Coup de cœur, coup de sang périple à pieds + stop, en huaraches

Discussion in 'Chapters' started by Florent85, Nov 4, 2016.

  1. Florent85

    Florent85
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    Merci pour tes questions Gustaf.

    La boussole...

    Alors déjà je crois qu'on est tous d'accord que ça fait parti du périple de se perdre (c'était encore une chose que je m'étais dite avant de partir : je m'attendais à avoir des moments déprimants comme celui-ci ; et quand je dis déprimant, tout est relatif).

    Concrètement ensuite, je vois effectivement un cas de figure où la boussole m'aurait évidemment évité de me tromper : quand j'ai pris le GR dans le mauvais sens dans Melun.

    Pour le reste je n'ai pas l'impression qu'elle m'aurait été d'un grand secours : parce que comme j'ai fait le choix de suivre les GR, il n'y a que les fois où je décide de moi-même de quitter le GR (comme d'ailleurs ça a été le cas en arrivant dans Melun) que la boussole aurait pu me servir, parce qu'en général quand tu perds le GR, tu t'en rends compte assez vite et à ce moment mon objectif principal était de le retrouver au + vite en estimant dans un premier temps à quel endroit j'ai raté une bifurcation (et c'est là qu'avec plusieurs GRs ça peut devenir compliqué c'est vrai, dans ce cas aussi la boussole pourrait sûrement aider).

    en outre la boussole pour moi sert essentiellement quand tu es sans carte, ou que l'horizon est uniforme (au milieu d'une forêt dense, avec des chemins qui serpentent, par exemple), si tu as une carte, même sommaire, et que tu n'es pas devant un paysage uniforme (désert, jungle, mer) il y a plein d'indices qui, croisés aux infos que tu as sur ta carte, donnent + d'informations qu'uniquement la direction (comme s'en contente la boussole) ; et ce n'est pas que visuel : il est rare de ne pas entendre une route au loin même au milieu d'une forêt, un clocher qui donne régulièrement l'heure est aussi un très bon "outil" (pour se diriger et savoir où on est, et pas uniquement pour donner l'heure, vous l'aurez compris) ; après oui on peut se tromper avec cette multitude d'infos, parfois on prend une route pour une autre, mais pour moi ça fait partie du jeu. Et on apprend de ses erreurs...

    Et tout naturellement j'aime aussi me servir du soleil (à condition qu'il soit là) : mais je reconnais que j'ai déjà réussi à prendre la direction opposée en me fiant au soleil (en faisant un périple à vélo) ; mine de rien ça demande un peu de discernement c'est vrai et quand on débarque de notre quotidien coupé de la nature et qu'on a pas l'habitude de voir, de vivre la course régulière du soleil dans le ciel, on fait parfois quelques erreurs grossières. mais là encore au fur et à mesure a priori on progresse...

    J'avoue : si je devais repartir demain, je ne sais pas si je prendrais une boussole, en fait je ne crois pas, mais merci pour l'idée, peut-être qu'elle fera son chemin...

    Pour moi la conclusion de cette journée difficile, c'est que les GRs en milieu urbain, à moins qu'on suive les cours d'eau, a priori c'est galère si on veut cumuler beaucoup de km... J'aurais probablement été plus inspiré de suivre le GR2, qui est juste de l'autre coté de la Seine et qui lui, la longe tout le long de Melun à Bois-le-Roi : aucun risque de se tromper, aucune prise de tête pour l'itinéraire : et là on prend plaisir à courir.
     
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  2. Florent85

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    Je reprends le fil avec la 5ème journée de mon périple.

    On se prépare...
    Je craignais donc les moustiques pour la nuit, finalement ça a été : le fait que le hamac se referme sur moi ne me protège pas que de la pluie ; plusieurs nuits lors de mon périples, j'entendrai les moustiques faire le tour du hamac, comme pour chercher une porte d'entrer, sans y parvenir... En plein milieu de la nuit, 2 personnes passent sur le chemin, à 4-5m de moi, avec leur lampe : ils ne me voient pas. Et ce matin je me lève tôt, remballe mes affaires (ça va vite avec le hamac, c'est encore un avantage) et me dirige rapidement vers la boulangerie de la place du village : la veille j'avais couru pour profiter de cette boulangerie avant la fermeture, en vain. Et ce matin me voilà à me peler les miches 20 bonnes minutes en attendant l'ouverture : je n'ai que très peu de réserve de nourriture, et comme je m'apprête à entrer dans la grande forêt de Fontainebleau et que je n'en sortirai pas avant une vingtaine de km, je préfère faire un peu de réserve... quitte à attendre un peu dans le froid (et tout est relatif : il doit faire 12°C, c'est surtout parce que je suis en permanence en short et avec, pour le haut, au maximum 1 tee-shirt manche courte et 1 veste manche longue légère, en plus du sac à dos gilet, que j'ai un peu froid ce matin-là). En attendant ainsi, je vois passé un jogger qui court sur la pointe des pieds, je me fais la réflexion que ça doit lui faire super mal : moi qui par nécessité, ne peut pas envisager une autre attaque au sol qu'avec le médio-pied, je me dis qu'il va probablement un peu trop loin.
    Une fois la boulangerie ouverte et mes réserves faites, je quitte Bois-le-Roi et m'engouffre dans la forêt de Fontainebleau, en trouvant facilement mon chemin... je croise les doigts pour que la tendance de la veille s'inverse parce que je pressens que les occasions de se perdre dans cette forêt de Fontainebleau seront nombreuses et que les conséquences, si ces occasions se transforment en réalité, seront potentiellement plus problématiques que la veille (cette forêt est grande, et ma carte peu précise), d'autant plus que je sais que je devrai à un moment donné dans cette forêt quitter le GR1 et rejoindre "à l'aveugle" Fontainebleau pour rattraper le GR13...

    La nature est belle... Si elle est humaine ça dépend...
    Cette forêt de Fontainebleau est effectivement superbe (presque autant que la forêt de Compiègne ;)), avec ses gros blocs de pierre qui la jalonnent, son relief qui la sculpte, et son sable fin qui la tapisse... Très agréable à parcourir, et je me dis que ça vaut bien tous les détours que le GR1 m'y fait faire.
    A un moment, me voyant approcher d'un gros croisement sur lequel j'aurai forcément à m'arrêter pour chercher consciencieusement le balisage du GR, j'en profite pour me mettre à marcher et me nourrir en pistaches que j'avais en stock dans la poche de mon "baluchon". un coureur "tout équipé" ("il a la classe quoi", je le dis parce que je le remarque d'autant plus que ce n'est pas mon truc d'acheter toute la panoplie qui pourrait faire croire que la technique a surpassé ma nature) me double, sans prendre garde à moi. Au gros croisement je vois ce coureur s'approcher d'un snack qui est disposé là, comme s'il cherchait à vérifier qu'il est vraiment fermé, ou pour chercher un robinet d'eau extérieur. Je m'approche de lui quand il en revient, en lui demandant s'il manque d'eau et en lui en proposant, alors même que j'ai conscience d'être limité au niveau de la boisson ; et il me répond qu'il a une réserve de 3 litres (si je me souviens bien), soit 3X la mienne, et que c'était juste pour voir si ce snack serait ouvert à son passage au retour. Dans la foulée je lui propose de cheminer avec lui en lui demandant s'il suit bien le GR1 (le rythme avec lequel il m'a dépassé me laissait supposer que je pouvais le suivre sans trop de difficulté, et accessoirement cela pourrait me permettre d'éviter à me poser la question de l'itinéraire puisque ce monsieur a l'air de bien connaître la forêt, mais pour tout dire c'est essentiellement pour avoir de la compagnie que je lui faisais cette proposition). Il me dit qu'il suit bien le GR1 au début mais le quitte rapidement après, et n'a pas l'air contre l'idée que l'on chemine un peu ensemble. on commence à chercher ensemble le chemin (moi en cherchant le balisage sur les arbres, lui avec son i-phone sur lequel figure sa position et probablement aussi son itinéraire) A un moment donné il fait marche arrière, n'étant pas sûr de la direction ; en revenant moi aussi sur mes pas, la lanière de ma sandale gauche, que j'avais effectivement vu s'user au fur et à mesure des jours précédents, se casse définitivement : la tuile !!! Je le fais savoir à mon compagnon de l'instant, il me répond avec condescendance qu'effectivement il ne fallait pas venir courir en sandale ici. Je lui réponds que ce sont des sandales de course, adaptées à ce genre de pratique. Il me répond : "oui mais là c'est la forêt de Fontainebleau"... cette dernière réplique est assez rigolote je trouve : y a bien quelques rochers, quelques racines, quelques aiguilles de pin peut-être, mais de là à parler de cette forêt de Fontainebleau comme si c'était de la haute montagne... c'est rigolo. Ce qui est moins rigolo par contre, c'est qu'il ne me laisse pas le temps de répondre, et qu'il me tourne le dos, reprenant son chemin, et me laissant là avec mon problème à résoudre, sans même un "bon courage" ni un "au revoir".
    (Pour plus d'explications concernant les raisons de cet accident de sandale et mes conclusions, voir le NB en fin de message)

    Mais une fois n'est pas coutume
    Comme j'ai un problème à résoudre et qu'il n'est pas temps de se laisser polluer l'esprit par une personne qui confirme bien que la technique a surpassé sa nature, et c'est pas que le niveau de la technique soit particulièrement élevée... (oh c'est méchant ce que je dis, c'est pas bien, hein ??) En tous cas c'est vrai que si je pesterai régulièrement contre cet individu les jours qui suivent cet événement, sur le coup je préfère me concentrer intensément sur mon problème : j'essaie donc de faire un noeud à l'endroit où la lanière s'est cassée, mais le cuir est vraiment trop usé, et en tirant dessus pour serrer le noeud, la lanière se recasse à un autre endroit... Je crois que d'autres idées saugrenues me sont alors passées par la tête, mais je finis par me faire à l'idée de demander de l'aide à un automobiliste garé là : après l'avoir salué, je lui fais part de mon embarras et lui demande donc s'il n'a pas quelque chose qui ressemble à un lacet, un bout de ficelle dans sa voiture, et s'il ne pourrait pas me le donner pour que je puisse réparer ma sandale et reprendre mon périple. Là-dessus ce monsieur qui lui n'a pas spécialement de "panoplie" et qui n'a pas "la classe" (retraité avec une voiture pourrie et en bazar) se met à retourner son coffre et finit par trouver un cabas dont les anses pourraient constituer la solution à mon problème. Il me le passe et me regarde effectuer la réparation, c'est con à dire et je crois que la situation l'amusait aussi, mais j'ai senti une réelle bienveillance chez ce monsieur qui avait été absente chez l'autre : un grand merci donc à ce monsieur retraité avec sa voiture pourrie et en bazar (la bienveillance ça paie pas de mine), du fond du coeur...;)
    Parce que figurez-vous qu'en plus la réparation tiendra tout le périple...
    Je salue bien chaleureusement mon sauveur et je cherche à reprendre mon chemin ; je dis "je cherche" parce que j'ai beaucoup de mal à trouver le balisage du GR, que déjà je cherchais en vain avec le "monsieur pas gentil". Heureusement je croise un couple en promenade qui font un petit bout de chemin sur le GR, et qui accepte ma compagnie ; on discute en marchant (non je ne les forcerai pas à courir...) : le lendemain ils sont conviés à un mariage, je leur dis que moi aussi je suis en route pour un mariage, c'était rigolo ; là aussi une compagnie très sympathique, simple et authentique...

    Ce monde est-il encore le mien ?
    Je dois ensuite profiter seul de cette belle forêt jusqu'au croisement où je dois quitter le GR1. Demandant alors de l'aide à des promeneurs pour savoir où je suis et éventuellement la direction à prendre, l'un d'entre eux se sert de son instrument électronique (i-phone ou autre) pour me dire où va tel chemin, et me demande pourquoi je n'utilise pas la même chose pour mon périple... je pense encore aujourd'hui que ce n'est pas réaliste ou en tous cas enviable comme méthode pour trouver son itinéraire sur un long trajet comme celui que j'entreprenais. Mais la question doit pouvoir rester ouverte...
    Quant à mon choix pour l'itinéraire du moment, alors que ce monsieur très gentil me proposait de prendre un chemin sympa et qui mène à coup sûr à Fontainebleau, je préfère me fier aux indices instinctifs (angles approximatifs des différents chemins par rapport au chemin d'où je viens, dont je connais la direction grâce à ma carte ; soleil), et à mes souvenirs de préparation d'itinéraire avant d'entamer mon périple (je me souviens qu'à partir de l'endroit où on quitte le GR1 -encore faut-il être sûr qu'on y est sur cet endroit- on peut rejoindre Fontainebleau quasiment en ligne droite en suivant globalement son intuition et la direction plein est). Je préfère donc prendre cette direction plein est qui a aussi l'avantage de me faire travailler la technique de course car les premiers hectomètres sont très roulants. Moins joli, mais plus roulant et plus direct.
    Et effectivement je parviens à Fontainebleau sans souci. Quand j'arrive des touristes m'indiquent que c'est jour de marché : j'y vais donc, achète moult victuailles (quand on a faim tout est appétissant), et ayant besoin d'eau et cherchant un endroit sympa pour pique-niquer, j'entre tout naturellement dans l'office du tourisme de la ville, me considérant comme un banal touriste (c'est vrai après tout). La dame a l'air de trouver ma demande d'eau potable pour le moins insolite (elle fait des gros yeux o_O), et me propose le parc du château qui est juste à côté pour pique-niquer : ça aussi c'est rigolo...:hilarious: Je vous l'ai déjà dit je préfère les chemins de forêt aux châteaux, donc je préfère quitter la ville et rejoindre la forêt en marchant et portant mes lourds sacs de victuailles, plutôt que de rester auprès de ces êtres étranges qui semblent plus respecter ce qu'ils réalisent, que ce génie naturel sans lequel ils ne seraient rien (mon but n'est pas de choquer en disant cela, simplement à chaque fois au bout de quelques jours en contact assez prononcé avec la nature, je finis par ressentir fortement ce décalage avec le "monde civilisé").

    Il le faut bien :
    Arrivé à la forêt, je commence à manger et très vite je me rends compte que j'ai trop acheté au marché, beaucoup trop. Je fais une première sieste digestive en me disant que la faim reviendra peut-être après, mais non, c'est sûr il y a beaucoup trop à manger. Réalisant cela et me rendant par ailleurs compte, en consultant mon itinéraire à venir, que je vais faire de bons détours si je suis le GR13 peu après Fontainebleau, je me dis qu'aujourd'hui encore le destin me pousse à faire du stop (là aussi je me trouve tout près d'une grosse route qui va dans la bonne direction et d'un rond-point). Et je proposerai ma nourriture excédentaire à l'automobiliste qui voudra bien me prendre...
    Rapidement encore une dame s'arrête, elle acceptera mes victuailles avec plaisir et me déposera à Souppes-sur-Loing.
    Puisque je ne peux me souvenir de nos discussions, je vous transmets là mon itinéraire du jour en attendant que je revienne à vous.
    http://www.calculitineraires.fr/ser...6542&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000
    Là aussi la ligne droite entre Fontainebleau et Souppes représente mon trajet en stop : il faut donc retirer 24km au 64km affichés. Je parcourrai donc 40km à pieds ce jour-là.
    Le village de Souppes-sur-Loing a été très sinistré par la crue énorme qui a eu lieu début juin dernier. On aurait dit que le bourg du village avait été le théâtre d'une bataille récente : peu de monde, les boutiques fermées et en réparation. C'était impressionnant, tout comme le chemin que je dus emprunté pour passer au-dessus du Loing (que j'ai d'ailleurs raté dans un premier temps) ; j'ai du contourner plusieurs fois des obstacles, la crue a visiblement modifié grandement le paysage aux abords de la rivière. Une fois de l'autre côté, je reprends la course en longeant la rivière. C'est plaisant ; tellement que quand le balisage me demandera de quitter la rivière, et ayant évalué le risque en demandant à des riverains, je prendrai le risque de continuer sur le chemin qui longe la rivière, évitant ainsi les détours et prenant plaisir à courir longtemps sans me poser de question. Quel régal !!! De temps à autre je vérifie que je peux continuer ainsi auprès de riverains (à chaque fois la conversation dérive très vite sur la catastrophe récente : on a vite tendance à oublier les catastrophes naturelles quand nous en prenons connaissance à la télé, et bien pour ceux qui les vivent de près et en direct, c'est visiblement une toute autre histoire ; de ce que j'ai entendu c'est un vrai traumatisme pour eux). A un moment je passe devant un bar au bord de la rivière : la situation géographique fait penser à un bar désaffecté, mais la fréquentation au moment où je passe ferait plutôt penser à un bar de ville populaire. Je me renseigne pour savoir s'il est possible de consommer. On me répond avec un large sourire qu'on ne peut consommer que si on paye l'entrée pour le concert qui s'apprête à avoir lieu. J'ai donc l'explication ; et pour cette fois-ci je me contenterai de faire remplir mes bouteilles d'eau, même si ça avait l'air sympa...
    Je finis donc par arriver à Cépoy, et apercevant un marchand ambulant de pizza, je m'avance pour lui en commander, il a malheureusement déjà tout vendu. C'est pas grave. Ce qui m'embête plus c'est que pour rejoindre le GR13 (parce que j'ai moyennement envie de passer dans Montargis, et de fait je m'y dirige tout droit si je suis la rivière mais je passe à côté si je rattrape le GR), je dois remonter vers le Nord pour pouvoir traverser la grosse route, ce qui rallonge d'autant plus le chemin, et le fait que je sois "en aveugle" peut rendre la problématique très complexe ; heureusement j'ai du voir dans Cépoy quelques plans correctement détaillés et je me fais une idée assez nette, malgré la distance importante, du chemin que j'aurai à parcourir pour rejoindre le GR13. En attendant il est l'heure de trouver un lieu pour passer la nuit : ce sera en bordure d'étang, un coin bien tranquille finalement, où je pourrai finir les victuailles qui restaient de mes achats du midi, me faire une toilette correcte et tendre mon hamac.


    NB : Concernant la lanière de ma sandale qui s'est cassé...

    Tout d'abord rappeler que cela a été une usure progressive, que je constatais de jour en jour, mais contre laquelle je ne savais que faire. Ce qui a induit cette usure : l'humidité des premiers jours, probablement la fragilité initiale de cette lanière (avant même le périple cette lanière semblait plus fine, moins costaude que sa soeur jumelle sur la sandale droite, peut-être une petite erreur à la conception donc), enfin le fait que le laçage de ces LightRun Sandals a tendance à se dérégler régulièrement (en cause : le noeud final n'était pas assez ferme compte tenu de la largeur des lanières, et le cuir a peut-être aussi tendance à se détendre légèrement avec le temps). Si vous voulez des infos plus précises aller dans la discussion Quelles chaussures, notamment le dernier message de la page 5.

    Bon une fois dit tout ça, je dois reconnaitre qu'effectivement ce n'était probablement pas les "chaussures" idéales pour faire ce genre de périple (et d'ailleurs je le savais, ce n'est que parce que je suis parti à l'arrache que j'ai pris ces Lightrun Sandals, qui était mes "chaussures" du quotidien, et d'ailleurs qui le sont toujours). Mais là où j'aurais surpris mon acolyte de l'histoire, pour qui je "n'aurais pas du venir en forêt de Fontainebleau en sandales", c'est que si je devais repartir demain je prendrais les huaraches en kit (semelle Dunas 5mm -au lieu de 10-, à fabriquer soi-même et de la même marque que mes Lightrun, mais ça pourrait être une autre aussi) : ça coûte moins cher, et c'est en fait plus adapté à l'exigence de ce type de périple (plus solide, et plus facilement réparable). En gros j'aurais pris encore plus light.;)
     
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  3. petit-pied

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    j'adore ton récit et les cartes avec trajet... c'est encore plus vivant, on s'y croirait :bookworm:

    PS : sinon, en pleine nature, tu as de la corde avec un bon couteau et des ronces (déjà vu un tuto sur youtube et il doit y en avoir d'autres) pour ma part, je n'ai pas attendu youtube pour connaitre les propriété de cette plante assez commune dans les chemins et bois.
    ça pourra t'aider (ou d'autres) en cas de pépins futur;)
     
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  4. Florent85

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    Oui c'est vrai que ça me parait une très bonne idée. Merci Petit-pied ;)

    En fait l'idée farfelue que j'ai en tête et que je crois avoir eue en voulant réparer ma sandale, c'est effectivement de remplacer ma lanière par un morceau de bois souple. Mais je n'avais pas pensé à la ronce, qui semble effectivement posséder les caractéristiques idéales pour ce genre d'utilisation (très souple et en même temps très résistante même à faible épaisseur).

    Par contre j'en profite pour faire un petit rectificatif : je ne le savais pas encore à ce moment du périple, mais personnellement le lacet qui vient derrière le talon (typique des huaraches) a en fait tendance à me scier le tendon d'Achille : sur les Lightrun la lanière déjà très large est augmentée d'une pièce de cuir au niveau du talon, ce qui évite ce genre de problème ; mais à partir du moment où je remplaçai ce dispositif par des lacets moins large, je me rendis compte de ce problème que me pose les autres huaraches que les Lightrun. Et sur mes huaraches en kit aujourd'hui, je m'inspire des Lightrun et rajoute un morceau de cuir (perforé aux extrémités pour y faire passer le lacet) au niveau du talon, évitant ainsi les douleurs et l'éventuelle blessure au tendon d'Achille.

    En tous cas merci encore pour ton idée Petit-pied. ça me donne envie d'essayer...;)
     
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  5. Florent85

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    Ayant l'esprit ailleurs ces derniers temps, je reprends le fil de l'histoire seulement maintenant, avec plaisir

    La 6ème étape :

    Que je suis vulnérable...
    Encore une fois la nuit fut fraîche, je me lève tôt et donc fait confiance à mon intuition pour arriver à rejoindre le GR13 à l'aveugle. Comme en fait chaque matin quand je reprends la route, je commence en marchant, le temps que mes muscles se réchauffent un peu.

    Laissant aller mes pensées je vous fais part de mon trajet du jour, dont la distance doit être réduite de 4 km, qui seront effectués en stop :
    http://www.calculitineraires.fr/ser...7843&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Arrivé dans la forêt de Montargis je me mets à courir, je fais appel à mon intuition à chaque croisement, et finalement je rejoindrai le GR sans trop de mal ; et le comble c'est qu'une fois rejoint, je ne ferais que le traverser, pensant pouvoir raccourcir le chemin en allant tout droit. En fait ce ne sera pas le cas, mais cela ne me rallongera pas non plus démesurément...
    Quelques hectomètres + loin, c'est involontairement que je quitte le GR, par chance je me rends vite compte de mon erreur et parviens une fois de + à rejoindre le chemin à l'intuition
    Ce qui me préoccupe ensuite c'est que mes réserves de nourriture sont épuisées (et oui mon impossibilité de prendre une pizza la veille m'ayant obligé à taper dans le peu de réserves que j'avais, je me trouve très vite à court ce matin), d'autant + que tombant sur la grosse route, l'hôtel-restaurant qui s'y trouve ne sert qu'à boire à l'heure où je passe, et comme je ne souhaite pas poireauter jusqu'à midi, je reprends le chemin.
    M’apprêtant à quitter le Moulin-Plateau, je passe devant une très belle rivière, surmonté d'un petit pont. Comme la nature sauvage de l'autre côté du pont m'attire et que la direction du chemin laisse penser que je pourrais trouver là un raccourci, je tente encore une fois le coup... en vain, je ne gagnerai que piqures d'ortie et désillusion. Mais je ne me résigne pas pour autant, et je préfère tenté un énième raccourci 200m + loin (entre afin d'éviter de retourner sur la grosse route), cette tentative sera + fructueuse, si on considère que ce n'est pas un échec que d'avoir à passer un cours d'eau à gué avec de l'eau jusqu'à l'entrejambe (le petit pont ayant été détruit, probablement par la crue récente). Je parviens ensuite à ne pas perdre le chemin pourtant très peu reconnaissable dans la prairie qu'il traverse, et fini donc par retomber sur le GR : ouf.
    + d'1 km + loin je refais une tentative de raccourci (en fait toutes ces tentatives sont avant tout motivées par le fait de réduire le chemin à parcourir avant le prochain ravitaillement que je pense pouvoir faire à Montcresson, je sens l'hypo-glycémie poindre le bout de son nez) : je quitte donc le GR une fois de + pour rejoindre au + tôt le canal de Briare que je crois pouvoir longer jusqu'à Montcresson, gagnant au passage le luxe d'arrêter de se poser la question de l'itinéraire. Le choix s'avère payant, j'arrive à Montcresson juste avant que les boutiques ne ferment à 13h.

    Je ne suis pas frileux, mais je suis chaleureux (je crains la chaleur quoi... oui non c'est pourri pardon) :
    Là je fais mes courses, me pète le bide, tente une sieste digestive qui s'avère peu confortable compte tenu de la chaleur que je trouve excessive (et oui je digère des protéines animales après une période de jeune relatif, donc je surchauffe, d'autant + qu'il fait beau). Je rencontre 2 gamins très sympas qui me guident au stade pour me ravitailler en eau potable et je prends ensuite le parti de faire du stop pour gagner le village suivant : être là à ne rien faire, attendant simplement que la digestion s'opère, et dans l'inconfort de cette surchauffe corporelle (c'est vraiment très inconfortable...), ça ne me dit rien... donc je tends le pouce et une voiture me porte donc sur 4 km, jusqu'à Montbouy, où je croise en fait l'itinéraire emprunté lors de périples anciens à vélo, lorsque je cherchais à "descendre" vers le sud ou le sud-ouest : je suis heureux et comme à chaque fois ému de reconnaitre un paysage déjà traversé lors de périples + anciens. Je suis donc en bordure de canal tout près d'un robinet d'eau potable et fraîche (le rêve...:woot:). J'y lave mon linge, fait une bonne sieste à l'ombre pendant que mon linge sèche, avant de repartir : il devait être alors bien 18h ; et si je me souviens bien la reprise fut dure, le soleil tapait relativement fort en cette fin de journée, la chaleur m'incommodait, si bien qu'assez rapidement je décide de me rafraichir avec l'eau du canal que je longeais (ça c'est un des avantages que de suivre les canaux, ou mieux encore les cours d'eau naturels - rien de mieux que de l'eau vive pour se rafraichir ; par chance une rivière longe justement le canal avec de temps à autres des liaisons entre les 2 : et là question eaux vives on est servi, j'en profiterai donc allégrement, m'y baignant intégralement). Après 2 ou 3 rafraichissements et 4 ou 5 km (seulement...), j'arrive à Châtillon-Coligny, où là encore un camion propose des pizzas à emporter. J'hésite : j'ai encore 2 ou 3h devant moi avant l'obscurité (je pourrais les mettre à profit pour avancer concrètement et me faire oublier un peu mon état larvaire de l'après-midi), je n'ai pas vraiment faim (je n'ai probablement pas encore tout à fait terminé ma digestion du déjeuner)... A côté de ça, comme chaque nuit le froid me gène, je me dis que ça ne ferait peut-être pas de mal de prendre des calories en prévision, et puis je crains que le prochain ravitaillement ne puisse se faire avant de nombreux km (l'étape du lendemain me le confirmera...), enfin comme vous le savez, j'ai l'habitude de me péter le bide, je m'achète donc finalement une pizza (mais pas la + calorique si je me souviens bien :smug:). Je m'installe en bordure de canal pour la déguster, très vite je suis interpellé par un homme qui me propose de venir s'installer avec lui sur une table de pic-nic (il a lui aussi acheté une pizza), histoire de faire connaissance, j'accepte volontiers (la solitude me dérange rarement mais je reste un être sociable, peut-être même chaleureux ;)), même si par là même j'entérine mon stade larvaire, et remet définitivement au lendemain la métamorphose tant attendue...:lurking: Je fais donc connaissance de cet homme photographe qui vient de faire l'acquisition d'une maison à Châtillon-Coligny, pour fuir la ville de Paris, et ces clients qui achètent ses photos selon les critères de l'esthétisme à la mode + que pour l'éventuelle profondeur artistique qu'elles pourraient contenir (j'espère que je ne travestis pas trop ses propos...). le partage fut riche... et la nuit tomba vite ; quittant le village et mon compagnon du moment pour trouver un lieu pour poser mon hamac, l'obscurité n'aidant pas je dus m'y reprendre à 5 ou 6 fois avant de trouver mon lieu de couchage définitif... Larve jusqu'au bout :lurking::lurking::lurking:

    J'espère pouvoir revenir bientôt pour la 7ème étape et vous partager à cette occasion ce que je considère comme les révélations que j'ai eu au cours de ce périple concernant ma foulée. J'ai déjà évoqué les douleurs qui m'ont guidé, mais sans vous parler de ce à quoi elles ont mené comme révélations d'un point de vue technique. A la prochaine...:)
     
  6. Florent85

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    La 7ème étape :

    Une fois de plus je serai réveillé par un chevreuil cette nuit ; et c'est vrai que n'étant pas sûr de savoir de quel animal il s'agit avant de connaitre sa réaction quand je le dissuade de s'approcher, et bien je fais effectivement en sorte de le dissuader de s'approcher, ce qui nécessairement le fait prendre la fuite : je suis un peu désolé de faire peur ainsi inutilement à ces animaux inoffensifs que nous embêtons déjà bien suffisamment, mais je crois qu'il ne peut en être autrement...

    Je vous laisse méditer mes relations avec les animaux, tout en vous proposant mon parcours du jour :
    https://www.calculitineraires.fr/se...6985&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Soleil lève-toi... Tadam !!

    Donc encore une fois le froid est vif, je me lève donc aux aurores, et me mets rapidement en route, d'abord en marchant. L'humidité accentue la sensation de froid, heureusement le ciel est dégagé et les premiers rayons du soleil ne tardent pas à faire leur apparition (c'est dingue comme psychologiquement on a tout de suite une sensation de chaleur quand les rayons du soleil levant effleurent notre peau après une nuit bien fraîche, alors qu'évidemment l'augmentation de température est en fait dérisoire).

    Soleil calme-toi... ah mince ça marche pas à tous les coups...
    Ainsi réchauffé moralement je me mets à courir, et rien de bien particulier en cette matinée : je me trompe une fois de chemin mais m'en rends compte rapidement, je souffre assez rapidement de l'ensoleillement (je crains le coup de soleil), je demanderai de l'eau à un riverain à Escrignelles, en tous cas les sensations de course sont plutôt bonnes en cette matinée (l'itinéraire est plutôt très roulant, presque trop de bitume pour moi, mais du coup je travaille la technique), tant est si bien que quelques km avant d'arriver à Ouzouer-sur-Trézée, où je prévois de me ravitailler, n'étant pas contraint par l'horaire ou l'hypo-glycémie comme la veille je me mets à marcher le long du canal : j'ai quelques douleurs et estime avoir déjà bien couru, et puis de toutes façons, je suis + ou - contraint de passer l'après-midi à Ouzouer-sur-Trézée, à cause de la digestion et du fort ensoleillement : l'état larvaire va en fait se poursuivre aujourd'hui mais l'impression sera que je l'ai beaucoup + "choisi" que la veille (la gestion de mon effort aura mis en adéquation mon corps et ses besoins avec les exigences climatiques et temporelles du moment) ; et ça ça change tout... Quand on intègre les exigences dans notre quotidien et qu'on s'adapte à elles, on ne les vit plus comme des exigences (c'est ce que je ressens à chaque fois, on a même une sensation assez forte de liberté...).

    des rencontres...
    Donc j'arrive à Ouzouer-sur-Trézée en marchant, achète du pain à la Boulangerie et quelques légumes et un peu de charcuterie aux 2 stands qui sont installés sur la place, comme pour faire un mini-marché. Je m'installe à une table de pic-nic avec un couple et leur fils qui voyagent en bateau sur le canal, puisqu'ils me proposent eux aussi de faire connaissance en partageant le repas. Alors si je me souviens bien elle est instit ou travaille dans le social, et lui est informaticien et il a créé récemment un système de "tchat oral" (on s'inscrit sur le truc et dès que l'on se trouve sur l'application en même temps que d'autres inscrits, et bien on peut s'appeler librement et avoir ainsi des discussions à plusieurs personnes : comme il le présentait lui-même, ça fait un peu comme si on se retrouvait au bistrot du coin avec des personnes + ou - connues et qu'on décidait de discuter simplement ensemble ; j'entre rarement dans un bistro, mais je trouve que le truc n'est pas complétement dénué d'intérêt, malheureusement j'ai oublié le nom de l'application...:sorry:). Bref, on fait connaissance, on partage, c'est bien sympa ; je crois même qu'ils m'ont proposé au moment de partir de me prendre avec eux sur leur bateau pour m'avancer, je refuserai bien que je les ai trouvés tous 3 fort sympathiques (n'oublions pas non plus que je dois apprendre à courir). Après leur départ, j'alternerai des périodes se siestes et des périodes d'échanges avec 2 frère et soeur jumeaux d'une dizaine d'année qui passeront leur après-midi sur la place (le garçon était visiblement fan de bateau, et dès qu'il voyait un bateau arriver, il se précipitait pour proposer son aide pour l'amarrage) : ils étaient sympathiques aussi tous les 2, le partage était d'un autre ordre, mais leur compagnie n'était pas désagréable, loin de là...

    Allez on court !
    Je finis quand même par repartir vers 18h, espérant atteindre Bonny-sur-Loire et pouvoir m'y ravitailler avant le soir... La première partie est montante, mais je serai surpris par le rythme soutenu que je tiendrai, et que je maintiendrai d'ailleurs quasiment jusqu'à Bonny : sensations excellentes, jambes un peu lourdes sur la fin : normal. La gestion de l'effort fut parfaite. Une vraie bonne journée de course, alors même que j'ai passé 6h à me prélasser en milieu de journée (mais puisque cela m'était imposé par des circonstances indépendantes de ma volonté... ;))

    Et encore de la compagnie...
    Arrivé à Bonny je cherche un lieu pour me ravitailler, je trouverai une pizzeria fort sympathique. Je m'assieds à une table, et partagerai le repas avec 1, 2 puis 3 énergumènes haut-en-couleurs. Des gars bien, folklo mais bien : 2 d'entre eux au moins travaillent à la centrale nucléaire à moins de 10 km, et comme ils font pas très sérieux, ben j'avoue que ça fait un peu peur... Soirée sympa, néanmoins je ne m'éternise pas trop pour garder un peu de jour pour pouvoir chercher un lieu correct pour installer mon hamac : l'objectif rempli, je me coucherai, content de ma journée...

    NB : J'avais dit que je vous parlerai de ce que j'ai découvert au niveau de la technique...
    Avant d'aller + loin, évidemment mon discours n'a pas la prétention de rendre généralisable mon expérience personnelle et temporelle du mois d'août : cette expérience et/ou ses conclusions ne seront certainement pas applicables/souhaitables pour d'autres et ne seront peut-être pas applicables/souhaitables pour moi-même dans 2 ou 3 ans (il n'est pas impossible que je "revienne en arrière" d'ici quelques années).
    En l'état actuel de mon histoire je vous ai décrit 7 jours consécutifs de périple, avec une moyenne de 40 km par jour : en fait + j'avance dans mon périple, + ces 40 km semblent s'effectuer facilement ; pour être + précis, la fatigue qui s'accroit de jour en jour et le soleil qui tape de + en + m'obligent de plus en plus à me poser en milieu de journée, mais les moments où je suis réellement contraint à marcher sont malgré tout de + en + rare ; en gros je cours moins mais mieux, et ce malgré la fatigue qui s'accumule inexorablement au fil des jours... Venons en aux faits : la première nécessité pour moi était de réduire les douleurs (notamment aux cheville et genou gauche). Tout naturellement j'ai donc essayé de réduire au maximum l'impact : dès le début du périple je faisais déjà certaines choses pour cela, évitant par exemple les mouvements oscillatoires et verticaux du tronc, et préférant par là même une petite foulée.
    Mais chez moi cela n'a visiblement pas suffi, en tous cas j'ai essayé d'aller + loin, et j'imagine que dans un moment de douleur assez forte et où je tenais malgré tout à continuer à courir, je me suis mis tout naturellement à ... déhancher.
    Pour moi c'est ce déhanchement la révélation principale de ce périple, au niveau technique. Le déhanchement permet un allongement de la foulée, il réduit donc le nombre d'impacts au sol, qui plus est une articulation supplémentaire, la hanche, participe en plus de toutes les autres à l'amorti et à la propulsion, diminuant ainsi la violence de l'impact tout en augmentant dans la foulée (c'est le cas de le dire ;)) l'efficacité de la poussée. L'autre avantage du déhanchement sur les très longues distances, c'est qu'on passe du coup très facilement de la course à la marche et vice versa : parce que ça j'ai vu, lors de ce périple, à quelque point ces passages de la course à la marche (et l'inverse) sont réellement violents pour le corps ; à la longue ce sont ces passages d'un mode de déplacement à l'autre qui m'étaient les + difficile à gérer, + que les cotes ou les descentes, ni-même les cailloux.
    Bon une fois dit tout ça il ne faut pas aller trop loin non plus : j'ai aussi eu des douleurs derrière le genou parce que je pense qu'à certains moments j'ai été trop loin dans le déhanchement, étirant au maximum ma jambe avant qu'elle ne quitte le sol. Et je ne prétends évidemment pas être le premier à courir en déhanchant, et c'est peut-être une bêtise monumentale que cette façon de faire. Sachez au moins que c'est en me concentrant sur ce déhanchement que j'ai fait un 17km en 1h04mn il y a 4 mois (et ce sans réel entrainement), et que la seule autre personne que je connaisse qui a essayé ce déhanchement a trouvé qu'il lui faisait gagner du temps sur un 10km.
    En tous cas n'hésitez pas à réagir... Et je soupçonne certains d'entre vous sur ce forum de pratiquer le déhanchement, ayant lu des messages qui laissaient supposer cette "pratique". Je suis tout ouï...

    A bientôt ;)
     
  7. Florent85

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    Et puisque je suis lancé, voici la 8ème étape...

    Etre sympathique, dans ce monde individualiste, suffit-il pour être heureux ??
    Après une nuit sans encombres, je reprends la route en marchant autour de 7h30. Au bout de 300m, une voiture s'arrête à ma hauteur, c'est 1 des 3 "énergumènes" du resto de la veille : il va à son travail à la centrale et me propose de m'avancer de quelques km jusqu'au prochain village. J'accepte, tellement ce monsieur m'est sympathique malgré la gueule de bois qu'il a l'air d'avoir (voir les quelques grammes d'alcool qu'il aurait peut-être encore dans le sang...) ; et son récit de la fin de la soirée que j'avais commencé avec lui me confirmera que tout ne va pas au mieux pour lui : il me raconte qu'en manoeuvrant sa voiture sur le parking du resto pour repartir chez lui, il a percuté une autre voiture, qu'il a failli en venir aux mains avec le propriétaire de cette voiture (qui était peut-être moins bourré, et peut-être aussi moins sympathique que "notre énergumène", et probablement ce "propriétaire" a eu du mal à prendre à la légère les dégâts causés sur sa voiture...). Ce qui était touchant, c'était que même si la situation ne paraissait pas rose pour lui, "notre énergumène" paraissait ne pas être complétement démoralisé, comme si les soucis lui glissaient dessus. J'espère seulement que pour le coup la vie dans son ensemble ne lui glisse pas dessus... En tous cas je dois reconnaitre que ce monsieur m'était vraiment sympathique : merci à lui pour le folklore, pour les échanges, et accessoirement pour les 5 km qu'il m'a fait faire en voiture ;)

    Mais puisque c’est de la triche la voiture, perdons un peu de temps et d’énergie maintenant…
    "Mon énergumène sympathique" me dépose donc à l'entrée de Neuvy-sur-Loire, et je décide de me diriger vers le bourg pour me ravitailler dans la boulangerie ou la supérette du village. Arrivé au bourg, je décide de faire demi-tour (peut-être parce que je viens d'apprendre par un riverain que la boulangerie est en fait fermée) et de rejoindre le GR. Mais une fois rejoint je le quitte très vite pour me diriger vers la supérette, faisant ainsi près d'1 km pour me retrouver à - de 200m du lieu où j'ai fait demi-tour tout à l'heure (en gros je tourne en rond...), pour me rendre finalement compte que la supérette est fermée également...

    Bon avançons maintenant...

    Ce qui est d'autant + frustrant, c'est que je vais en fait courir une quinzaine de km à un rythme correct avant de pouvoir me ravitailler (visiblement le besoin de manger était relatif et ne justifiait pas toute cette énergie et ce temps perdu). Arrivée à l'entrée de Cosne-sur-Loire, le GR passe devant un Leclerc ou équivalent : j'y fait mes courses, et suis contraint, en sortant, de me poser au premier endroit où je peux être à l'ombre et me sentir un minimum tranquille ; en effet toutes mes courses ne tiennent pas dans mon "baluchon" et je dois donc manger une partie de mes victuailles avant de reprendre la course. Je me pose donc à l'ombre d'un arbre, entre la grosse route et quelques habitations, qui ont l'air peu entretenues, commençant à engloutir mes bananes, pains aux chocolats et autres aliments bien industriels...

    Des rencontres diverses et variées...

    Ainsi posé, tout en mangeant, je jette de-ci de-là les pelures de bananes dans les hautes herbes présentent autour de "mon" arbre. A ce moment j'entends une voix héler et pestiférer à mon encontre ; je me tourne : une vieille dame est là, qui revient probablement de ses courses elle aussi ; je lui propose d'approcher, pour qu'on puisse discuter réellement et éviter de s'engueuler à distance. Mais visiblement elle préférera la 2ème option, réitérant ses propos virulents à mon égard tout en se dirigeant vers sa maison à 20 m de là où je suis installé. Et puisqu'elle reste sourde à tout ce que je peux lui répondre (cette dame me reproche en fait de jeter mes détritus au sol, et que c'est pas moi qui vais nettoyer ensuite, etc, etc.), je m'avance vers elle pour discuter (c'est quand même particulier comme manière d'entrer en relation que de se mettre à engueuler les gens sans aucune ouverture pour la discussion). Elle aura visiblement peur de moi et de mes pieds nus, puisque elle me menacera de faire sortir son chien ; je lui réponds que je souhaite juste discuter, lui fait remarquer que ce ne sont que des pelures de bananes que je jetais ainsi dans les hautes herbes, que dans quelques jours on y verra plus rien ; là-dessus elle se calme, ayant l'air de trouver qu'effectivement ce n'est pas si grave si ce ne sont que des pelures de bananes...
    Laissant là cette dame et quittant assez rapidement ce lieu je reprends le chemin, mais - de 300m + loin, mon corps ressent visiblement le besoin de faire une sieste digestive, je m'arrête donc et m'allonge à moitié sur le chemin qui est heureusement relativement sauvage. Après ce sommeil court mais réparateur, je reprends le chemin, refait mes réserves d'eau au vestiaire de la piste d'athlétisme, puis gagne les berges de la Loire. Arrivé là je demande à un pêcheur s'il connait une adresse sur Cosne-sur-Loire où je pourrai me trouver des lacets pour mes sandales (j'ai en fait peur que ma 2ème lanière lâche à son tour, l'usure étant de + en + visible) : il me décrit le chemin pour parvenir au cordonnier, tout en me précisant qu'il sera peut-être fermé... Une discussion s'ensuit sur les moyens de résistance dans notre société, sur le rôle des policiers qu'il juge globalement négatif : si je ne partage pas pleinement son point de vue légèrement révolutionnaire, encore une fois je suis touché par l'élan de vie de cet homme, par cette aspiration à + de liberté et + de sens...

    Le soleil tape, je fais donc autre chose que courir...
    Après avoir grignoté un peu et m'être reposé un peu, trouvant les rayons du soleil trop violents sur les berges je finirais par me promener en centre ville, cherchant le cordonnier qui sera effectivement fermé, et m'achetant dans une pharmacie une couverture de survie (je me suis finalement résigné à l'idée d'en acheter 1 : ça prend peu de place, ça pèse pas lourd et il parait que ça peut sauver la vie si la situation devient critique... et c'est vrai que mes nuits restant fraîches je veux bien voir ce que ça donne à l'usage). je pense que c'est en sortant de la pharmacie que je me suis rendu compte qu'il manquait mon couteau dans mes affaires : je retournerai sur les berges là où j'ai grignoté et sorti mon couteau pour la dernière fois, je ne le retrouverai pas, probablement quelqu'un a profité de mon moment d'inattention en rangeant mes affaires (j'ai eu beau refaire le trajet inverse, demander à des policiers en vadrouille si personne ne leur avait remis un couteau : je dus me faire à l'idée qu'il était bel et bien définitivement perdu.) Je suis quelqu'un d'assez attaché à mes affaires, indépendamment de leurs valeurs marchandes, et c'est encore + vrai quand je suis en périple : il m'est déjà arrivé de faire un crochet de plusieurs km lors d'un périple à vélo pour récupérer un couteau (là aussi) que je pensais avoir perdu au milieu de l'herbe au bord de la route lors d'un autre périple effectué 2 mois auparavant... et de retrouver ainsi mon couteau...;) (et des histoires comme ça j'ai du en vivre 5 ou 6)
    Mais là la situation est différente, je dois faire le deuil de mon couteau parti trop tôt :(. Histoire de penser à autre chose je prends la décision de gagner une entrée d'autoroute pour pouvoir avancer en stop puisque de toutes façons je refuse de courir avec un soleil qui tape autant. Au bout de qqes minutes je suis pris par un monsieur qui va me déposer au sud de Nevers (ça s'est sympa :), + de 50km sans dépenser d'énergie, tout en faisant la connaissance de quelqu'un : magique...).

    Voilà d'ailleurs le tracé du jour, une fois déduits les trajets en stop il reste 36km effectués en courant pour aujourd'hui...
    http://www.calculitineraires.fr/ser...7151&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Bon maintenant on reprend la route...
    Après m'être baigné et avoir fait un brin de toilette dans la Loire, je reprends donc la course à pieds. Heureusement le chemin sera assez peu exposé au soleil, ce qui me permettra de bien avancer sans encombres jusqu'à Gimouille, et de pouvoir m'y ravitailler in extremis, j'ai du arriver à 19h juste au moment où le gérant du petit magasin s’apprêtait à fermer. Il vend quelques produits artisanaux et régionaux (fromages) que je prends en priorité, mais ne peut faire l'impasse sur d'autres produits + industriels. Je traverse ensuite le village à pieds avant de me poser en bord de canal pour profiter de mes victuailles. Une fois rassasié, je décide de repartir, en marchant d'abord 2km jusqu'à la Grenouille, puis en reprenant la course à pieds sur la piste cyclable qui longe le canal jusqu'à l'écluse circulaire, j'ai du ensuite courir sur la route jusqu'à Apremont-sur-Allier, demandant de l'eau à des riverains, et cherchant, en quittant Apremont, un lieu pour installer mon hamac dans la nuit noire : heureusement j'aurai - de mal que la fois précédente. Je me couche, satisfait de cette course du soir que j'ai trouvée plutôt agréable, en + d'être "efficace".

    Voilà pour aujourd'hui.
     
    #27 Florent85, Jan 20, 2017
    Last edited: Jan 21, 2017
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  8. Florent85

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    Et la 9ème étape...

    J'ai bien essayé la couverture de survie cette nuit : pas génial du tout, ce que j'en retire c'est que ça fait + de bruit que ça n'isole (mais bon, c'est pas très grave, ça coûte pas cher et comme dit précédemment ça prend peu de place, ça pèse pas lourd, et en cas d’extrême nécessité ça doit pouvoir être efficace - j'espère quand même...).

    Une matinée sur les chapeau de roues... ou sur les métatarses de pieds (ça jette ça comme nouvelle expression non ??)
    Donc me voilà reparti. Tout en marchant, laissant ainsi le temps à mes muscles de se réchauffer, je tiens un peu au courant mes frères d'où j'en suis par sms (le jour d'arrivée prévu approche). Les 10 premiers km de mon itinéraire du jour sont de la route, c'est donc très roulant quand je me mets à courir, idéal pour travailler la technique... J'arrive rapidement à Grossouvre où, cherchant à faire le plein d'eau au cimetière, je croise un employé municipal qui y fait l'entretien. On discute un peu, je ne sais plus comment on en est arrivé là mais si je me souviens bien, on a évoqué la responsabilité de chacun (je me souviens en fait que tout en discutant avec moi, ce monsieur sembla agréablement surpris de me voir ramasser un bout de papier parterre, après m'être dit que j'avais du le laisser tomber par inadvertance, ce qui expliquerait la tournure de la discussion). Quittant Grossouvre, j'emprunte un petit chemin sous couvert qui longe une rivière sur 7 km (qui n'est autre que le canal du Berry déclassé) avant d'arriver à Sancoins, où le plaisir de courir dans une nature très belle laisse la place à quelques douleurs. Mais ça tombe bien, je dois de toutes façons m'arrêter pour me ravitailler. Je prends notamment du pain à la boulangerie dont la vendeuse (qui n'est peut-être autre que la propriétaire) pestait, tout en nettoyant, contre les agriculteurs qui, semble-t-il, ont manifesté tôt le matin, en lançant "gratuitement" oeufs et farine sur la vitrine (c'est vrai que ça doit être chiant à nettoyer...).
    Je mange une partie de ce que je viens d'acheter sur place puis repars en direction du canal et du GR pour reprendre le chemin (qui est en fait une portion du chemin de St-Jacques partant de Vézelay : je suis dessus depuis la veille au soir et ma sortie de Nevers). De ce que je me souviens j'avance bien en cette fin de matinée, malgré le soleil qui commence à percer les nuages qui jusque-là couvraient le ciel : passant devant un cimetière j'y refais mes réserves d'eau, puis continue le chemin jusqu'à ce que je rejoigne à nouveau le canal du Berry déclassé, où je décide de me poser pour manger puis me reposer un peu à l'ombre des arbres qui bordent le canal. Ça me parait bien mérité puisque je dois pas être loin des 30km parcourus en cette matinée, comme le montre l'itinéraire du jour que voici : http://www.calculitineraires.fr/ser...7274&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Un après-mdi un peu + chaotique
    Quand je repars, je commence par me tromper de chemin à la 1ère intersection... pourtant c'est pas compliqué, je dois suivre le canal sur de nombreux km. A un moment le chemin devient plus discret et se perd de + en + dans la verdure, si bien que je suis contraint à marcher sur des distances que me paraissent importantes (j'ai trop peur de me blesser, notamment au niveau des chevilles que je sens bien éprouvées par les 8 premiers jours du périple, et que les touffes d'herbes inégales pourraient définitivement mettre à mal). Et j'avoue que je serai bien frustré de marcher ainsi plusieurs km alors que je sentais que j'aurais pu courir longtemps et efficacement cet après-midi-là. Mais le summum de la déprime viendra quand, en fin de journée, je me rendrai compte que le GR à hauteur des Lombards a tout bonnement été labouré, et pas qu'un peu : et là même en marchant je ne le ferai pas ; après avoir pesté intérieurement, je me résigne donc à rejoindre la grande route, qui n'est heureusement pas loin et où je compte faire du stop.
    Après quelques bêtes et vaines provocations d'automobilistes peut-être un peu idiots (genre qui fait style de s'arrêter et arrivé à ma hauteur accélère comme un malade en me faisant un doigt d'honneur), je finis par être pris par un couple qui compte prendre le dîner à la crêperie du prochain village, Charenton-du-Cher. Ils me déposent dans le village après que je leur ai dit que je les retrouverai peut-être à la Crêperie ; et en effet après avoir étudié la distance qui reste à parcourir avant St-Amand-Montrond, je trouve + judicieux de m'arrêter là et de profiter de la crêperie du village, qui, je le dis parce que je l'ai testé, vaut bien le détour. Je retrouve donc le couple qui m'a pris en stop, m'assoit pas trop loin d'eux et nous échangerons pas mal ainsi, dans la soirée, tout en dégustant nos crêpes. Ce fut une soirée bien sympa, et la propriétaire de la crêperie, qui était seule aux fourneaux et au service, y a sûrement été pour quelque chose également.
    Mais forcément la nuit finit par tomber, et quand je repars, il fait noir. Je sors du village, préfère retrouver le canal plutôt que de suivre le GR qui s'en sépare, me disant notamment que je trouverai ainsi + facilement un lieu pour poser mon hamac. j'ai essayé, passant des talus, m’emmêlant dans les ronces, me retrouvant dans des champs, cherchant vainement des arbres adéquats... Et bien là aussi je dus me résigner... à dormir à même le sol. finalement je n'avais jamais testé, ça semblait être le moment opportun... Je me blottis donc là où je trouvai qu'il y avait le plus d'herbes pour m'abriter. Je vous raconterai ma nuit la prochaine fois...
     
    #28 Florent85, Jan 29, 2017
    Last edited: Jan 30, 2017
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  9. Florent85

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    La 10ème étape : (ça va être folklo)

    Mais d'abord la nuit à même le sol :
    Alors j'ai survécu, il faisait pas très chaud mais je n'avais pas l'impression que c'était pire qu'avec le hamac, peut-être même légèrement mieux ; bon le sol était un peu dur, mais comme y avait un peu d'herbe en-dessous ça aurait pu être pire ; en bref pas génial, mais pas calamiteux non plus. J'ai entendu des bruits d'animaux, et j'ai alors pensé aux sangliers (ce qui ne m'a pas spécialement rassuré) puisque j'étais en bordure d'un champ de maïs, mais je pense avec le recul que ce devait être plutôt des ragondins (le bruit n'était pas énorme, et j'étais aussi en bordure de canal).

    Pas beaucoup de course à pieds aujourd'hui...
    En tous cas je repars aux aurores en marchant pieds nus le long du canal en direction de St-Amand-Montrond, les objectifs du jour sont de m'y racheter une paire de lacets "au cas où" (des personnes que j'ai croisées m'ont dit qu'il y avait un cordonnier à St-Amand-Montrond), et d'avancer un maximum, y compris en stop (mon itinéraire prévu fait de sacrés détours avant d'arriver dans le Massif Central, et je préfère faire les derniers km à pieds, et puisqu'il me reste 3 journées avant la date d'arrivée prévue...). J'arrive donc assez rapidement à St-Amand-Montrond, je demande où est le cordonnier à une dame qui me propose très gentiment de m'y déposer... Faute d'autre chose j’y achèterai des lacets classiques (je le dis tout de suite c'est pas l'idéal : ils lâcheront tous 2 "prématurément" lors de courses officielles, moi puis mon frère serons alors contraints de finir pieds nus), puis reviendrai au centre ville, m'y ravitaillerai avant de me positionner à la sortie de la ville pour faire mon stop en direction de Montluçon. En 2 ou 3 voitures, je me retrouve à St-Victor, quelques km avant Montluçon. Je me pose sur les berges du Cher, y fait ma toilette, y déjeune, m'y repose, et repars assez rapidement (il fait moins chaud que les jours précédent). Je retrouve le canal du Berry déclassé que je longerai jusqu'à Montluçon. Bon là c'est moins drôle je dois traverser cette grosse ville ; je le fais néanmoins sans trop de difficultés et reprends le stop à la sortie. Je serai alors pris par plusieurs voitures pour arriver au final à St-Gervais-d'Auvergne aux alentours de 18h.

    Voici le trajet effectué aujourd'hui : http://www.calculitineraires.fr/ser...8098&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000!. Ca fera donc seulement 21km pour aujourd'hui

    Une soirée inédite...
    La voiture qui m'a mené à St-Gervais était occupée par 2 femmes qui allait à St-Gervais pour participer à un méga Festival de danse folk avec tout plein de monde, elles me demandent si je vais à St Gervais pour le Festival, et m'invitent + ou - à les suivre, semblant voir en moi le dancing king de la soirée. Bon je botte un peu en touche, ayant d'autres préoccupations sur le moment : j'avoue ne pas avoir très envie de passer la nuit dehors (c'est vrai que je commence à fatiguer un peu et que j'en ai un peu marre de passer des nuits de merde, et surtout il fait plutôt frais à St Gervais ce soir-là...) ; du coup j'appelle mon oncle (chez qui j'ai prévu de dormir le lendemain soir, souvenez-vous le préambule du CR de la 1ère étape du périple) qui connait tout plein de monde un peu partout et je lui demande s'il ne connaitrait pas des amis qui habiteraient dans le coin ou qui seraient au Festival ce soir, et chez qui je pourrais squatter pour la nuit. Il me répond qu'il connait une amie dans le coin, et que sa soeur (donc une de mes tantes) est présente au Festival (si ça c'est pas un coup de bol) ; lui appelle son amie pour voir si elle peut m'accueillir, pendant que moi j'appelle ma tante pour qu'au moins je puisse passer la voir. Je donne RV à ma tante, puis commande une pizza dans le bourg où je constate la présence de nombreuses personnes non-francophones (et oui c'est même international ce Festival) : j'exerce un peu mon allemand, tout en dégustant ma pizza, puis j'entrerai dans une Boulangerie très sympathique où, si je me souviens bien, le boulanger est également agriculteur et meunier, proposant ainsi un pain pour le moins artisanal ; mais la sympathie du lieu ne s'arrête pas là, le jeune vendeur me propose très spontanément une place pour le Festival. N'étant même pas sûr de pouvoir/vouloir en profiter, je le lui fais savoir, mais il insiste. Bon...
    Ayant à nouveau mon oncle au tél, j'apprends qu'il n'a pas réussi à joindre son amie, et puisque je me retrouve avec cette place pour le festival tout naturellement je vais finalement y entrer (payant néanmoins une participation pour me donner bonne conscience) pour pouvoir y passer la nuit (ça sera toujours mieux que dehors dans le froid). En fait j'avais déjà fait une initiation à la danse trad, et visiblement j'avais appris plutôt facilement, et j'avais globalement apprécié.

    L'arrivée fracassante du dancing king...
    Donc après avoir salué ma tante, pris quelques repères, organisé un covoiturage qui me permettrait d'avancer le lendemain matin (tant qu'à faire...), voyant tous ces gens danser devant moi sur de la musique sympa, beh j'ai eu envie d'y aller aussi, de laisser mon corps s'exprimer, évidemment en essayant consciencieusement de suivre les danses de groupe. Mais en fait ce ne fut pas si simple... Une première fois, proposant à une dame à côté de moi d'aller danser, tout en précisant que je n'y connaissais rien, je compris par sa réponse qu'il y avait des codes comportementaux dont je n'avais pas conscience (apparemment à ce moment il fallait se contenter d'être spectateur, j'ai trouvé ça frustrant et je suis parti voir un autre parquet...), heureusement un peu + tard, une jeune femme, sentant et partageant mon amateurisme et mon envie de danser malgré tout, me proposa de danser tant bien que mal avec elle, en toute simplicité, mais toujours en essayant de suivre la danse codifiée. Du coup ça c'était chouette, bon y a eu des danses où je me retrouvais tout seul, et où d'autres âmes charitables ont tenté de me venir en aide. Mais j'ai eu parfois l'impression d'être pris pour un incapable (alors que je suis quand même prétendument le dancing king :D) ; plus sérieusement c'est vrai qu'un des codes comportemental était visiblement que l'apprentissage des danses devait se faire de manière théorique, sans musique, avant de pratiquer la danse avec le groupe et en musique ; et moi qui était dans une approche beaucoup + intuitive, boh ça me barbait que quelqu'un me dise 1, 2, 3, 4 tout en me montrant scrupuleusement et précisément les pas de danses à faire... alors qu'il y avait de la musique en même temps sur laquelle j'avais envie de swinguer (et oui, ou on est dancing king ou on l'est pas :hilarious:). Pour tout dire, il est plutôt conseillé de venir à ces festivals sur plusieurs jours, j'imagine notamment pour pouvoir participer à différents ateliers et ainsi apprendre la veille ce qu'on va pratiquer le lendemain ; et aussi préciser que, si j'apprécie réellement les danses trad, je déteste les danses chorégraphiées. Et c'est vrai que cette pratique de devoir apprendre la veille ce qu'on va pratiquer le lendemain me donne l'impression qu'on limite la danse trad à une chorégraphie, alors que pour le peu que j'en ai vu, le groupe et la sensibilité musicale ont une grande importance dans les danses trad, contrairement aux chorés. Bon je crois que vous avez compris que j'y connais rien en danse trad, que je me fais le porte-parole de ce que je ne connais pas ou très peu, mais c'est pas grave : pour en remettre une couche malgré tout (je me le permets en tant que dancing king, sinon je n'oserais pas...:p), ça fait aussi un petit côté "nous n'avons pas les mêmes valeurs, mais puisque je suis généreux je vais te montrer comment t'apprendre pour accéder au statut de danseur trad". Ca y est j'ai poussé mes coups de gueules, je peux dire maintenant que j'ai quand même kiffé danser, apprendre, et c'est vrai : heureusement que certaines personnes m'ont soutenu malgré mon amateurisme et au-delà des codes. Et évidemment j'ai fait tout ça pieds nus, et ya des danses où c'est violent pour les pieds et les chevilles la danse trad, en fait... Non c'était quand même bien cool. Une fois mes pieds bien démolis, autour de 3h du matin, me laissant gagner par la fatigue je cherchai une pièce chauffée pour pouvoir dormir un peu ; j'irai même jusqu'à installer mon hamac sur les rambardes surplombant les gradins d'un petit amphithéâtre, préférant la position banane au sol dur de cet amphithéâtre...

    Voilà pour aujourd'hui... C'était original hein...
     
    #29 Florent85, Feb 3, 2017
    Last edited: Feb 3, 2017
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    La 11ème et avant-dernière étape :

    Bon là encore la nuit n'aura pas été pleinement réparatrice. J'ai RV à 8h30 pour mon covoiturage ; avant ça je repasse à la boulangerie du village où le même vendeur est toujours aussi sympathique : je prends donc un petit-déjeuner copieux et m'achète du pain pour la journée pour accompagner, en prévision de mon prochain repas, le fromage local que j'ai acheté la veille au soir au village.

    De covoiturage en stop, je parviens à me faire déposer en fin de matinée sur le GR4 peu avant Laschamp, ce qui me laisse encore 25km et + de 700mD+ à parcourir à pieds pour arriver chez mon oncle, comme le montre le lien ci-dessous :
    http://www.calculitineraires.fr/ser...8102&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Après 2 km de course, m'apprêtant à quitter Laschamps pour entamer la longue côte dans la forêt, je me pose en bord de chemin pour profiter du pain et du fromage artisanaux, puis faire un petit somme digestif et récupérer un peu de ma courte et mauvaise nuit. Je repars ensuite sur ce chemin montant très sympa, double un père et un fils VTTistes (le père court également et me félicite parce que je cours en sandale), manque de me tromper de chemin une fois en haut, heureusement je prendrai le temps de revenir en arrière pour vérifier. Le chemin retrouvé est toujours aussi sympa, laissant le GR4 pour filer droit sur le GR30 ; à partir de là les côtes et descentes s'enchaînent : ça tape dans les descentes et c'est dur dans les côtes : c'est ainsi que je fis halte pour me restaurer au hameau de Juégheat, avant de reprendre "la pente". A Orcival je quitte le GR, m'achète des "glaces italiennes" au bourg avant d'entamer l'ascension du Chemin de Croix qui surplombe le village, léchant mes cornet de glaces tout en scrutant une à une les statues des stations du Chemin de Croix : je vous promets c'est véridique (et j'en suis pas spécialement fier, mais non plus scrupuleux : je ne le faisais pas par provocation et n'ai pas eu l'impression de manquer de respect au Sacré contenu dans ce Chemin de Croix, simplement les circonstances qui font qu'en toute honnêteté et simplicité on fait parfois des choses qui pourraient choquer en dehors du contexte). Ensuite le chemin devient moins agréable et la chaleur plus présente, mais je garde quand même un rythme correct jusqu'à l'arrivée dans le hameau de mon oncle vers 17h.

    Ce sera tout pour aujourd'hui. Ca parait court comme ça, mais c'était relativement intense comme étape, je découvre la montagne et ces chemins pentus et très caillouteux, et la fatigue corporelle qui va avec. Évidemment heureux de voir mon oncle, de l'entendre me féliciter, lui qui a des capacités sportives, mais aussi une simplicité de vie, assez remarquables...

    A bientôt pour la 12ème et dernière étape, où le relief sera comparable mais la distance proche du marathon...:matey:
     
    #30 Florent85, Feb 15, 2017
    Last edited: Feb 15, 2017
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  11. petit-pied

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    bon flute ! va falloir que je sois attentif le site ne m'alerte plus pour ton post :(
    Bon du coup ça m'a fait de la lecture;)
    juste une question que je me pose : je me demande si tu n'aurais pas eu plus de chance de tester la couverture de survie lors de ton repos dans l'herbe, plutôt que dans ton hamac... je pense que le but premier de la couverture est d'isoler du sol... mais j'avoue ne pas avoir + d'expérience dans le domaine (je dirais même que t'en as plus que moi en l'ayant testé dans ton hamac :D)
    sinon j'adore tjs autant ton périple "je ne me prends pas la tête pour un sous et vive l'aventure" !:cool:
     
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  12. Florent85

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    La 12ème et dernière étape :

    La nuit fut bonne, bon la chambre n'était pas très chauffée, mais j'ai répondu à mon oncle qui s'en inquiétait que ce serait largement suffisant pour moi. Et j'ai donc bien dormi (enfin) et repars pour mon dernier jour d'aventure. Mon cousin me voyant partir en marchant les mains dans les poches se moque gentiment de moi, je lui réponds que la journée sera longue et que mes muscles ont besoin de se réchauffer.

    Voilà d'ailleurs le tracé du jour qui m'attend aujourd'hui : 41.6km et 1170mD+.
    http://www.calculitineraires.fr/ser...8106&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    D'abord on monte.
    Je commence par monter, d'abord sévèrement jusqu'au Col du Guéry, puis plus en douceur en direction du Puy Gros, après récupéré le GR30 et longé le lac du Guéry. Sur le "plateau" qui menait vers le Puy Gros, je n'ai pu résister à la tentation de me mettre pieds nus : que ce fut bon :joyful:. Ensuite il y avait des myrtilles sur le flanc du Puy Gros, et là aussi je n'ai pu y résister, et là aussi, que ce fut bon :joyful:.

    Mais en fait aujourd'hui je fais tout : je monte, je descends, je fais du chemin, du bitume, du GR, du petit chemin qui sent la noisette, de la ville, de la forêt, du champ : ma dernière journée sera la + polyvalente
    Bon j'ai trouvé les premiers hectomètres de la descente du Puy Gros un peu dangereux en huaraches... (faut dire qu'au total, en 3 km on perd 550m de dénivelé). Et donc 550m plus bas je décide de m'acheter du Saint-Nectaire vendu à la ferme, puis du pain (en plus de viennoiseries) à la boulangerie du bourg, ou bourg-boulangerie, de la Bourboule :D:sorry:, entre autre pour ne pas arriver les mains vides ce soir en arrivant chez la belle-famille de mon frère. Je quitte ensuite ce beau bourg sympathique après avoir trouvé un peu difficilement de l'eau (c'est + facile à la Campagne en fait)
    Et on est reparti pour une méga-côte (250mD+ en à peine + d'1km) en direction de Charlannes. Heureusement c'est à l'ombre des arbres. Je continue ensuite un peu sur les pistes de ski de fond avant de bifurquer en direction du Col de la Soeur, avant lequel je vais m'arrêter à l'ombre d'une forêt de pin, pour m'alimenter (notamment de framboises sauvages présentes sur place :joyful:) puis me reposer. Je décide de repartir pas trop tard malgré le soleil qui tape (je dois quand même être arrivé pour le soir) : afin d'éviter les coups de soleil sur la zone de mon corps qui me parait la plus exposée (mon nez), avant de partir je lèche des feuilles de trèfles que je colle ensuite sur mes narines (bon je dois pas avoir l'air fin comme ça mais je préfère ça à avoir le nez en feu ce soir). Je repars donc ainsi paré, et ne parviendrai pas à trouver un chemin à travers champs ; arrivé sur la grande route, mon erreur se confirme, je ferai donc 1 km sur cette "grande route" heureusement peu fréquentée à l'heure où j'y étais, pour rattraper le chemin prévu, en direction de Noilhat. Je parviendrai jusque-là en me perdant "un peu mais pas trop", avant de redescendre en direction d'une autre grande route sur laquelle je devrai courir plus d'1km : bon ça c'est pas le plus agréable, mais c'est aussi à partir de là qu'en gros je sais que ça y est...

    je vais arriver à destination finale en temps et en heure
    (les risques de se perdre et de se blesser sont maintenant minimes)

    Et donc je ne suis pas mécontent de quitter cette grosse route (plus empruntées que la 1ère) pour prendre un petit chemin qui monte bien en direction de Aulnat Soutre (je verrai sur ce chemin un cerf magnifique se mettre à s'enfuir parce que je lui ai fait peur - et c'est aussi sur ce chemin que, pour la 1ère fois, je pris des bâtons de bois pour m'aider à monter ; et bien je confirme que ça peut être utile). Je retrouve ensuite le bitume, retraverse la grande route et là ça restera globalement plat jusqu'à l'arrivée définitive 8km + loin ; comme je sens l'hypoglycémie arriver, et aussi mine de rien pour célébrer et me féliciter moi-même pour mon périple :D, je fais une halte au village de Larodde (3 km avant l'arrivée) et prends un verre de diabolo pêche (ma boisson fétiche lors de mes périples) au bar du village. Par hasard dans les derniers hectomètres mon frère me double en voiture, il me propose de me prendre, je le remercie, je tiens à arriver à pieds... Quand même... :D

    Et voilà... Moi ça m'a fait du bien d'écrire tout ça, tant mieux si vous aussi ça vous a plu. Désolé pour les longueurs dans le récit que certains ont peut-être trouvé excessives... Pour conclure : Paix à vous, Yallah !! ;)
     
  13. petit-pied

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    merci pour ton partage !
    perso je trouve ça très chouette, en de rares occasions je cours "utile" pour aller chercher le pain à 3 km de chez moi et franchement, à tout les coups, je trouve génial que mon sport préféré devienne, à l'occasion, utile... alors courir comme tu l'as fait... je trouve ça hyper extras !
    En tout cas chapeau bas et toute mon admiration !!
     
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  14. Florent85

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    Merci Petit-Pied.

    Je voudrais aussi te répondre par rapport à ton message précédent : ça me fait sourire que tu dises que "je me prends pas la tête pour un sou" ; en vérité au quotidien, je suis quelqu'un qui me pose tout plein de questions (mais vraiment tout plein, à la limite de la maladie ;)). C'est peut-être pour ça que je vis toutes ces aventures comme une véritable bouffée d'oxygène...

    Et donc il ne faut pas se mentir : ce qui m'a aidé c'est le fait que je n'en étais pas à mon 1er périple, que je savais à peu près dire à quel moment je pouvais forcer ou pas et à quel moment il était primordial de faire telle ou telle chose, plutôt que telle autre (et c'est con mais mon aptitude quasi-maladive ;) à me torturer l'esprit, pour trouver la solution la moins pire, m'a sûrement évité certains couacs).

    Donc à tous ceux que ça tente : allez-y !! Vous tomberez sûrement, il ne vous restera qu'à vous relever... et à vous dépasser : vous serez alors vivant comme vous ne l'avez jamais été.

    Et le summum, c'est de vivre l'aventure au quotidien, à travers nos relations aux autres notamment, là c'est le Nirvana... :angelic: Perso j'ai encore un peu de mal :confused:, mais je le travaille...

    Pour résumer : Yallah !!

    PS : pour la petite histoire, mon premier périple seul à vélo était une calamité : j'ai du mettre près du double du temps prévu, et au retour j'ai du improvisé une nuit à la belle étoile avec un short, un tee-shirt et un K-way (c'est vrai que du coup j'avais déjà dormi à même le sol en fait ;), j'avais oublié... ça aussi c'était mémorable, mais moins drôle sur le coup... je me suis relevé ;), et je me suis dépassé : 2 jours + tard je refaisais la même, mais volontairement cette fois, qu'est-ce que j'en avais chié, à même le sol à 700m d'altitude sans aucun équipement, je ne me suis jamais senti aussi libre - et je vous promets je suis pas maso ;))
     
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  15. Olivier

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    C'est beau de te lire Florent... ;)
     
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