Coup de cœur, coup de sang périple à pieds + stop, en huaraches

Discussion in 'Chapters' started by Florent85, Nov 4, 2016.

  1. Florent85

    Florent85
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    Coucou tout le monde.

    En août dernier j'ai effectué un périple à pieds (en huaraches) de 450km en 12 jours.

    Et depuis que j'en suis revenu, je n'ai pas cessé d'avoir l'envie, de ressentir le besoin de poser à l'écrit ce que j'y ai vécu, tant cela a été riche en aventure et en enseignement pour moi (pourtant je suis un adepte des périples, c'est bien la première fois que cette envie de poser à l'écrit ce que j'y vis me vient). C'était vraiment génial, très enrichissant, vivifiant. Donc avant que l'oubli fasse son oeuvre, je me lance et je le fais ici parce que ça me fait plaisir de partager cela avec vous, sans orgueil déplacé...

    Je commence avec...

    la genèse de l'histoire :

    Comme dit + haut, j'ai déjà fait de nombreux périples d'1 semaine, à vélo. et de fait depuis 4-5 ans chaque été je pars sur mon lieu de vacances (Poitiers, massif central, Grenoble...) et j'en reviens à vélo (en gros ça me fait 500km et 1 semaine pour l'aller, 1 à 2 semaines sur place, et 500km et 1 semaine pour le retour) : je dors à la belle étoile, j'ai des sacoches et même une remorque pour trimballer tout le bardat, et depuis 4-5 ans je kiffe toujours autant le principe.

    Problème : en août dernier j'avais une fête familiale dans le Massif central le 20 pour une reprise du travail le 22. Vous conviendrez qu'1 jour pour revenir du Massif central dans l'Oise, à vélo, c'est un peu juste... Bien sûr j'aurais pu prendre le train et y mettre mon vélo pour le retour, mais je trouvai ça un peu trop facile, pas assez roots à mon goût. Et je me suis alors souvenu que de + en + ces derniers temps je privilégiais la course à pieds (nus) au vélo pour mes trajets hebdomadaires (pour aller en ville) et je me suis souvenu aussi de ce que je retenais de ma lecture de Born to Run, quelques semaines auparavant. Et donc évidemment l'idée de faire le trajet aller à pied, et le retour en stop (parce que oui j'aime aussi beaucoup le stop) a germé dans mon esprit...

    Petite précision : si j'ai probablement des aptitudes naturelles pour la course et pour l'endurance, je n'ai, au moment d'envisager ce périple, pour ainsi dire aucune expérience de la course à pieds de longue endurance ; quand je vais en ville, je parviens à courir les 17.5kms de l'aller mais au retour je fais la majorité en marchant...

    Prochain numéro : les préparatifs, je vous préviens ça va être folklo...
     
  2. Gustaf

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    super, j'adore ce genre de récit.

    On attend la suite ;)
     
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  3. Christian Barefooteur

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    Ah - trop bien, voilà ce dont on a parlé lors du WE aux Brasses ! J'attends la suite !
     
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  4. Florent85

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    Me revoilà déjà pour raconter la préhistoire de mon périple, qui en l'occurrence ne commence que 10 jours avant le départ : c'est-à-dire que c'est seulement 10 jours avant le départ que j'évalue que je suis suffisamment motivé par le projet et que sa réalisation finale me parait suffisamment plausible pour pouvoir y mettre de l'énergie à le préparer (et y dépenser de l'argent tout en évaluant à chaque fois qu'au-delà du projet l'investissement n'est pas vain), et ce n'est que 3 jours avant le départ que je me dirais que "oui je vais effectivement le faire à pieds ce périple". (eh oui c'est pas mon fort l'anticipation, ça ne rend l'aventure que + merveilleuse)

    Pour situer un peu le projet côté chiffre :

    Outre la fête familiale du 20/8 déjà évoquée, j'étais invité au mariage de mon frère (Sylvain, inscrit à la BRS) le 13/8 au même endroit (un petit village en bordure du lac de Bort-les-Orgues, à la jonction entre Corrèze, Cantal et Puy de Dôme). Je suis en vacances à partir du 1er août : ça me laisse 12 jours pour relier mon petit village de l'Oise au petit village du Massif central. Or entre ces 2 lieux mappy m'indique une distance à parcourir d'environ 550km, mais je table plus sur une distance effective entre 700 et 800km, puisqu'en majorité je compte suivre des GRs, qui ont l'avantage d'être agréable à parcourir et de ne pas être trop prise de tête concernant l'itinéraire une fois qu'on est dessus, mais le désavantage de faire parfois de gros détours...

    Donc concrètement si je veux tout faire à pieds ça me fait une moyenne de 60km/jour. Compte tenu de mon inexpérience, de ma méconnaissance du trajet et de la distance totale à parcourir, ça s'avère a priori compliqué. Donc avant même de finaliser le projet je me mets dans la tête que certainement j'aurai à faire du stop pour pouvoir arriver au bout en temps et en heure.

    L'organisation...

    L'organisation des périples à vélo je suis assez bien rôdé. Et assez rapidement je me rends compte que faire la même chose à pieds (et autant que possible en courant) change sacrément la donne, d'autant plus que je refuse que la quantité de bagages n'entrave significativement ma capacité à courir aisément (puisqu'un des buts du projet est d'apprendre à courir). Résultat : je m'achète un sac-à-dos gilet d'une capacité de 8L ; évidemment cela va réduire les possibilités à plusieurs niveaux :

    - Comme évoqué + haut, si je dois être arrivé dans le Massif central pour le 12/8, c'est pour être présent au mariage de mon frère le lendemain. J'appelle donc mon frère pour lui confirmer mon projet de venir à son mariage à pied, et je lui indique qu'une des conséquence de ce choix est qu'il me sera difficile d'emporter un costume ou ne serait-ce qu'1 chemise dans mon sac à dos de 8L. Mon frère me répond : "Tu sais Florent, ça ne me dérange pas que tu sois pas en costard pour mon mariage ; et puis c'est un très beau cadeau que tu me fais que de traverser la France en courant pour venir à mon mariage" (Sylvain avait déjà commencé à expérimenter la foulée naturelle et c'est d'ailleurs lui qui m'avait fait découvrir Born to Run 2 mois + tôt), et de conclure en me remerciant. Alors ça ça fait plaisir, merci Frèro ;)

    - Et assez rapidement se pose la question du couchage, puisque je ne tiens pas non plus à faire l'impasse sur mes nuits en contact direct avec Mère Nature... A vélo mon nécessaire de couchage tient tout juste dans une sacoche d'environ 20 L : là je dispose de moins de la moitié pour tout tenir... Compliqué. Une amie voisine semble néanmoins disposer de la solution : elle est en possession d'un hamac... Vous savez, ce genre de toile qu'on tend entre 2 arbres et on se met dedans et y en a même qui disent qu'on peut y dormir... Moi je reste dubitatif quand même, alors je fait 1 essai 3 nuits avant le départ prévu, dans les conditions prévues lors de mon périples (je prévois n'emporter qu'un sac à viande en soie - pas de place pour un sac de couchage - c'est light, dans tous les sens du terme...). Verdict : la position "banane me convient moyennement pour dormir, et comme je m'y attendais il fait un peu frisquet (je suis pas frileux mais quand même). Donc d'ores-et-déjà je suis à peu près sûr de passer des nuits de merde : c'est parfait pour l'aventure tout ça... Je demande donc à mon amie voisine si je peux lui emprunter son hamac pour le périple, elle accepte. Merci l'amie voisine ;)

    - Qu'est-ce-que je vais mettre à mes pieds ?? J'avoue ne pas me sentir apte à faire tout ce périple pieds nus, n'ayant évidemment pas suffisamment d'expérience (j'aime l'aventure mais ne suis pas suicidaire). Je pense bien à ma paire de LightRun Sandals que j'ai acheté récemment sur 5doigt.fr mais ce sont mes sandales du quotidien. Et sur internet je vois en super promo une paire de chaussures soi-disant minimaliste ou qui tend vers... Je me l'achète, et suis déçu à l'essayage (mais finalement je n'en suis pas très surpris) : semelle beaucoup trop rigide, pas assez respirante. Donc je me retourne vers mes LightRun Sandals, je ferai donc mon périple en huaraches... et je prierai pour qu'elles tiennent la distance...

    - L'itinéraire : Comme évoqué + haut, je compte en majorité suivre les GRs. Je consulte donc ce genre de site (http://www.gr-infos.com/gr-fr.htm), et une analyse approfondie (ça prend du temps de planifier un itinéraire mine de rien, mais cela me parait indispensable pour pouvoir profiter de l'aventure et que ce ne soit pas l'aventure qui profite de moi... N'étant pas suicidaire...), donc une analyse approfondie me fera choisir le GR12 de Trosly à Senlis, le GR1 de Senlis à Fontainebleau, le GR13 de Fontainebleau à Montbouy, le GR de j'sais plus quel pays ensuite, et puis quelques autres encore... J'imprime donc les différentes cartes où figurent mes GRs (ou je les trace s'il n'y figurent pas) après les avoir tronquées pour ne pas perdre de places ; je me retrouve à la fin avec 7 ou 8 bouts de papiers, et sur chacun d'eux plusieurs cartes, et mon chemin global ainsi tracé de l'Oise au Massif Central. Pour vous donner une idée grossière et globale de par où je vais passer voici le lien : [http://www.calculitineraires.fr/ser...118&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000]. Bon pour tout dire c'est en fait le trajet final (et non le trajet projeté), et les angles du tracé vous indiquent les endroits où j'ai passé les nuits.

    - Total des bagages : Donc au final j'emporterai un short et 2 tee-shirt de course, 1 shirt et 2 tee-shirt pour une fois sur place, une veste Rab légèrement coupe-vent, 3 caleçons, 2 bouteilles d'eau de 50cL, 1 sac à viande en soie, 1 hamac, 2 cordes pour le hamac, les bouts de papiers pour l'itinéraire, 1 couteau, portable et porte-monnaie, et mes sandales, et 1 sac à dos de 8L pour emporter tout ça.

    - Conditionnement moral : de par mon inexpérience je me dis que je vais souffrir, que certainement des fois je n'en pourrai plus de courir et probablement qu'au final je devrai faire du stop. Tout ça me semble hyper important ; je ne sais pas si j'aurais aussi bien vécu ce périple si je ne m'étais pas dit, avant même le départ, que ça n'allait pas être rose tout le temps, que ça ferait partie de l'aventure... Nous sommes capables de faire de grandes choses, mais seulement si notre tête le veut bien ; et donc rien de pire que de ne pas avoir conscience de l'ampleur de la tâche à accomplir, en tous cas pour moi ça marche comme ça...

    Après vous avoir dit tout ça, je tiens à vous rappeler ce que je vous ai dit au début du message : l'organisation commence 10 jours avant le départ, et je sais que je pars à pieds 3 jours avant ; parce que ça pourrait donner l'impression que je suis organisé sinon...;)

    Voilà pour aujourd'hui, désolé c'était bien long... A très bientôt... pour la 1ère étape...
     
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  5. Gustaf

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    Chapeau pour ce trajet si long et tout ça sans préparatif.

    Perso, je ne pourrais pas partir comme ça sans avoir préparé longtemps à l'avance le périple, je suis plûtot du genre qui m'organise et je te félicite dans cette spontanéité, car la préparation à l'avance engendre à ce poser plein de questions et engendre du stress qui augmente plus on approche de la date.
     
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  6. petit-pied

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    merci pour le lien des GRs ce me sera très utile le jour où je pourrai enfin recourir des distances sympas de 20 et + .
     
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  7. Florent85

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    je crois que c'est en fait avant tout une histoire de tempérament... (cela dit le tempérament ça peut se travailler) Moi globalement c'est vrai que j'aime bien quand les choses se font à l'instinct.
     
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  8. Florent85

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    Et tu as du te rendre compte que tu peux venir me rendre visite en suivant tout simplement le GR12... c'est vrai que c'est un peu plus que 20km ;)
     
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  9. FREDERIC SEGUY

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    je fonctionne aussi comme ça : a l'instinct ! a l'envie :) mais toujours pieds nus :barefoot: sinon c'est pas drôle !
     
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  10. Gustaf

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    Effectivement c'est le tempérament qui commande. Pour certaine choses 'importantes", je peux être spontané et pour d'autres non. Cela dépend de plusieurs choses. Depuis que j'ai 3 enfants, c'est devenu un peu plus compliqué quand même...

    Après comme tu dis ça se travaille.
     
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  11. petit-pied

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    euuuh oui ! légèrement :hilarious: je sais qu'une centaine de kms pour un gars qui c'est fait 450 bornes (enfin, peut-être??? l'histoire n'est pas finie) ce n'est qu'une broutille:p mais bon, en ce moment, j'ai déjà du mal à aligner 5kms (même si il y a 9 mois d'ici je prévoyais, en cette même période, de faire une fois semaine 30 bornes... comme quoi la vie est surprenante :eek:)donc on va attendre un peu :D

    Par contre du coup j'ai été voir où tu créchais et effectivement on est presque voisin (sur carte) =>soit attentif dans les prochains mois je tenterais bien de refaire une petite rencontre entre la France et la Belgique... ça pourrait, je suis sûr, t'intéresser;)
    Bon allez stop les bavardages, on attend la suite du périple nous :matey:
     
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  12. Florent85

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    Pour aujourd'hui je vais vous narrer la 1ère étape de mon périple...

    Mais avant ça, et ayant peur de passer pour un gros dégueulasse, dans mon résumé "préhistorique", j'avais oublié d'ajouter à la liste d'objets emportés avec moi : serviette de toilette toute vieille et usée (ça prend moins de place et c'est + rapide à sécher), savon, dentifrice, brosse à dents. J'hésite à ajouter que j'avais également emporté un mouchoir en tissu, parce qu'aux yeux de certains, je passe pour le coup pour un gros dégueulasse en le précisant...

    Donc maintenant la 1ère étape :

    En préambule et ne l'ayant pas précisé non plus dans mon résumé "préhistorique", il faut maintenant que je vous dise que pour les soirs de cette 1ère mais aussi l'avant-dernière étape, j'ai en fait prévu de dormir dans du dur et dans un lieu connu : j'ai une amie qui habite pas très loin du GR12, entre 40 et 50km de chez moi, et j'ai un oncle qui habite également entre 40 et 50km avant mon lieu d'arrivée. J'en profite donc pour les appeler et leur demander le gîte. tous 2 acceptent : merci :). C'est vrai que d'avoir une 1ère et une dernière nuit prévues dans du dur devrait rendre les 2 transitions plus douces (par expérience je sais que c'est pas toujours évident à gérer ces moments où on passe en moins de 24h d'un certain mode de vie à un autre complétement différent, et cela même si ce changement est planifié et temporaire).

    Encore faut-il pouvoir les faire ces 40 à 50km entre chez moi et cette amie de l'Oise. Je crois en avoir la capacité mais il y a quand même 2 incertitudes de taille : je n'ai pas l'habitude de cheminer sur les GRs (j'espère ne pas trop me tromper de chemin), et de fait à l'époque je n'ai pas pris la peine d'évaluer avec précision les kms que j'allais avoir à faire, donc pour cette 1ère étape je ne sais pas que je dois en fait faire 42 km, comme le précise le lien ci-dessus, qui montre le trajet effectué (qui ne diffère pas ou très peu du du trajet projeté)

    http://www.calculitineraires.fr/ser...5350&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    C'est parti !!!
    En ce lundi 1er août, premier jour de vacances, je prends mon sac (je suis tenté de l'appeler baluchon, tellement il est petit), 2 pommes, peut-être 1 orange, et me voilà parti vers 9h du matin. Si mon souvenir est bon j'ai pas mal couru pieds nus les premiers 20 kilomètres de mon périple : bien que le soleil soit au RV :), le sol est humide (en huaraches, c'est pas génial l'humidité) et le sous-bois me convient bien (j'y suis habitué). Peu avant d'arriver à Saint-Jean-aux-Bois, j'entends des animaux à plusieurs reprises (probablement des cerfs), le chemin est sympa (il longe un plateau forestier - et il faut dire qu'elle est belle cette forêt de Compiègne).

    L'aventure commence !!!
    Une fois le village passé, je me sens passé en mode aventure (jusque-là je connaissais soit le chemin lui-même soit les alentours assez bien, maintenant je connais moins, le chemin parait plus long, l'incertitude quant à l'itinéraire est + grande). Après une petite sieste improvisé au milieu de la forêt, je poursuis mon chemin (que j'ai un peu de mal à trouver au village de Béthisy-St-Pierre) et sur un chemin très agréable au pied, je me mets à courir pieds nus, jusqu'à ce que mon doigt de pied heurte un caillou que je n'ai pas pu voir (trop d'herbe) : très vite je vérifie si tout va bien... ça va, pas ouvert, j'ai eu de la chance (il s'en est fallu de peu, aujourd'hui encore mon ongle est noirci suite à ce choc). J'évite de justesse ce que je redoute le plus : la blessure, qu'elle soit musculaire, osseuse, ou par plaie (ça aussi je me l'étais dit avant de partir...). C'est un avertissement que je prends au sérieux : à partir de là, rares seront les moments de mon périple où je courrai pieds nus (et ma vigilance sera alors + grande)... Ensuite je trouve le chemin (qui est en fait devenu une route) moins sympa, mais le moral reste heureusement correct.

    y a des moments cools...
    Au village de Verberie je demande de l'eau à des riverains qui discutent à même la rue, je suis agréablement surpris par la réponse tout sourire que l'on me fait (n'étant pas habitué à faire ce genre de demande lors de mes périples à vélo, j'apprécierai beaucoup cette "plus-value sociable" illustrée par ce genre de situation : ma petite capacité de chargement en eau et nourriture va indirectement m'obliger à entrer en relation, parce que naturellement j'avoue avoir un peu de mal à aller voir des inconnus pour leur demander un service). Peu après le chemin longe l'Oise : j'en profite pour m'arrêter, me faire une toilette des pieds, et refaire une sieste à l'ombre des arbres (mais apparemment pas tant que ça, le soir, je me rendrais compte que j'ai un coup de soleil au nez).

    La fin est dure...
    Quand je repars les jambes sont lourdes... très lourdes... Ça doit faire 30 km que je suis parti. Je ferais la majorité des 10-12 derniers en marchant. Mais c'est pas grave, je m'y étais préparé. j'arrive à destination plus ou moins à l'heure, content et fatigué de cette première journée. Un vrai dîner m'attend, ça tombe bien j'ai fin : 2 pommes et 1 orange c'est pas énorme pour une journée comme celle-là ; pour compenser je passe acheter un dessert hyper-calorique à la Boulangerie pour moi et mon amie : pas sûr que ce soit l'idéal... J'ai une nuit au chaud pour digérer...

    Voilà pour aujourd'hui !!
     
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  13. petit-pied

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    petite question : comment tu comptais gérer le couchage à la belle étoile... si il pleut ?? où t'as choisi tes jours selon la météo:hilarious: (mais semblant fonctionner comme moi : au jour le jour donc météo... connait pas) je suis le premier à dire qu'il ne pleut pas tant que ça mais bon le mois d'août est (avec juillet parait-il) un des mois les plus pluvieux de l'année ;)
    Perso quand je dors, je dors et peu de chose peuvent venir troubler mon sommeil... et malgré le fait que je n'ai jamais été trop fan de perdre 8 h d'une journée à dormir... mes heures de sommeil, c'est sacré ! (surtout si on ne veut pas me voir bougon au petit déj' :p) Donc hors de question qu'elles soient gâchée par de la pluie:lurking:
     
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  14. Florent85

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    Petit-pied pour te répondre en général, déjà lors de mes périples à vélo, j'ai toujours préféré dormir à la belle que de planter la tente, quitte à dormir sous un abri-bus de campagne (fait plusieurs fois) quand le temps menace ou à risquer un réveil en plein milieu de la nuit parce qu'il se met à pleuvoir et qu'il faut illico se lever et bouger de là pour trouver "refuge" (vécu aussi, non traumatisé). Je préfère ce côté aventureux, et là aussi instinctif, mais aussi plus près de la nature, au "confort" (relatif) de la tente.
    Ensuite à l'essai, le hamac que j'ai utilisé (simplissime : il aurait coûté 12€, acheté à Décathlon) se referme sur moi quand je m'installe dedans, si bien que la pluie ne me tombe pas directement dessus ; de même le hamac étant plus exposé au courant d'air et étant plus léger qu'un couchage classique à terre (matelas, sac de couchage, sursac éventuel), le séchage éventuel prendra moins de temps : plusieurs nuit lors de mon périple il a plu, je n'ai jamais constaté d'humidité particulière en "pliant" mon hamac le matin suivant ; je doute fortement qu'il en aurait été de même avec un couchage au sol.
    Enfin c'est vrai que j'ai eu de la chance de ne pas avoir eu de très grosses pluies au milieu d'une quelconque de mes 9 nuits dehors (mais je l'aurais géré quoi qu'il en soit, je crois que j'y étais préparé mentalement).

    Et on continue avec la 2ème étape... dont voici le tracé : http://www.calculitineraires.fr/ser...6516&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Après avoir pris un petit-déjeuner calorique (il restait du gâteau acheté et entamé la veille), je repars vers l'aventure, par un temps pluvieux (j'avoue avoir été heureux d'être dans du dur pour cette première nuit, en entendant pendant celle-ci, la pluie tomber sur le velux de ma chambre). Mais ça reste acceptable, ça ne m'empêche pas d'avancer.

    je compose avec le terrain et la météo

    Le premier objectif est de rejoindre le GR12 puisque j'ai du le quitter la veille en toute fin de parcours pour rejoindre la maison de mon amie. J'y arrive, ayant consulté la carte la veille chez mon amie et ayant imprimé dans ma tête le chemin à suivre.

    Ensuite connaissant un petit peu le coin, je prends la liberté de quitter à nouveau le GR pour quelques km pour raccourcir le chemin à parcourir : je commence à me rendre compte des circonvolutions multiples que va me faire subir mon choix de suivre les GRs et j'avoue que pour le coup , ayant prévu de faire + de 500km au total (et que probablement je vais devoir regretter de faire du stop pour arriver à destination finale), mon moral en prend un coup quand je sais que j'en fais quelques uns dans la mauvaise direction, plein-nord alors que ma destination finale est au Sud par exemple ; et à l'inverse ça m'amuse de tenter le raccourci, d'autant plus quand je connais à peu près le chemin et que je suis à peu près sûr que ça va être "bénéfique"). Et effectivement c'est bénéfique, en tous cas au niveau de la distance parcourue, et le chemin n'était pas non plus horrible ; donc content de mon choix.

    J'entre ensuite dans Senlis, je me rends compte que c'est jour de marché, j'en profite pour m'acheter crevettes, concombres, quelques tomates, et du pain en boulangerie. Puisque ça commence à bien pleuvoir à ma sortie de Senlis, je m'arrête à un lavoir, à l'abri duquel je profite de mes victuailles. Quand il pleut moins et une fois rassasié, je repars, et ayant quitté le GR12 à mon entrée dans Senlis je dois rejoindre le GR1 "à l'aveugle" pendant 5 km. J'y parviens sans trop de mal, pénétrant dans l'agréable forêt d'Ermenonville, où les chemins sont souvent sablonneux, quel malheur pour la course en huaraches, mais quel bonheur pour la marche pieds nus.

    Juste avant de sortir de cette forêt, je me rends compte que j'ai raté une bifurcation pour le GR, je crois pouvoir corriger rapidement mais malheureusement en retrouvant le GR, je me rends compte que des travaux forestiers ont eu lieu récemment, les traces des machines rendant le chemin et donc les croisements non reconnaissables (c'est vrai qu'en temps qu'amoureux de la nature et de la forêt, ça m'agace grandement de voir à quel point on a pris l'habitude de faire les bourrins en exploitant les ressources naturelles : je ne condamne pas là les forestiers en particuliers, mais plus généralement la technique au service du profit, qui déconnecte complétement l'homme de la nature, pour le pire et pas pour le meilleur ; je dis cela en sachant aussi que ça pourrait être encore bien pire et que c'est déjà parfois bien pire que ce que je décris là dans nos forêts, à chacun de balayer devant sa porte, pour le meilleur au lieu du pire). Tant bien que mal je retrouve néanmoins mon chemin.

    Boh c'est bien aussi en marchant hein...
    Arrivant ensuite au hameau de Beaumarchais, je me rends compte que mes jambes sont lasses ; aujourd'hui encore, après une trentaine de km, je vais pour ainsi dire terminer la journée en marchant, d'autant plus que dans ce hameau mon moral en prend un coup quand je crois lire 18h sur une pendule : je ne pensais pas qu'il était si tard. En fait il n'en est rien, il devait être 16h à ce moment, et je n'ai pas pu me fier au soleil puisque le temps était couvert. Mais mon moral revient parce que marcher ne me déplait pas non plus, je surprends d'ailleurs un lièvre qui se met à détaller à toute vitesse : ça court vite ces bêtes-là... mais pas longtemps (je me souviens de la "théorie de l'élastique" exposée dans Born to Run au sujet de ses pattes arrières, ce qui lui donne une grande vitesse de pointe mais qui l'épuise aussi rapidement, si je ne dis pas de bêtise). Bon le chemin pour gagner Dammartin-en-Goële n'est pas hyper sympa, dans ce village je me ravitaille (banane, noix de cajoux, pain au chocolat...)

    Attention aux petites choses qui peuvent faire perdre temps et énergie...

    J'ai ensuite du mal à trouver mon chemin en quittant Dammartin : et comme il se met à pleuvoir je me mets à l'abri d'un porche, et en profite pour analyser ma carte, mais ai du mal à m'y situer et à situer le chemin sur carte dans le paysage qui s'offre à moi. La pluie s'atténuant, et voyant du mouvement dans la maison face à moi, j'interpelle et questionne : heureusement une personne m'indique efficacement le chemin (je me méfie énormément des gens qui m'indiquent le chemin avec beaucoup de conviction, suite à des expériences douloureuses à vélo, où faisant confiance à une information objectivement douteuse mais affirmée avec forte conviction, je le regrettais ensuite, pestant, tout en pédalant les kilomètres supplémentaires que justement je voulais éviter, contre cet informateur dont l'inconscient semblait plus intéressé à satisfaire son ego qu'à répondre efficacement à une personne dans le besoin ; en général plus une personne répond avec conviction sans sembler écouter votre besoin avec précision, plus il faut s'en méfier). Je le retrouve donc ce chemin, qui est donc bien humide : soudain mon pied glisse en avant, en réponse mon corps part en arrière... J'évite je sais pas trop comment de me retrouver parterre... Quelques décamètres plus loin j'ai un pressentiment, je fouille ma poche de mon short : je ne trouve pas mes papiers où figure mon itinéraire : rapidement je fais le lien entre mon embardé artistique et la perte de mes papiers, je reviens sur mes pas, et retrouve mes papiers (là aussi à vélo j'ai suffisamment pesté, contre moi-même cette fois, n'ayant pas fait suffisamment attention à bien vérifier que je n'oubliais pas mon couteau après un repas, à remettre mon mouchoir bien au fond de ma poche...).

    Trouver un lieu pour la nuit
    Arrivé à St Mard, le ciel commence à s'assombrir, la pluie revient, j'hésite à rester sous un abri bus en bois à la gare, mais je me résigne à continuer mon chemin. Heureusement mon choix s'avérera le bon, la pluie cesse rapidement. Retrouvant la campagne , je sais que ça y est il va falloir les trouver ces 2 arbres pour installer mon hamac. Au premier bois que je trouve je m'arrête, ça me parait bien, les arbres me paraissent clairsemés juste comme il faut pour mon hamac. Je tente une première installation, mais après une analyse plus pointue, je préférerai prendre 2 autres arbres, en-dessous desquels je serai mieux protégé de la pluie éventuelle (je la pressens) et un peu plus à l'abri du vent : on dirait pas comme ça, mais pour qui a l'habitude de passer plusieurs jours de suite dehors, chercher un bon endroit pour dormir devient une vraie science ; j'étais notamment très heureux que mon bois ne se trouve pas au creux de la vallée mais sur les flancs supérieurs d'une petite colline, et que je sois à l'orée du bois côté sud-ouest, dans les 2 cas pour des raisons de températures. Bon en revanche je me trouve à quelques kilomètres seulement de l'aéroport de Roissy, et je me suis visiblement installé à la verticale de la "route aérienne" qui mène les avions vers l'aéroport ; ceux-ci passent littéralement juste au-dessus de ma tête, à à-peine 100 m d'altitude, à intervalle réguliers, avec un bruit assourdissant. Je vous raconterai ma nuit la prochaine fois...
     
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  15. Florent85

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    Alors comment était ma première nuit passée dans un hamac :

    Bon déjà y fait pas très chaud hein, ensuite les avions qui font un boucan du tonnerre (le premier avion qui est passé m'a vraiment fait peur : comme je suis sur les flancs supérieurs et du bon côté de la colline, quelques secondes avant de les voir on entend en fait un vombrissement énorme sans savoir de quoi il s'agit : vraiment impressionnant ; mais vous imaginez bien que ce qui passe pour une sensation forte à l'occasion, peut devenir un peu lassant quand cela nous empêche de dormir + de 15mn d'affilée toute une nuit durant), la première fois que j'entends un chevreuil "aboyer" (ça aussi c'est assez impressionnant, surtout que je ne savais pas qu'un chevreuil, ça "aboyait") : au début de la nuit j'entends justement une sorte d'aboiement à 200m de distance, je pense forcément à des chiens, ce qui ne me comble pas spécialement de joie (par expérience ça peut être pénible d'avoir un chien qui nous aboie dessus pendant une nuit entière quand on dort à la belle étoile), finalement ça ne dure pas, et au milieu de la nuit, entendant un animal s'approcher inéluctablement, je l'incite à aller voir ailleurs en chuintant, il répond en fuyant, et en aboyant (ce qui n'est pas un comportement habituel pour un chien, qui lui fait plutôt soit l'un soit l'autre). Enfin lors de cette première nuit la pluie tant redoutée est bien venue : mais globalement, comme je l'ai décrit précédemment je trouve que le hamac "réagit" plutôt bien contre la pluie...


    hophophop on se lève

    Après cette bonne nuit de sommeil aussi réparateur que vous pouvez l'imaginer, je me lève aux aurores, si je me souviens parce que j'ai pas très chaud et/ou parce que je veux profiter d'un arrêt de pluie (le hamac réagit bien mais il pleut quand même souvent et pas qu'un peu en cette première nuit), pour pouvoir me mettre ensuite mieux à l'abri. Et effectivement après 3-4 km de chemin forestier plus ou moins défoncé (ça faisait penser à un terrain de cross), la pluie se remet à tomber fortement au village de Montgé-en-Goële, où je parviens à me mettre à l'abri d'un mur recouvert de lierre pour le moins dense et proéminent. Je médite les pieds dans l'eau, nettoie mes sandales, en attendant que ça se calme.

    En petite interlude je vous propose mon tracé pour cette 3ème étape : http://www.calculitineraires.fr/ser...6524&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000

    Ah l'humidité

    Je finis par repartir sous une pluie moins forte, plongeant ou plutôt grimpant dans la forêt qui surplombe le village, forêt elle aussi bien visitée par des engins forestiers visiblement assez imposants, j'essaie de pas me perdre, j'y parviens pour l'instant empruntant des sentiers de forêt qui zigzaguent sans arrêt et sur plusieurs km, et que l'humidité rend difficilement praticables (là aussi ce genre de terrain peut amuser à l'occasion mais devient vite pénible quand on court toute la journée "par nécessité"). D'ailleurs au sortir de la forêt le chemin a une forte pente sur quelques mètres, je m'y prépare, mais finit néanmoins par faire une pirouette artistique : heureusement plus de peur que de mal.


    Au travail

    Je passe d'un coup d'une forêt dense à une horizon très lointaine, je pense que mon moral en prend un coup à ce moment, d'autant + que je me rends compte, heureusement assez rapidement (en demandant à un riverain, sorti à vélo pour chercher son chat), que je me suis trompé de chemin, me rallongeant d'1.5km. Bon c'est pas très grave je reviens sur mes pas, et reprends le bon chemin, un chemin peu technique et assez plat, l'idéal pour travailler la technique de course. la veille déjà j'avais adoré me retrouver sur un large chemin après des chemins sympas mais techniques, et tellement il m'était plaisant de sentir mon corps avancer, dérouler je dirais même, le dos bien droit, sur cette ligne droite forestière, j'avais raté la bifurcation pour le GR -cf message précédent-, trop heureux de découvrir cette sensation nouvelle pour moi et d'en profiter sur ce terrain propice ; à vélo me retrouver sur une ligne droite sur terrain plat me déplait plutôt (sauf quand j'ai le vent dans le dos [​IMG]), je découvre qu'à pieds il en est autrement, donnant cette impression qu'on est effectivement né pour courir (bon je sais c'est facile quand on est pas le premier à le dire, mais vraiment je crois que c'est à ce moment que j'ai commencé à me poser la question si je n'avais pas des gènes de Forest Gump en moi... bon je tiens à préciser que je parle des gènes qui lui font faire tout naturellement et plusieurs fois la traversée des Etats-Unis, parce que je vous vois venir...)


    un petit resto
    Après avoir vainement cherché de quoi mangé et avoir difficilement trouvé mon chemin à Monthyon, je fais un petit somme au soleil sur la pelouse bien verte qui longe le chemin à la sortie du village (que c'est bon !). Je reprends ensuite mon chemin, passe la butte de Montassis où visiblement des tirailleurs marocains et leurs officiers français ont payé un lourd tribu en essayant de la reprendre aux mains des Allemands en 1914. Je me ravitaille en eau au cimetière de Penchard, puis cueille quelques prunes avant d'arriver à Meaux où je vais profiter d'un resto sympa dont je ne peux malheureusement vous dire le nom (oublié). Forcément pétage de bide entraîne une période de digestion difficile à effectuer en courant, je pique donc un somme, ou même 2, en bordure de Marne. A noter que chez moi, quand je mange beaucoup (et notamment des protéines animales) au milieu d'un périple, j'ai très chaud l'heure qui suit : c'est aussi cela qui m'empêche de courir et qui m'oblige à faire la sieste.

    2 petits restos
    J'apprécie l'itinéraire de l'après-midi, je fais 300m avec un marcheur mystérieux qui me dit "à bientôt" quand nos 2 chemins se sont séparés. Et j'arrive en début de soirée à Crécy-la-chapelle où je fais quelques courses et où j'hésite à me péter le bide une 2ème fois... Finalement oui je prendrai le plat du jour avant de repartir pour me chercher un endroit pour dormir : je le trouverai à Serbonne, à quelques mètres du Grand Morin : en fait, après avoir fait un brin de toilette dans la rivière j'ai eu le culot d'installer mon hamac en
    travers du GR ; heureusement je ne dérangerai et ne serai dérangé par personne pendant la nuit.

    NB : je me souviens m'être dit pendant mon périple : "déjà 3 jours, et j'ai déjà bien des douleurs" (si je me souviens bien genou et peut-être cheville gauche) : je ne parviens pas aujourd'hui à savoir où et quand je les ai eues ces douleurs (peut-être notamment sur le chemin large et plat où j'ai travaillé ma technique après avoir retrouvé mon chemin...). Toujours est-il que je considère que ce sont ces douleurs qui m'ont véritablement conseillé à essayer telle chose plutôt que telle autre : il faut dire qu'elles n'étaient pas insurmontables non plus ces douleurs, et que comme mon but était d'aller loin sans me blesser, les conditions étaient parfaites pour progresser et trouver une foulée efficace et non-traumatisante pour le corps, à condition d'être à l'écoute de ce dernier. C'est vrai qu'avec le recul, je trouve que c'est vraiment une bonne méthode pour apprendre à courir que de partir pour un voyage au long cours en étant préparé mentalement : après une nuit merdique, se mettre à courir en sachant qu'on va accumuler une quarantaine de bornes, et qu'on rempilera une dizaine de jours comme ça, ça n'a rien à voir avec la sortie hebdomadaire que j'ai personnellement l'habitude de faire (où là je vais avoir "bêtement" tendance à bourriner)... Je crois que c'est cela qui m'a fait dire que "oui j'étais né pour courir", prendre plaisir à aller vite en courant avec aisance est une chose (et c'est déjà une bonne chose je trouve), courir sans chercher la performance mais de manière tellement naturelle qu'on en oublie qu'on court, et d'avoir ce sentiment de faire corps avec la nature environnante en est une autre. Il ne m'est par exemple jamais arriver d'oublier à ce point que je suis sur le vélo, ni d'avoir ce sentiment de faire corps avec la nature environnante, lors de mes périples à vélo (et pourtant j'aime énormément le vélo, et j'ai d'ailleurs aussi vécu de très belles choses à vélo).

    A bientôt...
     
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  16. Gustaf

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    C'est très plaisant de te lire.

    Je voulais te demandé si tu avais pris des notes de tes aventures, mais visiblement non, tu racontes tout de mémoire ?
     
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  17. Florent85

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    Merci Gustaf, tant mieux si ça te fait plaisir de me lire...
     
  18. Florent85

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    Et oui je raconte tout de mémoire, c'est notamment pour ça que je l'écrit maintenant, avant que j'oublie vraiment tout (et ce qui m'aide pour me souvenir c'est de suivre sur carte le chemin que j'ai effectué : en général les souvenirs, et les sensations je dirais même, me reviennent à ce moment-là)
     
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  19. Florent85

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    Aujourd'hui la 4ème étape :

    petits problèmes pour trouver le bon chemin :
    La nuit en travers du GR s'est plutôt bien passée (pas de pluie, bien à l'abri du vent). Je repars donc vaillamment et en sortant du village, le Gr n'étant pas très bien indiqué, j'emprunte un chemin sympathique mais qui n'est pas le bon ; quand je me rends compte de l'erreur, je continue, espérant pouvoir rattrapé le bon chemin un peu plus loin... en vain ; demi-tour... C'est pas très grave mais 1 km + loin, rebelote... Pfff...

    Du chien pour le casse-croute ??
    Mais pas le temps de ruminer : juste après sur un chemin très sympathique, je tombe sur 2 chiens (genre chiens loups, pas très grands) au détour d'un virage... Heureusement ils ne sont pas agressifs, et ils ont l'air d'avoir + peur de moi que moi d'eux. En me voyant ils font demi-tour et partent en courant, tout en restant sur le GR, si bien que je vais les suivre pendant quelques temps (autour de 2 km), jusqu'au moment où ils quitteront le GR. Et ce qui est rigolo, c'est que si ils ont un rythme + soutenu que le mien, il s'arrête aussi beaucoup + régulièrement que moi ; ils m'ont donc distancé au début mais je finis rapidement par réduire l'écart, et j'ai l'impression que je l'ai aurais rapidement mis en difficulté en continuant encore quelques km ; bon il faut dire qu'ils avaient l'air fatigués, surtout 1 que l'autre attendait régulièrement. Mais je n'ai pu m'empêcher de penser au chapitre sur la chasse à l'épuisement de Born to Run.

    Qu'est-ce qu'il est sympa ce chemin... Encore faut-il pouvoir le trouver...
    Le chemin continue à être très sympa, empruntant des ponts que je qualifierais de pittoresques et qui passent au-dessus d'une rivière, puis au-dessus d'une voie ferrée sans doute désaffectée, ça monte, ça descend, ça fait nécessairement quelques détours, mais c'est très sympa. Le chemin finit par entrer en ligne droite dans la forêt de Crécy, en faux plat montant, toujours aussi sympa, mais aussi idéal pour travailler la foulée. Je sais qu'à un moment, avant d'arriver sur la grande route je dois tourner à gauche, mais ce chemin à gauche je ne le trouverai pas ; en fait je crois savoir aujourd'hui quel était ce chemin mais il était tellement mal indiqué que je me suis dit que ce n'était pas le bon. Après une longue hésitation je me dis que le GR a sûrement été dévié et qu'il faut donc bien aller tout droit (le fait que je sois sur 2 GRs à ce moment-là a du aussi m'induire en erreur ; quoi qu'il en soit je peste alors sur les messieurs ou mesdames qui balisent les GRs, sûrement à tort parce qu'ils font visiblement un gros travail de fourmis, mais qu'est-ce que c'est usant d'avoir à s'arrêter plusieurs dizaines de secondes à chaque intersection, ne sachant pas quel est le bon chemin, surtout quand le voyage est si long et que l'objectif est de le faire au maximum en courant). En tous cas je prends la décision de continuer tout droit, me disant que je pourrais probablement retrouver facilement le GR "officiel" ensuite. Je tombe du coup sur la grande route, où un snack me donne envie de m'arrêter pour prendre 2 crêpes. En sortant et m'apprêtant à reprendre la course à pieds de l'autre côté de la route, j'ai une révélation, en tous cas je le perçois comme tel. Je me dis : "Florent, tu n'es même pas sûr d'être sur le bon chemin, tu sais aussi d'après ton itinéraire que ce chemin va faire de gros détours jusqu'à Melun, tu sais encore que tu devras nécessairement faire du stop à un moment ou un autre pour arriver à destination en temps et en heure (mes 3 premiers jours et mon avancement relatif me l'ont confirmé), là tu es sur une route qui va dans la bonne direction et qui est directe jusqu'à Melun, et il y a un rond-point (parfait pour le stop), Florent mon coco, tends le pouce, le destin lui-même te le commande".

    Transport inter-sidéral jusqu'à Melun...

    Quelques minutes + tard je suis dans une voiture, discutant de mon périple et d'autres choses avec son conducteur, et avançant à une vitesse fabuleuse (autour de 90 km/h) sans aucun effort... Si c'est pas merveilleux... Le gentil monsieur me dépose peu avant Melun, au village de St-Germain-Laxis ; ça pour le coup je ne m'y attendais pas, et c'est en général pas génial en stop de s'arrêter peu avant une grande ville (sauf si c'est là qu'on veut aller...) et je ne suis pas sûr non plus de pouvoir rejoindre aisément le GR. Donc un peu d'inquiétude juste après être descendu de la voiture : je ne sais même pas où je suis, je m'aide donc des panneaux indiquant les directions aux usagers de la route pour le déterminer, et j'essaye donc de trouver un itinéraire pédestre (oui parce que le stop ça va bien un moment mais je suis quand même venu pour courir faut pas l'oublier) qui me permette de rejoindre sans trop de détours le GR : je tente des raccourcis, passe devant des puits de pétroles protégés par des barbelés et finit par rejoindre le GR au niveau du Château de Vaux-le-Vicomte, évitant ainsi les détours du GR : banco sur toute la ligne !! Bon à vrai dire le château je n'en verrai rien, ne faisant que longer le mur extérieur, mais bon le chemin jusqu'à Melun est sympa (et à vrai dire je préfère les chemins forestiers aux châteaux).
    La pluie qui se met à tomber m'invite à la sieste à l'abri des arbres peu avant d'entrer dans Melun.

    En attendant mon réveil, voici mon itinéraire du jour :
    http://www.calculitineraires.fr/ser...6533&zoom=11&type=G_PHYSICAL_MAP&color=FF0000
    La grande ligne droite au milieu correspond à mon trajet en stop : il faut donc retirer 26km aux 63 affichés ; je ferai aujourd'hui 37km à pieds.

    Melun : le casse-tête
    En entrant dans Melun je quitte le GR pour profiter d'un parc ; quand je retombe dessus, je l'emprunte... dans le mauvais sens. Un passant m'indiquant mon erreur, je fais demi-tour, m'achète un kebab (la déchéance...) et tente de quitter Melun si possible sur le bon GR, ou au moins dans la bonne direction (et oui on devient moins difficile quand rien ne va plus), là aussi il y a plusieurs GRs à Melun, ce qui ne m'aide pas, je passe aux mêmes endroits parfois 2 ou 3 fois, ai l'impression d'avoir des infos contradictoires (je précise que je crois avoir un sens de l'orientation + que correct, suivre les GRs est visiblement parfois + compliqué qu'il n'y parait). Je finis pas trouver le chemin, vous l'aurez compris non sans mal. Après 1.5km de chemin qui longe la Seine, relativement plaisant, et une petite sieste à l'ombre d'un grand arbre (et oui le soleil est au RV en cet après-midi), le GR arpente les ruelles et sentes de Vaux-le-Pénil et de Livry-sur-Seine : ya bien quelques sentes sympas, mais ya pas mieux non plus pour se perdre, pour faire de gros détours, et perdre son temps à chercher son chemin... Déépriiimaaaaant...

    Du coup on se distrait comme on peut...
    Comme écrit + haut, le soleil est au RV, il doit faire 25°C, et après la pluie des jours précédents, les conditions sont idéales pour... l'arrivée des moustiques. Dans les sous-bois qui succède à Livry, ils sont au moins une quinzaine à m'entourer et à sembler n'attendre qu'une chose : que je m'arrête de courir ou de marcher (oui parce que la déprime aidant, je marche autant que je cours en cette fin de journée), parce qu'effectivement les moustiques ne se posent sur moi que si je suis à l'arrêt. Je m'amuse aussi de constater qu'il suffit de quelques mètres ou secondes passés en dehors de l'ombrage forestier, exposé au soleil, pour que la population de moustiques environnant passe d'une quinzaine à 0. Bon ces découvertes à haut intérêt scientifiques m'amusent mais ça ne fait pas des moustiques mes amis ; j'avoue que cette nuée qui m'accompagne sans arrêt et qui se jette sur moi pour me sucer le sang dès que je m'arrête, ça m'agace un peu : j'avoue j'en tue quelques-uns.
    J'arrive ainsi à Chartrettes où une passerelle me fait passer au-dessus de la Seine : j'observe avec curiosité la passe à poisons qui leur permet de remonter l'écluse, tout près de la centrale hydroélectrique, et je suis toujours autant impressionné par la puissance de l'eau que l'on peut notamment observer au niveaux des écluses (j'ai d'ailleurs déjà failli en mourir, mais c'est une autre histoire).

    Ça s'arrête quand ?

    Il se fait tard. De l'autre côté de la Seine, c'est Bois-le-Roi, où je perds le GR... ....... ..........
    Bon à vrai dire ça me permet de commander une pizza au bourg du village. En l'attendant je consulte l'itinéraire du lendemain : parce que perdre mon chemin toute la journée m'a moyennement amusé, je ne veux pas remettre ça demain... J'ai remarqué sur un plan de la ville qu'il y avait un lavoir pas loin, ma pizza consommée, je m'y dirige ; il est en travaux, mais le bois à côté est accueillant, je fais ma toilette dans le ru avant d'y installer mon hamac (euh dans le bois et pas dans le ru, le hamac). J'avoue appréhender les moustiques... La journée... est enfin... terminée...

    A bientôt.
     
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  20. Gustaf

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    Juste une question, pourquoi ne pas avoir emporté une bousole ?

    ça me parait indispensable pour ne pas tourner en rond ou prendre une mauvaise direction. Enfin je sais que tu es parti à l'arrache, mais un outil comme ça, c'est quand même pratique.
     
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