'itinéraire de cette demi-journée de course : https://www.calculitineraires.fr/index.php?id=899534#map, une vingtaine de km donc.

    Bon le stop fut plutôt très sympa et efficace : je me souviens notamment de ce duo d'amis avec qui j'ai beaucoup échangé sur l'aventure, le défi sportif et sur la comparaison entre condition animale et humaine (j'ai rarement été aussi engagé dans une discussion, comme si la semaine aventureuse que je venais de vivre me donnait, à mes yeux, une légitimité pour affirmer mes convictions, et pour autant le respect mutuel fut préservé donc c'était bien sympa :)) ; aussi un basketteur pro américain, mais jouant en France, qui ne parlait pas un mot de français, et qui appela 1 amie française pour être sûr d'éviter les couacs dans la compréhension de nos attentes mutuelles autour du stop : sympa aussi :) ; ensuite, après un aller-retour de 800m en courant parce que ma carte n'était pas suffisamment à jour et m'indiquait une bretelle d'accès qui n'existe pas :eek:, et alors que le rond-point où je me trouvais était envahi par les Gilets jaunes, une jeune femme super sympa (ergothérapeute je crois), avec qui j'échangeai sur la relation d'autorité avec le public que l'on côtoie en travaillant dans le social, m'emmena jusqu'aux abords de Grenoble ; au moment d'être déposé, je cherche ma pochette contenant mes cartes, je ne les ai pas dans mes affaires, je cherche rapidement sous le siège, sur le tableau de bord, en vain ; aujourd'hui encore je ne sais pas où ni comment je l'ai perdue même si j'ai bien 2,3 idées... et comme j'ai un lien "sentimental" fort avec mes objets, et je dirais d'autant + fort que la valeur marchande est faible (souvenez-vous de mon hamac au retour de la dernière édition de l'Eco Trail du Massif des Brasses), je fis des pieds et des mains pour essayer de retrouver cette pochette avec mes cartes, je fus particulièrement pénible envers cette jeune femme pourtant très généreuse de m'avoir pris en stop, en lui envoyant plusieurs sms a posteriori pour vérifier si elle n'avait pas retrouver ce "graal affectif", mais non... C'est quand même triste de savoir que cette pochette et ces bouts de cartes ont errés ci ou là, peut-être même sous la pluie et dans le froid, n'attendant que de retrouver, en vain, leur propriétaire attentionné... RIP :hilarious::hilarious: (en vrai je rigole mais il y a vraiment un fond de vérité je crois... :shy:;)). Bon pour la suite du stop, j'ai eu droit à un Gilet jaune, bien à gauche, mais pour qui il valait la peine de prendre le risque d'une démocratie accrue (via le Référendum d'Initiative Populaire), même si ça devait profiter à l'extrême droite, un côté démocrate fondamentaliste (partagé par pas mal de gens bien à gauche je pense) que je trouvai touchant... Et donc ce 29 décembre 2018, j'arrivai à destination vers 20h, si mes souvenirs sont bons. Gagné !! :)

    Bon il y aura quelques conséquences et quelques apprentissages consécutifs à ce périple, et pour aller jusqu'au bout je vous les partagerai dans un prochain message.

    A bientôt donc ;)
     
    #53 Florent85, May 4, 2019
    Last edited: May 4, 2019
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  14. Hora

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    Pour le faisan (appelons-le comme ça), je ne suis pas ornithologue mais je dirai soit il était apprivoisé (ou tout du moins très habitué à la présence humaine) et égaré (y a des fermes à faisan ?), soit c'était un jeune (dont le parent serait celui que tu as vu fuir) et du coup un peu neuneu et pas encore craintif des humains ? mais j'y crois moyen... ^^
    Bizarre en tout cas effectivement. :)
     
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  15. Florent85

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    Merci Hora ;)

    Oui j'ai aussi pensé à ces lachés que certains chasseurs font pour la chasse (et là me vient en tête ce fameux passage à 4min45 sur cette vidéo : monumentale, je crois le + gros fou-rire de mon existence :hilarious::hilarious::hilarious:).

    Pour revenir à nous (pfiou il faut que je reprenne mon sérieux après ça... pas facile :really playful:), je me dis que ces animaux "lâchés" sont sans doute + ou - habitués à la présence humaine... En tous cas cet animal avait quand même une taille conséquente, je pense qu'il était adulte.
     
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  16. TiZ

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    Merci pour ces récits, c'est un vrai plaisir à lire !
     
  17. Florent85

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    Merci Tiz (Claire ;)), tant mieux si ça plait, moi aussi ça me plait de l'écrire :D.

    Bon les conclusions que j'ai tirées de cette aventure...

    Mais déjà les conséquences : et oui je dois vous avouer que mes douleurs à mes reprises de courses en fin de périple allaient s'installer durablement, si bien que je ne pus recourir avant au moins 1 mois et 1 séance d'osthéo (bon de toutes façon me dit-il lui-même, avec un volume de course comme le mien, il est bon de consulter tous les 2 ans minimum) ; ce fut frustrant, et même, j'avoue, démotivant : et oui je ne cours pas pour me blesser, au contraire, je cours pour un mieux être et j'ai toujours cru que la course pieds nus était un très bon vecteur pour atteindre ce but ; donc si je me blesse, à quoi ça rime tout ça ?? Je crois que la motivation revient petit à petit, les douleurs m'inquiètent de moins en moins (bon ça c'est pas sûr que ce soit bon signe... :p). A suivre...

    En tous cas, je me dois d'analyser ce qui a conduit à cette blessure : je ne veux pas renouveler l'expérience (et oui on pourrait croire comme ça mais je ne suis pas maso :p:p), surtout que jusque-là je peux dire que je m'en tire bien... je crains, c'est vrai, la blessure ultime qui m'empêcherait de recourir de manière définitive, surtout, c'est vrai aussi, parce que ça donnerait du grain à moudre à tous les rageux du "pieds nus ??! tu vas te blesser c'est sûr !!" ; ça ne devrait pas mais je suis bien obligé de constater qu'à l'occasion de cette blessure ces con...ds qui parlent sans rien connaitre à ce qu'ils disent et sans être prêt à se remettre en question, entravent ma liberté, piétinent mon insouciance ("insouciance" qui n'a rien à voir avec "inconscience", je crois être bien + conscient que ces personnes imbus de leur bêtise). Je vous passe les détails, mais c'est dingue ce que l'être humain est capable de mettre en place pour tenter de culpabiliser les gens à outrance, tout simplement, semble-t-il, parce que ces "gens" ont le toupet de se libérer de certaines chaînes (peut-être parce que cette liberté accrue leur rappelle (à ces con...ds) ces chaînes qu'ils croyaient oublier pour eux-même... et voilà comment l'humanité "grâce" à ces con...ds, met des siècle à se libérer de comportements/croyances évidemment archaïques et insensés - vous remarquerez bien que ce qui passe pour de la bien-pensance à un instant t est souvent considéré, quelques siècles + tard, comme de la bêtise au + haut point). Bon une fois écrit tout ça (ça fait du bien), il faut bien aussi aussi les accepter tels qu'ils sont, ces ... personnes ;), mais pour aller jusqu'au bout, il ne faut pas non plus s'empêcher de se positionner, au contraire... en toute liberté, et dignité ;). Bon là j'ai bien dérivé, désolé... :stop:

    Pour ce qui est des raisons de ma blessure : d'un point de vue technique, je pense que ce déhanchement qui m'avait réussi il y a 2 ans et demi, et que j'ai régulièrement encouragé depuis sur ce site, et bien je dois reconnaitre qu'il n'est pas la solution ultime sur du long court, loin s'en faut : en effet il a fonctionné lorsque je me forçais à faire beaucoup de km malgré mon niveau de débutant, parce que ma vitesse et, donc aussi l'impact au sol, étaient relativement faibles (je me souviens que, objectivement, sur ce 1er périple ma foulée s'apparentait plutôt à de la marche rapide qu'à de la course à pieds nette). Aujourd'hui que j'ai une vitesse de croisière qui est bien supérieure sur du long, ce déhanchement, qui dans les faits, en ce qui me concerne, est souvent apparu comme un palliatif à une foulée que je ne parvenais pas à maintenir suffisamment "arrondie", aujourd'hui il ne peut enrayé la blessure inévitable ; en gros la meilleure foulée est bien la foulée tout en rond, avec des genoux bien fléchis à la pose, et retour en arrière du pied avant la pose, avec une cadence de pas élevée ; et quand la fatigue finit par arriver ou alors que les jambes sont encore raidies, lors des reprises de la course, des bornes accumulées les jours précédents, et bien on perd cette foulée qui est la + efficiente, et on met en place un déhanchement exagéré pour combler le manque d'efficience, ce qui, à la limite est envisageable avec une vitesse réduite, mais ce qui devient plutôt un écueil et une source de blessure avec une vitesse + élevée. Après pour tout dire, je crois que je déhanche à chaque fois que je cours, mais cela doit rester quasi-imperceptible, ou au pire inconscient.

    Aussi nul doute que mes nuits froides et inconfortables ont nui à ma santé. Et bien je crois avoir trouver une partie de la solution, un matelas de sol qui fait la taille d'une canette une fois plié. je viens de le recevoir, le voici : https://www.conditionsextremes.com/..._qKDZ4DU9CqSVNRDNNoQe05Qp8GP6QOxoC1ZIQAvD_BwE
    Apparemment c'est + confortable qu'il n'y parait, en tous cas ça me parait pas con, à tester...

    Sinon ce fut bel et bien l'aventure, j'ai aimé, il ne fallait pas que ce le soit +, j'ai, je crois, bien fait d'arrêter l'aventure, avant que ce soit elle qui profite de moi ;).

    Et probablement je le referai, avec pour objectif principal de ne pas me blesser... C'est quand même pas pour ça qu'on court...
     
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  18. c17

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    1. France

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    Hello Florent ! :)

    C'est très bien dit, si tu savais comme je me reconnais la dedans... :lurking:

    Merci encore pour ton récit ! ;)

    Clément
     

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